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SORTIE - Lek Nakarat, nouvelle figure de l'art contemporain à Bangkok

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 26/08/2010 à 00:00 | Mis à jour le 15/12/2018 à 16:21
pointscardinaux

Peintre plutôt connu de France, et comme redevenu pleinement Thaï pour une exposition exceptionnelle en septembre à la Galerie de la Reine Sirikit, Supreecha "Lek" Nakarat revient procurer à Bangkok une belle redéfinition de l'art contemporain

Points Cardinaux (Photo courtoisie Lek Nakarat)

Pour un peu, on pourrait dire Lek Nakarat "deux-fois-né", à l'instar des brahmanes hindous. Dans la Thaïlande de l'après-guerre, tout d'abord, où il passe une jeunesse à tendance assez non-conformiste selon ses dires... Son inclination vers l'art contemporain le pousse à peindre et à exposer dans des galeries de Bangkok à la fin des années 60, avant de partir pour la France, son pays d'adoption. Lek Nakarat y a fait son art et sa famille pendant près de 40 ans, en se basant dans la région mâconnaise. Ses oeuvres abstraites, méditatives et originales ont été présentées à travers le pays et au-delà, avec notamment le soutien fidèle de l'ambassadeur de Thaïlande en France. Aujourd'hui, Lek Nakarat effectue un grand retour à Bangkok avec une exposition pluridisciplinaire, et non plus seulement picturale, intitulée "Les voix du temps: cadre de vie, esprit de papier". Il s'agit pour Bangkok d'une véritable initiation à l'art contemporain.

Lek Nakarat dans son atelier de Bangkok, en août dernier (Photo François Cavaillès)

"Le public thaïlandais ne connaît pas trop Lek Nakarat. Son travail est très nouveau ici, apprécie le commissaire de l'exposition, Pakorn Klomkliang. C'est un artiste qui vit plus en France qu'en Thaïlande mais sans être étranger parmi les grands artistes nationaux." "Les voix du temps" consiste surtout en une installation jouant avec beaucoup de poésie sur les matières et sur l'éclairage. Ainsi une centaine de chemises de papier flottent dans l'air et ombragent les murs, dansantes comme des papillons, tandis qu'un son ambiant de battement de coeur se fait entendre. "Le papillon se dit Phii-Seua en thaï, comme la conjonction des mots Phii, le fantôme, et Seua, la chemise. Dans l'exposition, il y a ce jeu de mots, explique Lek Nakarat. Mais on peut aussi voir le papillon comme un symbole de changement, sans vanité, pour être mieux, vers une autre vie. C'est semblable au bouddhisme... Phii est l'étape inévitable de fantôme pour tous, dans le karma, et Seua le cocon du papillon. Après, l'interprétation est personnelle mais mon but est que les gens ressentent ça."

Vaste et luxueuse, la Galerie de la Reine Sirikit se prête très bien au dispositif Lek Nakarat qui illustre avec force en quoi le papier est le support de la pensée depuis des siècles, à travers les continents. "Mais ce n'est pas seulement le support. Le papier est sensible", précise le créateur qui a pris soin de choisir certaines feuilles produites de manière artisanale à Chiang Maï et qui a tenu à tout confectionner, contenu et contenant, chemises et cadres, en papier. En outre, une vingtaine de nouveaux tableaux de Lek Nakarat, dans des tons minéraux, sont également montrés mais cette fois de manière presque annexe, en tant qu'éléments d'un journal.
François Cavaillès (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 26 août 2010

"Les voix du temps: cadre de vie, esprit de papier", par Supreecha Nakarat, du 3 au 30 septembre 2010, au 3e étage de la Galerie de la Reine Sirikit, Ratchadamnoenklang, Bangkok.
Ouvert tous les jours sauf le mercredi, de 10 h à 19 h. Prix d'entrée: 20 bahts.

Site Internet de l'artiste : www.nakaratlek.net

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