La commission électorale birmane a ordonné vendredi à l'opposante Aung San Suu Kyi d'utiliser dans ses discours en anglais le mot "Myanmar" pour qualifier le pays et non "Burma", un nom que "personne" n'a le droit de prononcer. Il y a plus de vingt ans, la junte alors au pouvoir avait rebaptisé en anglais le pays "Myanmar". Elle estimait que "Burma" était un reliquat de la colonisation britannique, et que ce terme favorisait la majorité ethnique "birmane" ou "bamar", aux dépends des nombreuses minorités ethniques du pays. Mais le changement a fait l'objet d'un combat politique, l'opposition se refusant systématiquement à l'employer.Au cours de sa tournée en Europe qui s'achevait aujourd'hui, Suu Kyi "a appelé le Myanmar 'Burma' dans ses discours", a dénoncé la commission électorale dans une déclaration publiée aujourd'hui dans le quotidien d'Etat New Light of Myanmar. "Personne n'a le droit d'appeler (le pays) 'Burma'", a-t-elle ajouté, en faisant référence à la Constitution de 2008 qui spécifie que le pays s'appelle "République de l'Union du Myanmar".
Le nom du pays n'a pas été changé en birman, les discours de Suu Kyi dans sa langue maternelle ne sont donc pas un problème. Quant à la langue française, elle a le plus souvent conservé le terme de "Birmanie", y compris chez les scientifiques, les deux mots se traduisant de la même façon. Mais le casse-tête est permanent pour les anglophones. Les Etats-Unis se refusent ainsi toujours, eux aussi, à appeler le pays "Myanmar". Et en décembre dernier, Hillary Clinton, première secrétaire d'Etat américaine à s'y rendre depuis un demi-siècle, avait dû jongler avec le dilemme pendant plusieurs jours. Pour ne pas fâcher ses hôtes, elle s'était le plus souvent résolue à parler de "ce pays".
Le parti d'Aung San Suu Kyi a indiqué hier que la leader de l'opposition, âgée de 67 ans, ne se rendrait pas au Parlement birman cette semaine afin de récupérer de son éprouvante tournée européenne.
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html - AFP) lundi 2 juillet 2012
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