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BOUDDHISME - Vertigineuse chute des vocations sur fond de boulimie consumériste

Par Eric DESEUT | Publié le 21/12/2012 à 00:00 | Mis à jour le 14/10/2021 à 06:36
Photo : LPJ Bangkok.com
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Le bouddhisme thaïlandais serait réduit aux acquêts de ses rituels sous l'influence du consumérisme dans un pays dont le revenu moyen par habitant a triplé en trente ans.

Pendant la même période, la proportion de moines a été divisée par deux. Le royaume compte aujourd'hui cinq moines et novices pour mille habitants contre 11 en 1980 selon le New York Times.

"Le consumérisme est maintenant la religion de la Thaïlande", assène Phra Paisan Visalo, supérieur engagé du temple Pasukato dans la province de Chaiyaphum. "Autrefois les gens ne manquaient jamais de se rendre au temple pour toutes les fêtes religieuses. Aujourd'hui ils vont dans les galeries commerciales".

Tandis que les données officielles recensaient 290.000 moines en 2011, Phra Paisan estime que la Thaïlande ne compterait guère plus que 70.000 moines permanents. Un chiffre équivalent au nombre de villages que compte le royaume. Et au sein même de ces villages, la rapidité du changement est frappante.

Tout à la fois école, auberge, lieu d'écoute et de médiation, le temple constituait traditionnellement le coeur de la communauté villageoise. Aujourd'hui son rôle se limite souvent aux formalités des mariages et des enterrements ou à la bénédiction rituelle d'une nouvelle maison.

"De nos jours les gens disposent de téléphones. Ils appellent leurs amis quand ils ont des problèmes", constate Phra Nipan Marawichayo, l'un des deux seuls moines du temple du village de Baan Pa Chi dans le nord de la Thaïlande.

Quant au séjour de plusieurs mois que les jeunes Thaïlandais passaient au sein d'un temple dans le cadre de leur formation à la vie d'adulte, il se limite désormais à quelques jours pour s'apparenter à une autre formalité.

À Baan Pa Chi le temple est aujourd'hui richement doté par les donations des villageois soucieux d'assurer leur karma après avoir migré vers les centres urbains où ils bénéficient souvent d'un revenu plus confortable.

Pour autant, il est quasiment désert et Phra Nipan ne sort même plus pour recevoir les offrandes matinales, se contentant de commander son repas par téléphone auprès d'un restaurant voisin.

E.D.  vendredi 21 décembre 2012

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