La 3G, une révolution tant attendue, bientôt disponible en Thaïlande ?

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 08/10/2009 à 01:00 | Mis à jour le 24/11/2021 à 05:16
Photo : Alcatel-Lucent
Laurent-Perche-Alcatel-Lucent

Après des années de retard, la technologie 3G devrait enfin arriver en Thaïlande. Ces réseaux de troisième génération, accessibles sur téléphone mobile, représentent une avancée indispensable et à très fort potentiel pour le royaume, explique Laurent Perche, responsable Solution et Marketing chez Alcatel-Lucent (Thailand). Etat des lieux
Lire aussi : Alcatel-Lucent en Thaïlande, une longue histoire

Lepetitjournal.com : Pourquoi l'arrivée de la 3G est-elle très attendue en Thaïlande ?

Laurent Perche : La 3G, ce n'est pas juste regarder une vidéo sur son téléphone. Ce qui va changer la vie des Thaïlandais, c'est le développement de toute une forme de micro-économie (accès à l'information facilité pour les professionnels), de micro-finance (paiement avec son portable?), ou encore d'éducation à distance. L'impact sur le PIB sera très important. La 3G est aussi indispensable à l'image de la Thaïlande : quand une compagnie se demande où elle va installer son siège, les télécoms sont un facteur primordial. C'est comme s'interroger sur l'alimentation en l'électricité ! Quand les employés sont en réunion ou à l'étranger, la 3G leur permet d'envoyer des e-mails, d'accéder à leurs documents. Le tout avec une grande qualité de connexion et à un coût intéressant. Aujourd'hui, l'accès au haut débit est relativement limité. Avec la 3G, on aurait plus de compétition, une diminution des coûts et des services de meilleure qualité. Le royaume se veut à la pointe de la technologie avec un nouvel aéroport, un Skytrain. Mais si cela continue, il sera le dernier pays à avoir la 3G ! On est vraiment en retard?

Lepetitjournal.com : La Thaïlande est en effet loin derrière la Corée, la Chine, l'Inde? Comment expliquer ce retard ?
Cela fait six ans qu'on parle d'une arrivée de la 3G au prochain trimestre. Il manquait déjà un régulateur indépendant pour l'attribution de fréquences : la NTC (National Telecommunications Commission) n'a été établi qu'il y a quatre ans et il a mis du temps à s'imposer face à TOT et Cat Telecom, les opérateurs historiques, qui étaient auparavant juges et parties. Second point, le futur de ces deux opérateurs n'a jamais clairement été envisagé. Jusqu'à présent, les fréquences radios -900Mhz et 1800Mhz- étaient détenues par TOT et Cat Telecom, qui revendaient le droit d'utiliser une partie de ces fréquences à des opérateurs comme AIS ou DTAC, sous certaines conditions. Des conditions loin d'être avantageuses : il fallait investir dans les équipements, transférer leur propriété à l'opérateur historique, et lui reverser 20 à 30% de ses revenus !

Lepetitjournal.com : Donc en investissant dans les fréquences 3G, ce système devient caduc, ce qui représente de fortes pertes pour TOT et Cat ?

Oui, il faut qu'ils se réinventent, ils sont au pied du mur. C'est principalement ce qui bloque l'arrivée de la 3G. Il semble pourtant qu'il y ait une volonté politique de développer cette technologie, tout le monde comprend que c'est un vecteur positif pour la croissance.

Dans ce contexte, croyez-vous à une attribution des licences le 8 décembre, comme le veut la NTC ?

Non, je pense qu'il faudra d'abord une autre audience publique, pour tout mettre au clair. Les enchères devraient plutôt se dérouler en janvier. Il y a quatre licences en jeu, qui devraient être décrochées autour de 100 à 150 millions de dollars, et déjà plusieurs opérateurs intéressés : AIS, DTAC, True, Cat Télécom... Pour garder l'usufruit de la licence, il faut s'engager à développer le réseau sur 50% du territoire d'ici 2 ans et 80% d'ici 4 ans. Mais TOT, qui possède déjà une licence depuis 2000, envisage de lancer sa première offre 3G dès décembre prochain.

Lepetitjournal.com : Comment Alcatel-Lucent se positionne-t-il par rapport à cette innovation ?

Aujourd'hui, la 3G est l'un de nos trois principaux piliers dans le haut débit fixe et mobile, à côté des réseaux par fibre optique et de la téléphonie par internet. Nous sommes dans le "top 4"aujourd'hui en termes de parts de marché - nous sommes par exemple le principal fournisseur de True - et nous comptons conserver cette position avec l'arrivée de la 3G. Nous avons des discussions avancées avec True, mais aussi avec AIS et TOT. La téléphonie mobile en Thaïlande est un marché à fort potentiel. Aujourd'hui, entre 80 et 90% de la population est équipée d'un téléphone mobile. C'est un marché concurrentiel et accessible : les téléphones sont vendus à tous les coins de rue, le prix à la minute fait partie des plus bas au monde et les opérateurs innovent beaucoup, ils proposent régulièrement de nouvelles offres. Pour eux, le déploiement de la 3G représente des investissements de plusieurs centaines de milliers de dollars. Cela nous permettrait à nous, fournisseurs, de créer beaucoup d'emplois localement. C'est justement en temps de crise que la Thaïlande doit donner une impulsion à ce type d'investissements.

Propos recueillis par Marie NORMAND jeudi 8 octobre 2009

Alcatel-Lucent en Thaïlande, une longue histoire
-Alcatel (qui a fusionné avec Lucent en 2006) est la première compagnie étrangère à ouvrir une usine de confection d'équipements de télécommunications en Thaïlande en 1967.
-Dans le royaume, Alcatel est n°1 en matière d'optique, deuxième dans les solutions aux entreprises et troisième dans les solutions sans fil. Ses principaux clients sont les opérateurs TOT, CAT Telecom, TT&T, True Corporation, True Move, AIS, DTAC, mais aussi le ministère de la Défense...
-Directeur général : Benjamin Kharlakian
-Employés : 230 en Thaïlande et 30 au Cambodge
Alcatel-Lucent a été retenue en juillet 2009 par Samart Telcoms, fournisseur de services réseau en Thaïlande et membre du consortium JJS, pour fournir un réseau optique intelligent à TOT Public Company Limited. "Le trafic 3G sera transporté sur ce réseau qui est la plateforme du futur pour TOT", souligne Laurent Perche. Il s'agit du contrat de transmission le plus gros jamais signé en Thaïlande et en Asie du Sud Est, selon Alcatel-Lucent.
http://www.alcatel-lucent.com

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