INTERVIEW - Marc Hagelauer, Directeur général de Food by Phone et initiateur du Smash Club

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 23/09/2010 à 00:00 | Mis à jour le 20/04/2021 à 08:03
Photo : Marc Hagelauer devant les locaux de Food by Phone à Bangkok
Marc Hagelauer

Directeur général de Food by Phone et initiateur de l'école de tennis Le Smash Club, Marc Hagelauer est, comme beaucoup d'expatriés, arrivé un peu par hasard en Thaïlande. Après avoir réussi à faire fructifier son entreprise de livraison de restaurant à Bangkok, il revient sur son parcours d'entrepreneur

Lepetitjournal.com : Comment êtes-vous arrivé en Thaïlande?

Marc Hagelauer : J'ai étudié la chimie à Paris et à la fin de mes études j'ai pris une année sabbatique. Ma mère étant anglaise et mon père étant français, ma famille vivait en Angleterre et moi en France. Et typiquement là bas, lorsque les jeunes finissent leurs études, ils prennent une année sabbatique pour pouvoir voyager avant de commencer leur vie professionnelle. J'ai donc décidé de faire la même chose, même si en France ce genre d'initiative est moins commune.

Je m'étais déjà rendu en Asie et il me semblait que Bangkok était très central pour poser ses bagages et ensuite voyager dans la région. Pendant six mois je me suis baladé un peu partout et j'ai eu ensuite une offre de travail avec une société qui faisait des systèmes de cartes à puce, South Pacifique Electronics Co. Ltd, et qui cherchait quelqu'un au profil technico-commercial.

D'où est venue l'idée de créer Food by Phone ?

En 1997, avec la crise financière, nous n'avions plus la possibilité de vendre ce type de technologies nouvelles mais beaucoup plus chères, et la société pour laquelle je travaillais s'est alors retirée de Thaïlande. Entre-temps j'avais rencontré mon épouse et nous avions monté une toute petite structure, Food by Phone, qui ne servait que le soir et dont on s'occupait en parallèle de notre travail à plein temps. On travaillait alors avec sept restaurants et une petite équipe : quelques messagers, une opératrice... Nous nous sommes rendu compte qu'il y avait une véritable demande pour ce genre de services de livraison des restaurants au client. Cela a très vite intéressé la communauté expatriée. En 1998, nous avons décidé d'investir et de monter une structure qui soit plus solide. Nous avons donc ouvert le matin de 10h30 à 22h30, et on a grandi très doucement.

Quelles ont été les grandes étapes de développement ?

Je ne pense pas qu'il y ai eu de grosses étapes. Nous n'avons à aucun moment fait de gros investissements pour amener un changement radical. Depuis le départ, notre principal outil marketing est notre catalogue accompagné essentiellement de la distribution. Nous avons aussi mis en place une communication gagnant-gagnant avec les restaurants. En fait, les ventes que nous faisons sont des ventes qu'ils ne pourraient jamais faire, car les gens qui commandent à distance ont décidé de ne pas sortir de chez eux. Il est donc dans l'intérêt des restaurants de travailler en partenariat avec nous afin d'augmenter leurs ventes. En échange, ils nous font un prix spécial afin que l'on puisse justifier l'achat, nous touchons une marge et le client, lui, paye moins cher que s'il avait dû se rendre directement sur place.

Nous avons aujourd'hui à peu près 80 restaurants, mais ce n'est pas dans notre intérêt d'essayer de travailler avec tout le monde. Il faut que l'on puisse offrir une diversité dans les types de cuisine, et s'associer à chaque fois avec des établissements connus des expatriés.

Quels sont vos objectifs futurs en termes de chiffre et d'évolution ?

Nous travaillons actuellement sur la traduction de notre site en Japonais et en Thaïlandais. Le marché japonais est très intéressant pour nous, car il s'agit de la plus importante communauté étrangère en Thaïlande, et que la plupart d'entre eux n'arrivent pas bien à communiquer en anglais et en thaï. Je pense donc qu'en leur offrant quelque chose de très simple à utiliser, dans leur langue, cela va les pousser à commander chez nous beaucoup plus souvent.

Par rapport au chiffre d'affaires, durant les dix premières années de fonctionnement, nous avons réussi à l'augmenter de 10 à 20% par an. Ces trois dernières années, avec la crise financière et les tensions politiques, nous sommes restés plutôt stables au niveau du CA. Nous avons toujours beaucoup de commandes mais nous n'avons pas eu la croissance que nous avions avant. Néanmoins, on espère que cette année sera différente... Si les évènements politiques n'explosent pas à nouveau.

Pourquoi avoir ouvert Le Smash Club ?

Toute ma famille a toujours été dans le tennis : moi, mon père, mon frère... Il y a donc essentiellement une démarche affective dans ce projet, qui a été mis en place grâce à la passion que nous avons moi et mes deux partenaires français pour ce sport.

Cela fait exactement un an que nous avons repris le smash club. Il s'agissait auparavant de courts publics en très mauvais état sur Rama III, sans aucun encadrement.

Avec deux amis, Marc Nussaume, passionné de tennis, et Pierre Séquier, coach professionnel, nous avons eu l'opportunité de reprendre l'activité en octobre 2009 et d'en faire un club de tennis, ouvert officiellement après trois mois de travaux. Nous avons agrandi le club-house, refait les terrains, construit des vestiaires, un restaurant, un bar et mis en place une équipe de coachs qui permettent d'avoir une structure solide pour les amoureux du tennis.

Il y a beaucoup de courts de tennis à Bangkok, mais nous voulons proposer une véritable école structurée de tennis, très similaire à ce que l'on pourrait trouver en France, qui permette aux gens de tous les âges d'avoir des leçons adaptées à travers des programmes établis essentiellement par la Fédération française de tennis.

Nous avons aujourd'hui environ 200 membres, 50 enfants dans l'école de tennis, et aussi un contrat avec le lycée français pour faire cette année des cours d'initiation et découverte. De plus, on essaye de mettre en place des programmes pour les adultes qui ont atteint un certain niveau de tennis, afin de leur permettre de le maintenir et de progresser.

Quels sont les développements que vous envisagez pour le club ?

En dix mois d'ouverture nous avons déjà réussi à faire beaucoup de choses, mais il y a encore des développements à faire avec ce petit club, et c'est sur cela que nous allons nous concentrer : Organiser autant de tournois que possible, et essayer de se faire identifier par les vrais passionnés de tennis comme la structure où il faut venir pour avoir une qualité d'enseignement à la hauteur de leurs attentes. L'ouverture de nouveaux clubs n'est pas quelque chose que nous avons considéré pour le moment.

Par ailleurs, j'ai demandé à mon oncle (Patrice Hagelauer, ancien entraineur de Yannick Noah et actuel Directeur technique national du tennis français .ndlr) s'il pouvait demander aux Français qui viennent participer à l'Open de Thaïlande de venir passer un peu de temps avec les enfants de l'école, et leur montrer ce que c'est d'être un tennisman professionnel. Néanmoins, rien n'est encore confirmé.

Propos recueillis par Quentin Weinsanto jeudi 23 septembre 2010

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