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ECO – La Thaïlande échappe à la récession au 2T avec 0,9%, mais la (vraie) reprise devra encore attendre

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 18/08/2014 à 22:00 | Mis à jour le 17/12/2020 à 05:45
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L'économie thaïlandaise a échappé à la récession au deuxième trimestre 2014, après les mauvais résultats du premier trimestre, malgré la chute du secteur clef du tourisme dans ce pays dirigé par une junte militaire depuis le coup d'Etat en mai, selon des chiffres officiels publiés lundi. Néanmoins, la reprise de la croissance risque de prendre encore du temps

Entre avril et juin, l'économie du royaume est revenue à la vie avec une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de +0,9% par rapport à un trimestre précédent marqué par une contraction sans précédent depuis les inondations historiques de 2011(-0,6%). Sur un an, la hausse au deuxième trimestre 2014 est de 0,4%.

Depuis le coup d'Etat du 22 mai, le général Prayuth Chan-O-Cha, à la tête de la junte, a ouvert les coffres, mettant l'accent sur sa volonté de redresser l'économie, qui a fortement souffert de plusieurs mois de manifestations anti-gouvernementales.

Il s'était notamment engagé à relancer les projets d'investissements en suspens, parmi lesquels des liaisons ferroviaires et routières majeures, et de rembourser les dettes de l'Etat vis-à-vis de milliers de riziculteurs bénéficiaires d'un programme de subventions.

Ambitieux budget pour 2015

Lundi, Prayuth a proposé un budget de 2,57 mille milliards de bahts pour 2015 à la nouvelle Assemblée national législative (NLA) qui fait office de parlement.

Le chef de la junte a déclaré que le plan de dépenses, qui attend l'approbation de la NLA, dont plus de la moitié des membres sont des militaires, est supérieur d'environ 1,6 milliards de dollars à celui de 2014. Mais il a promis qu'il serait déboursé avec "capacité et efficacité et transparence."

Les détracteurs du gouvernement de Yingluck Shinawatra se plaignaient que ce dernier gaspillait l'argent dans des politiques populistes telles que le programme de subventions aux riziculteurs qui s'est traduit par une accumulation colossale de dettes pour l'Etat et autant d'impayés pour les supposés bénéficiaires.

Prayuth, qui a nommé le chef de l'armée de l'air en charge de l'économie, avait expliqué la prise de pouvoir en mai comme une nécessité pour rétablir la situation économique du pays et ramener la paix et l'ordre.

La junte a mis en place un parlement provisoire simplifié qui doit élire dans les prochains jours un nouveau Premier ministre fortement pressenti par la presse locale pour être Prayuth lui-même.

La bourse thaïlandaise a grimpé de près de dix pour cent depuis le coup d'Etat.

"Les perspectives de croissance sont meilleures depuis le coup d'Etat militaire, qui a réduit les incertitudes politiques", salue Krystal Tan, analyste chez Capital Economics.

"Cependant, l'économie rencontre toujours un certain nombre de vents contraires, tels que le fardeau de l'endettement élevé des ménages. De fait, la croissance a peu de chances de revenir à sa tendance (précédente) rapidement," tempère Capital Economics, malgré le surnom de "Thaïlande Teflon", l'économie du royaume étant réputée pour sa capacité à se remettre des crises.

Croissance timide pour 2014

Le Conseil national du développement économique et social (NESDB), dans son communiqué annonçant les chiffres du deuxième trimestre, prévoit pour 2014 une croissance de 1.5-2.0 %, en retrait par rapport aux projections précédentes de 1.5-2.5 percent. En cause, outre un fort endettement des ménages thaïlandais, une désaffection des touristes, pilier de l'économie nationale.

Le NESDB indique que la crise politique qui a miné les cinq premiers mois de 2014 devrait probablement amener l'économie ?à performer en dessous de son potentiel" sur l'ensemble de l'année, les secteurs clé du tourisme et de l'automobile étant toujours en difficultés.

Le nombre de visiteurs en Thaïlande a baissé de 12% d'un an sur l'autre, malgré des efforts désespérés pour rassurer les touristes sur la sécurité retrouvée du "pays du sourire".

"Les hôtels et les restaurants ont été en baisse constante, en réaction à une chute du nombre des touristes, conséquence de la situation politique", confirme le NESDB.

La baisse subie par les hôtels et restaurants a été de 4,2% au deuxième trimestre, un recul encore plus accentué qu'au premier trimestre (-3,1%).

Au sein de ce secteur, l'hôtellerie est la plus touchée (-10,1% contre 5,6% au premier trimestre).

Des groupements d'hôteliers ont demandé à la junte ces derniers jours de lever la loi martiale en vigueur depuis le 20 mai, pour faire en sorte que les Etats qui déconseillent à leurs ressortissants de visiter le royaume, lèvent leurs avis de mise en garde.

Les touristes asiatiques ont été les plus nombreux à éviter la Thaïlande au deuxième trimestre (quelque -18%), une baisse compensée par le retour des touristes venus d'autres continents, notamment d'Europe (+6,3%).

Avec AFP lundi 18 août 2014

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