

Dans un monde oùles pierres précieuses sont reines et oùl'on mesure la valeur d'un bijou par son poids en or et en carats, difficile d'imaginer qu'un banal caillou ou un vulgaire coquillage puissent attirer les regards. Et bien détrompez-vous ! "L'âge de pierre"est de retour. Rencontre avec Julie Rouault, joaillière contre tendance redonnant àla matière brute toute sa richesse et valeur
Photo Julie Rouault
Tout a commencédans les années 60, lorsqu'un groupe d'artistes a décidé"d'inverser le caractère immuable de la scène en transportant chacune des pierres de l'autre côté", écrit Christian Alandete, commissaire de l'exposition Bijoux, cailloux ouverte au public jusqu'au 14 mai àl'espace Solidor àCagnes-sur-Mer.
La française Julie Rouault, architecte et bijoutière àBarcelone, est l'une des six artistes àprésenter ses bijoux particuliers àSolidor, un des seuls musées consacrant un espace au bijoux contemporains. L'idée de l'artiste, qui expose également ses ?uvres dans les boutiques Hipotesi et Siesta en plein c?ur de Barcelone, consiste àconvertir les déchets en bijoux. Drôle d'idée ? Pas du tout. Julie rejoint de loin un mouvement d'artistes au désir de reformuler leur relation au monde et aux choses. Comme eux, elle inverse tout simplement les codes de la tradition joaillière. Il s'agit tout aussi bien de retravailler pierres, galets et autres "déchets"pour les convertir en véritables bijoux, que de révéler les travers des traditionnelles pierres précieuses. "En résumé : ternir les matériaux précieux et magnifier les matériaux bruts", résume Julie.
Humilitéde l'artiste face àla nature.
Outre une volontéde retour aux sources, il y a toute une dimension écologique dans le travail de Julie Rouault. Au cours des années, le caillou n'a cesséde transformer son apparence. Pierre brute, silex tranchant aux pendentifs aguichants, l'homme a toujours su utiliser ce qu'il avait sous la main pour composer des ornements.
Revenant un peu àl'âge de pierre, Julie a choisi coquillages et galets pour attirer d'une manière originale les regards mais également afin de sensibiliser le public sur les questions de l'environnement et du développement durable. En exhibant la richesse matérielle de simples pierres opaques jusque làinaperçues, il y a également un côtémagique dans le travail de ces bijoutiers àcontre tendance. La quête des alchimistes cherchant àtransformer le plomb en or, vous vous souvenez ? Sauf que là, comme le souligne Christian Alandete, il s'agirait plutôt de changer l'or en plomb...
Nawel NEGGACHE (LPJ - Barcelone) 30 mars 2006
Barcelone Galerie Hipotesi
Rambla de Catalunya 105, et àla galerie Siesta, c/ Ferlandina 18 - Visite àson atelier C/Joaquim Costa 24, - tel: 645 74 83 22 ?
www.julierouault.com







