Samedi 25 septembre 2021
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Le monde proteste contre la création d'un film sur les attentats de Christchurch

Par Juliette Sbranna | Publié le 15/06/2021 à 16:51 | Mis à jour le 16/06/2021 à 10:12
Grillage avec de nombreux bouquets de fleur et une affiche "they are us"

Hollywood s'empare des attentats de Christchurch avec le projet « They are us », un film qui sera, écrit et dirigé par le Néo-zélandais Andrew Niccol, avec comme personnage principal Jacinda Ardern jouée par Rose Byrne. Le film suscite déjà de nombreuses polémiques, car l’action se déroule dans les jours qui suivent l’attaque et doit suivre les différentes prises de position de la Première ministre.

Très vite, le hashtag  #TheyAreUsShutdown a fait le tour des réseaux sociaux. Il critique le fait de mettre les musulmans au second plan alors que ce sont les principales victimes. Jacinda Ardern, qui a appris l'existence de ce film très tard, a expliqué qu'elle n'était, en aucun cas, impliquée dans la production et qu'elle ne devrait pas tenir le premier rôle : « Bien qu’il y ait de nombreuses histoires à raconter à un moment donné, je ne considère pas que la mienne en fait partie. Ce sont des histoires communautaires et familiales ».

Une histoire trop blanche qui n'écoute pas les véritables victimes

Les producteurs ont pourtant promis de mettre tout en œuvre pour relater au mieux les événements en questionnant directement toutes personnes liées à l’attaque : victimes, survivants, familles ou témoins. Mais, ce n'est pas tout ; de nombreuses personnes accusent les producteurs de blanchir l'histoire grâce à Jacinda Ardern qui représenterait le sauveur blanc et de tirer profit d’une histoire tragique qui ne leur appartient pas. Un des producteurs, Ayman Jamal, a déclaré qu’ils étaient dévastés par la douleur et les inquiétudes causées par l’annonce de They Are Us : « Cela n’a jamais été notre intention et nous croyons que nous devons apporter des précisions aux familles qui ont perdu des êtres chers ». 

Malgré les explications de l'équipe du film, une des productrices Philippa Campbell s'est excusée pour son implication et a déclaré qu'elle n'avait pas réalisé la douleur que le film causerait. Elle explique : « J'ai écouté les préoccupations soulevées ces derniers jours et j'ai entendu la force des opinions des gens ». Elle a ajouté : « Je suis maintenant convaincue que les événements du 15 mars 2019 sont, pour le moment, beaucoup trop durs pour envisager un film et je ne souhaite pas être impliquée dans un projet qui cause une telle détresse. »

 

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Juliette Sbranna

Rédactrice web @ Le Petit Journal Auckland I Vous souhaitez faire parti de la rédaction ? Écrivez-nous à auckland@lepetitjournal.com
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