Un projet d’union civile permettrait aux Thaïlandais de se "pacser"

Par Eric DESEUT | Publié le 27/03/2013 à 00:00 | Mis à jour le 24/06/2022 à 01:04

Le mariage pour tous n'est pas encore à l'ordre du jour en Thaïlande, mais une commission parlementaire s'est attelée à la rédaction d'un projet de loi qui instituerait une égalité des droits dans l'esprit du Pacte civil de solidarité (Pacs) approuvé en 1999 par les députés français.

Après une phase de concertation marquée par des auditions publiques tenues courant février dans les grandes villes du pays comme Bangkok, Chiang Mai, Khon Kaen et Songkhla les suggestions du public contribueront à enrichir un texte que la commission soumettra au gouvernement. Les espoirs de la communauté homosexuelle sont toutefois tempérés par une expérience passée. Le site spécialisé Towlerroad rappelle qu'un projet comparable avait été formulé il y a une dizaine d'années pour être finalement enterré malgré l'appui du ministère de l'Intérieur. Dans cette hypothèse, les militants pourraient recourir à une pétition. Les signatures de 10.000 personnes inscrites sur les listes électorales ou l'accord de 20 députés contraindraient le Parlement à examiner un projet de loi dont l'approbation constituerait une première en Asie selon Gay Marriage Watch.

Le 14 février dernier, un couple de jeunes femmes s'est présenté à la mairie de Bang Rak tout spécialement prisée par les candidats au mariage en raison de son nom qui se traduit en "cité de l'amour". Les fonctionnaires n'ont pu accéder à leur projet d'union, mais de telles initiatives médiatisées concourent à placer le débat sur la place publique. La communauté homosexuelle thaïlandaise aspire essentiellement à une union civile qui garantirait aux partenaires du même sexe les mêmes droits que leurs homologues hétérosexuels. L'égalité des droits face à l'impôt et aux prestations sociales figure parmi leurs doléances qui comprennent également la possibilité de se représenter mutuellement devant les tribunaux ou de se transmettre un patrimoine.

"J'ai appris par la presse que des mariages de buffles étaient organisés dans la province de Suphan Buri en présence de fonctionnaires locaux", raconte Rungtiwa dans le Bangkok Post après avoir été refoulée au portillon de la "cité de l'amour". "Je n'ai rien contre les buffles qui sont des créatures attachantes, mais je me suis sentie insultée. Il est triste de constater qu'en tant qu'humains nous ne disposons pas des mêmes droits que les animaux". Quant à Ariya, elle ne peut s'empêcher de rêver à un mariage qui faciliterait le séjour dans le royaume de son compagnon étranger.

E.D. jeudi 28 mars 2013

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