Le gouvernement thaïlandais a demandé au réseau social Facebook d'effacer plus de 10.000 pages qui contiennent des photos ou commentaires considérés comme insultants envers la monarchie. "Nous avons informé et demandé assistance pour effacer les contenus qui offensent notre monarchie", a indiqué jeudi le ministre de l'Information et de la Technologie Anudith Nakornthap, appelant les internautes à ne pas "Liker"ou commenter les messages considérés comme insultants, car cela serait considéré comme de la diffusion indirecte. Selon la loi thaïlandaise, le crime de lèse majesté est punissable de 15 ans de prison pour chaque infraction. Mercredi, le Parti Démocrate avait tenu une conférence de presse durant laquelle la porte-parole Mallika Boonmeetrakool avait fustigé l'inaction du ministre Anudith sur le sujet et dénoncé la présence d'un Internaute malveillant dans son entourage, rapportait le quotidien thaïlandais Kom Chad Luek.
Le même jour, un homme de 61 ans avait été condamné à vingt ans de prison pour avoir envoyé en mai 2010 des SMS considérés comme insultant la monarchie au secrétaire du Premier ministre de l'époque Abhisit Vejjajiva. Selon l'ONG de protection des droits de l'homme Human Rights Watch, le nombre de cas de lèse-majesté serait passé de 164 en 2009 à plus de 400 en 2010. Et biens d'autres organisations de défense des droits de l'Homme ont accusé le gouvernement précédent, mené par le Parti Démocrate proche de l'establishment, de s'en servir pour faire taire toute voix dissonante. Depuis, Yingluck Shinawatra, rivale du Parti Démocrate, a gagné les élections et émis le vœu que cette loi ne soit pas utilisée de façon "inappropriée". La sœur de Thaksin avait aussi promis en septembre un réexamen des cas de lèse-majesté liés aux troubles politiques ayant eu lieu ces cinq dernières années.
Y.F. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) lundi 28 novembre 2011
Lire aussi :
Notre article du 24 novembre 2011 – 20 ans de prison pour des SMS insultants
Notre article du 22 septembre 2011 – Le gouvernement promet un réexamen des cas de lèse-majesté
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