La moitié des transsexuels seraient séropositifs en Asie

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 18/05/2012 à 00:00 | Mis à jour le 04/09/2018 à 06:25

La moitié des transsexuels pourraient être séropositifs en Asie-Pacifique, a estimé jeudi un rapport de l'ONU, pointant du doigt une prise en charge sanitaire insuffisante et un style de vie à risque qui poussent la contamination à des niveaux critiques.

49% des 9 millions à 9,5 millions de transsexuels de la région pourraient être infectés par le sida sur la base de l'extrapolation de résultats d'enquêtes à petite échelle auprès d'hommes devenus femmes. Ce rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avait été publié à l'occasion de la journée mondiale contre la discrimination des homosexuels et des transgenres.

Sam Winter, de l'université de Hong Kong, auteur du rapport a appelé les gouvernements de la région à reconnaître le besoin urgent de faire face à une crise très humaine, notant que beaucoup de transsexuels finissaient par se prostituer et avoir des rapports non protégés. Ils souffrent également régulièrement de violence et de préjugés, n'ont que peu d'opportunités sur le marché du travail, peu d'accès aux services de santé, et un soutien psychologique insuffisant, selon ce rapport qui a collecté des informations sur les 12 dernières années. L'étude évoque des opérations dans des conditions sanitaires déplorables et la pose d'implants mammaires dangereux à base de silicone industrielle. Mais elle reconnaît également certaines avancées, notant que l'identité transgenre avait pris racine sur le continent et que la communauté s'engageait de plus en plus dans les débats politiques. La création de réseaux de défense, d'organisations communautaires et d'ONG dédiées à donner du pouvoir à nos communautés est une source de joie, a commenté à ce titre la militante thaïlandaise, Prempreeda Pramoj Na Ayutthaya.

Le royaume thaïlandais est connu pour sa tolérance au sujet des orientations sexuelles et des changements de sexe. La Thaïlande organise par exemple chaque année avec faste le concours de beauté Miss Tiffany, récompensant le plus beau transsexuel du pays. Néanmoins, les membres les plus conservateurs de la société ont du mal à accepter le phénomène. Des enfants souhaitant changer de sexe sont envoyés dans des monastères pour être "rééduqués", et les transsexuels ont des difficultés à trouver du travail dans certains domaines. Selon l'agence de presse gouvernementale NNT, Le Programme

Commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA a félicité la semaine passée la Thaïlande pour ses campagnes contre la maladie qui ont permis une limitation du nombre de morts, de nouveaux infectés, et de cas de discrimination.

vendredi 18 mai 2012

Sur le même sujet
0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale