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BALADE – Découvrez le patrimoine industriel de Barcelone

Par Lepetitjournal Barcelone | Publié le 28/10/2015 à 23:00 | Mis à jour le 28/10/2015 à 19:31

Lorsque l'on évoque le patrimoine de Barcelone, on pense bien sûr à son héritage culturel et historique : le parc Güell, le château de Montjuïc, le musée Picasso, le stade olympique? La capitale catalane possède pourtant un autre patrimoine tout aussi intéressant, celui de sa grande période d'exploitation industrielle du XIXe siècle. Certaines cheminées d'usines se dressent encore sur la ville, comme pour rappeler cette période dorée. Nous vous proposons de découvrir quelques vestiges de la longue liste du patrimoine industriel de Barcelone.

Le plan national du patrimoine industriel définit cet héritage comme "l'ensemble des éléments issus de l'exploitation industrielle, générés par les activités économiques de chaque société". La Catalogne (et son centre économique, Barcelone) fut une pionnière de la révolution industrielle en Espagne. Dès le XVIIIe siècle, les premières industries textiles sont créées à Barcelone, développant l'économie et employant des milliers d'ouvriers. Le secteur du textile explose alors dans la ville, et au début du XIXe siècle on comptait 150 industries de ce type. L'industrie métallurgique trouva également sont heure de gloire à Barcelone à cette époque. En conséquence de ces processus d'industrialisation, la ville connut tout au long du XIXe siècle toute une série de transformations de son paysage urbain.

Les Trois cheminées de Fesca, Poblesec
Dans le quartier de Poblesec, tout le monde connaît les trois cheminées qui se dressent au bout de l'avenue Parallel, juste avant la place de Drassanes. Ce sont les vestiges de la compagnie d'électricité Compañía Barcelonesa de Electricidad. Les cheminées n'ont pas été construites toutes les trois en même temps. En 1896, la première cheminée de 60 mètre fut montée. Une douzaine d'année passèrent avant que la deuxième ne soit construite. La troisième fut finalement édifiée en 1912, et les trois cheminées fonctionnèrent alors ensemble jusqu'en 1989. En 1912, l'entreprise fut absorbée par Barcelone Traction, couramment appelée "La canadiense". L'entreprise reste célèbre à cause de sa grande grève entre février et mars 1919, qui plongea Barcelone dans l'obscurité. Cette grève fut un pilier du mouvement ouvrier catalan et paralysa 70% de l'industrie de la ville.
La mairie de Barcelone a classé ces trois cheminées dans le catalogue du patrimoine historique et artistique de la ville (à ne pas confondre avec les trois cheminées de la centrale thermique de Sant Adriá).

La tour d'eau de la Catalane de Gas, Barceloneta (CC Enric
Au tout début du XXe siècle, la société catalane de Gaz décide de construire une tour de réserve d'eau près de ses installations afin d'augmenter la pression d'eau qui doit servir les nouvelles installations de la ville. Aujourd'hui, impossible de ne pas remarquer cette tour qui prédomine le parc de la Barceloneta. Il s'agit d'une tour de 4,5 mètres de haut, et dont le "tronc" est de forme octogonale, constitué de brique. En haut, la réserve cylindrique est recouverte de mosaïque dont l'ornement est de style moderniste. Des restes métalliques accompagnent la tour, rappelant la bombonne qui occupait une grande partie du parc actuel.

Le pont, la cheminée et l'arc de La Maquinista, Barceloneta
La Maquinista Terrestre y Marítima (MTM) fut une très grande entreprise de métallurgie Barcelone. Installée dans la Barceloneta sur un total de 17.500 mètres carrés, elle employait 1200 ouvriers. Elle fut en charge de la construction de grands ponts métalliques et de nombreuses voies ferroviaires en Europe. Un pont en métal était justement édifié pour relier deux parties de la fabrique. C'est aujourd'hui le seul vestige de l'usine, avec une cheminée qui est encore debout. A côté, dans la rue justement nommée Maquinista, on peut observer un grand arceau sous lequel passer. Il s'agit du reste de l'entrée principale de La Maquinista Terrestre y Marítima. La société fut rachetée en 1989 par le groupe français Alstom.

La tour Can Girona, Poblenou
Cette grande tour fut initialement construite pour extraire et stocker de l'eau pour consommation humaine, près du fleuve Besós. Le projet n'a finalement pas abouti, et on lui attribue même le suicide de l'entrepreneur qui le finança. La tour fit ensuite partie de l'entreprise de métallurgie Can Girona, qui l'utilisa pour stocker l'eau nécessaire au refroidissement des métaux dans son processus de production. La tour est un impressionnant édifice de brique orné d'un escalier extérieur, qu'il est aujourd'hui possible de visiter.

Ca l'Aranyó, Campus UPF, Poblenou
L'usine de textile de Ca l'Aranyó commença son exploitation en 1877. Elle fut l'un des poumons industriels de la ville. La fabrique ferma définitivement en 1984. Vingt ans plus tard, la décision fut prise d'utiliser la vieille usine pour construire un campus universitaire audiovisuel en plein quartier 22@. A côté des bâtiments modernes, une partie des de l'ancienne fabrique a été conservée ainsi qu'une cheminée qui se dresse intacte sur le campus. L'espace réhabilité a reçu le Prix d'Architecture et d'Urbanisme 2008 de la ville de Barcelone.

Can Framis, Poblenou
Durant le XVIIe siècle, la famille Framis gérait une grande fabrique textile, dans ce qui est l'actuel quartier 22@. Au fil des années, l'activité déclina, et le bâtiment pris part au "cimetière industriel" de Poblenou. Puis en 2009, la Fondation Vila Casas transforma le site en musée, mais la cheminée de la vieille fabrique trône bien sur le nouvel espace. Le musée regroupe aujourd'hui 270 ?uvres et accueille des expositions temporaires et permanentes.

Les grands entrepôts du port
Sur le port de la Barceloneta, le seul édifice conservé depuis l'époque du vieux port industriel est le bâtiment appelé Palau de Mar, qui abrite le musée de l'histoire catalane d'un côté et des restaurants de l'autre. A l'époque, s'y dressaient les grands entrepôts, appelés Almacenes Generales de Comercio (AGC). Construits en 1981 juste en face du port, ces entrepôts devaient servir à stocker les marchandises à leur arrivée. La construction des AGC prit fin au début du XXe siècle, et furent complètement transformés lors de la rurbanisation des olympiades de 1992. Ce bâtiment est considéré comme l'un des éléments les plus importants du patrimoine industriel de la ville.

L'ancienne fabrique de bière Damm, el Clot
La fabrique de la très célèbre bière catalane, Estrella Damm, fut construite en 1805 à l'initiative d'un Français alsacien, August Kuentzmann Damm. Surnommée La Bohemia, l'impressionnant bâtiment est en excellente conservation, abritant encore de grandes cuves de fermentation en cuivre, du mobilier et du matériel d'époque. Située dans le quartier Camp de l'Arpa (Rosselló, nº 515), elle est ouverte au public pour la visiter ou lors d'évènements.

L'ancienne fabrique de farine de Sant Jaume, el Clot
L'usine de farine del Clot ou fabrique de Sant Jaume, était un imposant complexe industriel situé près de l'actuelle place Glories. De l'ancien site dédié au moulin du blé et à la fabrication de farine, il ne reste que le bâtiment principal. A l'intérieur, des machines de l'ère industrielle sont encore conservées. L'usine a été transformée en un centre culturel, et un bâtiment moderne est venu se coller en contraste à la façade de brique de l'ancienne fabrique.

L'ancienne fabrique de Torrente, Raval
L'entreprise de fabrication de paratonnerre Parallamps Torrente fut fondée en 1860 et est l'une des rares industries de cette époque encore en fonctionnement. Même si la production est aujourd'hui réalisée dans de nouveaux locaux, la bâtisse de l'époque, située au numéro 21 de la rue Marqués de Barberá, est toujours sur pieds après 150 ans, et a conservé intact sont aspect intérieur comme extérieur.

Perrine LAFFON (lepetitjournal.com ? Espagne) Jeudi 29 octobre 2015
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