Nouvelle-Zélande : ce couple de Français a choisi de vivre à bord d'un voilier

Par Lara Saliège | Publié le 14/03/2022 à 23:11 | Mis à jour le 15/06/2022 à 04:14
Tanguy et Nadia en mer

Tanguy, vit en Nouvelle-Zélande depuis un peu plus de 4 ans. Cultivant le rêve de partir en mer depuis l'enfance grâce aux récits de navigateurs et aux vacances en voile avec son père, il a acheté son premier voilier M'chana un Herreshoff 28 à Gulf Harbour, et vit à bord depuis maintenant 3 ans. Lui et sa compagne Nadia, alterne entre terre et mer pendant l'été et l'hiver. Ils nous expliquent leur mode de vie à bord et nous donnent quelques conseils pour ceux qui voudraient faire de même.

Qu'est-ce qui vous a donné envie d'habiter sur un voilier ?

La liberté qu'offre un mode de vie nomade m'a d'abord beaucoup séduit. De plus, il est possible de visiter la plupart des régions du monde par la mer, car notre planète est recouverte à 70 % d'eau. Avoir la chance de pouvoir s'éloigner d'un port et aller explorer des mouillages sauvages où le bruit et le paysage sont différents d'une zone urbaine est vraiment relaxant. La vie à bord est alors dictée par les éléments tels que la force et direction du vent, les marais ou encore le lever et coucher du soleil et permet de recréer des liens avec la nature environnante. Le voyage est aussi l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes et d'enrichir ses connaissances personnelles ainsi que de gagner de la confiance en soi.

 

skipper
Nadia et Tanguy

 

Quels ont été vos voyages jusqu'à présent ?

Nous avons parcouru plusieurs milliers de miles nautiques autour de l'île du Nord puis vers le sud avec une saison dans les Malborough Sounds et un hiver à Nelson. Ma compagne Nadia a rejoint l'équipage depuis 2 ans et nous sommes à présent dans la baie des îles. Nous souhaitons préparer le bateau pour un programme hauturier l'hiver prochain afin de découvrir les îles du pacifiques comme le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie en 2023.

Comment s'organise votre vie sur le bateau?

Durant la saison froide (entre juin et octobre ici), nous travaillons pour financer la caisse de bord, pour cela nous nous amarrons dans une marina où nous pouvons utiliser les commodités et avoir un accès très facile à terre. Cette période est aussi l'occasion d'entreprendre les travaux de rénovation et de maintenance du bateau.

En été nous vivons au mouillage grâce à une ancre accrochée à une chaîne, et nous nous rapprochons de marinas ou de centres-villes seulement pour la lessive et pour approvisionner le bateau, ou en cas de tempête. Nous sommes autonomes en électricité grâce au système de panneaux solaires et batteries, et nos réservoirs d'eau nous permettent une autonomie d'environ un mois tout comme les provisions en nourriture.

 

voilier
Le voilier M'chana un Herreshoff 28 Moturua Island dans la baie des îles.

 

Comment faites-vous pour travailler et voyager en même temps ?

Pour le moment, nous travaillons durant la hors-saison à terre, étant menuisier de profession, il est très facile pour moi de trouver du travail. Nadia quant à elle fait des ménages sur les bateaux hibernés ou travaille en intérim dans l'administration.

Étant jeune, il n'est pas rare que l'on nous propose un emploi dès notre arrivée dans un nouveau port, tel que la maintenance ou la livraison d'un bateau ou encore dans les exploitations agricoles alentour. Il nous a fallu pas moins de 48 heures pour trouver du travail à Whangārei l'hiver dernier. Il est aussi possible de faire un peu d'argent grâce au bateau, il y a par exemple quelques voiliers de charter dans la baie des îles qui proposent des sorties en mer et des cours de voile. Ou encore par le travail en ligne qui s'est popularisé durant la crise sanitaire, tout en bénéficiant de nos jours d'une couverture internet par satellite grandissante et très abordable.

 

intérieur voilier
Intérieur du voilier

 

Quel est le minimum d'expérience ou de connaissance requis pour voyager seul ou à deux à bord d'un voilier ? Y-a-t-il des certifications obligatoires à avoir ?

Il n’y a pas vraiment d’expérience minimum à avoir pour voyager en bateau, et vivre à bord nous permet d’apprendre chaque jour. Beaucoup de plaisanciers ont acheté leurs bateaux "sans" ou "avec peu" d’expérience. Je recommanderais quand même de prendre quelques cours de voile et d’apprendre les manœuvres de bases pour savoir utiliser le matériel tel que le moteur et les voiles ainsi que les règles de sécurités et la législation maritime. Les certifications obligatoires dépendent du pavillon du navire. Pour les voiliers français par exemple, il n’y a pas de certifications n’y de permis obligatoire à avoir. La Nouvelle-Zélande quant à elle impose une inspection minutieuse du bateau (cat 1) avant chaque départ hors des eaux territoriales. Les diplômes servent surtout pour les professionnels (skipper, moniteur de voile...), nous prévoyons de passer le RYA Yachtmaster un jour, car cela offre de bonnes opportunités de travail lors de nos escales.

 

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Tanguy à la barre à l’entrée de Pelorus Sound un des 4 Marlborough sounds au nord de l’île du sud.

 

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui voudraient faire la même chose ?

Le meilleur moyen de se faire une idée plus concrète sur la vie à bord d'un voilier serait de rencontrer des marins et de sortir en mer. La communauté maritime est avide de partage de connaissances et savoir faire, il y a de nombreux sites internet et pages Facebook où des propriétaires recherchent un équipage, avec peu ou pas d'expérience, pour une sortie à la journée ou une traversée océanique.

Chaque marina ou club nautique possède un tableau d'affichage où vous pouvez y laisser une annonce, de plus, vous pourrez y rencontrer des plaisanciers sur les pontons principalement durant le week-end.

 

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Lara Saliège

Expatriée à Auckland depuis 2020, j'ai auparavant habité dans divers pays en Europe et aux États-Unis. Venant du secteur du tourisme, je suis passionnée par la culture et les voyages.
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Nicolas Roger

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