THAILANDE – Les Rouges rejettent l’offre d’Abhisit

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 30/03/2010 à 00:02 | Mis à jour le 15/12/2018 à 13:24

Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a proposé hier aux représentants des “Chemises Rouges” d'organiser des élections un an avant la fin de son mandat, soutenant que leur demande de dissolution dans un délai de 15 jours était irréalisable et de toute façon néfaste pour le pays. Les opposants ont refusé l'offre. Ils doivent étudier la proposition d'Abhisit de poursuivre les négociations jeudi

Le deuxième acte des négociations télévisées, destinées à mettre fin à plusieurs semaines de manifestations dans Bangkok, marquées par plusieurs défilés en ville et des rituels morbides, aura duré deux heures au cours desquelles le ton s'est raffermi, avec néanmoins une offre de compromis de la part du Premier ministre.

Abhisit a affirmé qu'il était prêt à organiser des élections d'ici la fin de cette année, soit un an avant la fin de la date légale, mais les deux parties se sont finalement quittées sans conclure le moindre accord. Le Premier ministre a toutefois proposé de poursuivre les discussions jeudi. Les représentants des Chemises rouges ont fait savoir qu'ils allaient se concerter pour décider d'accepter l'offre ou non.

"Si vous voulez que mon gouvernement... appelle de nouvelles élections avant la fin du mandat, pas de problème. Mais nous devons discuter...", leur a lancé Abhisit.
"J'ai encore un an et neuf mois, je veux voir l'économie s'améliorer, je veux voir les règles de conduite et l'atmosphère dans le pays s'améliorer," a-t-il ajouté un peu plus tard.

Il a insisté de nouveau sur le fait qu'avant toute élection, il souhaitait proposer un référendum sur les amendements à la Constitution controversée de 2007 mise en place sous le gouvernement militaire après le coup d'Etat de 2006 contre Thaksin Shinawatra.

"Disons simplement que le gouvernement n'accepte pas notre demande et que nous refusons l'offre du gouvernement," a déclaré Jatuporn Prompan l'un des leaders des Rouges parmi les plus véhéments.

Alors que les discussions se déroulaient comme dimanche dans l'Institut du Roi Prachadipok, sur l'avenue Chaeng Wattana, deux bombes artisanales légères ont été jetées dans l'enceinte du siège du gouvernement, où se trouve le bureau du Premier ministre, sans faire de victime.

Depuis deux semaines, les Chemises rouges ont cherché à mener une série de coups médiatiques en vue de forcer Abhisit à remettre le pouvoir en jeu. Installés sur plus de trois kilomètres d'avenue et des rues adjacentes sur un périmètre allant de Sanam Luang à l'avenue Phitsanulok, les manifestants venus pour la plupart des provinces du Nord et du Nord-est rassemblent chaque week-end au moins 100.000 personnes. La police estimait hier leur nombre à 16.000.

Abhisit avait dans un premier temps refusé d'engager des négociations, avant de faire volte-face dimanche matin.

Bien que la manifestation se déroule de manière pacifique, le plus souvent dans une ambiance festive, plusieurs explosions ont eu lieu depuis le 15 mars, avec une accélération ces derniers jours du nombre d'attaques visant la plupart du temps des sites militaires ou en lien avec la politique.

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