BIRMANIE - Le sénateur Webb ramène l'Américain John Yettaw à Bangkok

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 17/08/2009 à 01:00 | Mis à jour le 15/12/2018 à 15:41

L'Américain John Yettaw, condamné et emprisonné en Birmanie pour avoir nagé jusqu'à la maison de l'opposante Aung San Suu Kyi, a été expulsé hier après la visite d'un proche du président Barack Obama qui a obtenu sa libération

AFP — L'avion transportant l'Américain John Yettaw, expulsé de Birmanie, et le sénateur démocrate Jim Webb qui a obtenu sa libération, a atterri hier sur une base militaire à Bangkok.
John Yettaw, mormon de 54 ans à la santé fragile, avait été condamné mardi dernier à sept ans de prison et de travaux forcés pour avoir enfreint diverses lois birmanes. Il souffre de diabète et a eu plusieurs crises d'épilepsie en détention. Sa sentence a été commuée en trois ans et demi de détention et ensuite transformée en peine avec sursis.
 Il s'était invité en mai dernier au domicile de l'opposante Aung San Suu Kyi après avoir traversé un lac de Rangoun à la nage. Pendant son procès, l'Américain, domicilié à Falcon (Missouri), a justifié son expédition en affirmant avoir agi "à la demande de Dieu"pour alerter Mme Suu Kyi d'un "complot", après avoir eu une "vision"selon laquelle elle allait être "assassinée".
La lauréate du prix Nobel de la paix, privée de liberté pendant 14 des 20 dernières années, s'est vue quant à elle, infliger 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence pour avoir brièvement hébergé M. Yettaw.

Entretien historique avec le chef de la junte
La libération de l'Américain a été acquise par le sénateur Jim Webb (63 ans), vétéran de la guerre du Vietnam qui préside une sous-commission des Affaires étrangères au Sénat. Ce proche du président Barack Obama s'est entretenu samedi avec l'homme fort de Birmanie, le généralissime Than Shwe.
Le parlementaire a "remercié"le gouvernement birman pour son geste "humanitaire". "Je suis reconnaissant envers le gouvernement"birman, a-t-il dit, ajoutant: "J'espère que nous pourrons tirer profit de ces gestes pour commencer à bâtir les fondations (d'une relation) basée sur la confiance et la bonne volonté à l'avenir".
Les circonstances de la libération anticipée de John Yettaw rappellent la grâce spectaculaire obtenue en Corée du Nord il y a moins de deux semaines en faveur de deux journalistes américaines qui ont pu quitter le pays à la suite d'un entretien à Pyongyang entre l'ex-président Bill Clinton et le numéro un Kim Jong-il.

Aung San Suu Kyi reste au placard
Lors de son entretien historique d'une heure avec Than Shwe à Naypyidaw (capitale administrative), le sénateur Webb a également réclamé la libération de Mme Suu Kyi.
Mais son intervention auprès de Than Shwe et les éventuelles "contreparties"qu'il aurait évoquées ont suscité la colère de certains groupes d'opposants birmans qui ont déploré que M. Webb reparte avec M. Yettaw, alors que Mme Suu Kyi reste maintenue en isolement.
"Cela va sans doute laisser une impression négative parmi la population birmane", a affirmé Aung Din, directeur de l'US Campaign for Burma, organisation regroupant notamment des exilés birmans aux Etats-Unis.
Si aucune mesure de clémence n'est annoncée d'ici à 2010 en sa faveur, Mme Suu Kyi ne pourra pas participer aux élections promises par les généraux.
Il s'est ensuite rendu à Rangoun où il a pu rencontrer pendant 45 minutes la figure de proue de l'opposition birmane qu'il a remerciée "pour les sacrifices qu'elle a consentis en faveur de la démocratie".
Dans les mois ayant précédé le procès de Mme Suu Kyi et de M. Yettaw, l'administration Obama avait déclaré envisager un changement de politique à l'égard de la Birmanie, avec plus de dialogue et moins de sanctions.
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) lundi 17 août 2009

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