L’histoire racontée par ce conte naïf est véritablement celle d’un chameau qui pleure et qui doit être guéri de son mal. A travers ce premier thème, le spectateur est plongé dans la vie quotidienne d’une tribu de nomades mongols isolés dans la plaine. Les protagonistes sont une famille mongole, des arrière-grands-parents aux petits-enfants, qui affrontent la dureté du climat et parfois l’hostilité des alentours.
Dans leur monde sans argent, tout est donné par la nature et le travail de l’homme. Ici, ce n’est pas l’homme qui dompte la nature, mais lui qui se plie à son règne et reçoit ce qu’elle daigne bien lui offrir. L’observation de ces vies simples mêlées d’une sagesse ancestrale s’oppose aux notions de productivité de la société actuelle. Les enfants sont élevés dans les principes de respect et d’autonomie. Les adultes se réunissent pour échanger à propos de préoccupations écologiques.
Tradition et modernité
Mais cette façon primitive de vivre n’empêche pas le progrès de faire son entrée dans ce monde feutré. Ceci grâce notamment aux nouvelles générations fascinées par les images animées d’une télévision découverte dans une tribu voisine. Même si le grand-père pense que « perdre son temps devant des images de cristal n’est pas bien », la tribu reste ouverte à l’extérieur et profite avec parcimonie de la modernité. Les traditions demeurent tout de même la base de leur existence où les rituels musicaux et magiques guérissent les bêtes.
Un film intéressant, émouvant et enrichissant qui permet de s’offrir un aller simple vers des vies et des paysages inconnus.
Céline GARAY. (LPJ) 10 décembre 2004
L’histoire du chameau qui pleure / La historia del camello que llora
Un film de Byambasuren Davaa et Luigi Fabrni, avec Ingen Temee, Botok, Uuganbaatar Ikhbayar, 1h30, 2003 Allemagne-Mongolie. A partir de six ans
Sortie le 10 décembre 2004







