Ankara souhaite étendre ses relations vers la péninsule arabique depuis quelques années, ce que redoute son voisin qui aurait intérêt à ce qu’elle soit politiquement isolée.


La coopération croissante entre l'Égypte et la Turquie attire de plus en plus l'attention du gouvernement grec, où les responsables suivent de près des développements qu'ils estiment refléter une transformation plus large dans la diplomatie régionale et un déclin de la communication entre la Grèce et l'Égypte. Les inquiétudes grecques se sont intensifiées après que Le Caire n'a pas informé Athènes d'une récente réunion à quatre, impliquant l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie.
Pour la Grèce, l'attention reste centrée sur la Libye, où la Turquie a passé l'année dernière à exercer une plus grande influence au sein de la famille Haftar, qui commande la région orientale du pays. Mardi, le chef des renseignements turcs Ibrahim Kalin a visité Benghazi, où il a été reçu par Saddam Haftar : commandant adjoint des forces basées sur place, il est largement considéré comme le successeur du maréchal Khalifa Haftar.
Une rencontre centrée sur l’avenir du Moyen-Orient
La réunion non divulguée, qui a également abordé la question de la Libye, est l'un des nombreux développements de l'année écoulée qui suggèrent un déficit de confiance entre Athènes et Le Caire. Les participants ont réitéré le souhait d’une paix retrouvée dans leur entourage régional, et ont évoqué la question du développement nucléaire iranien. Enfin, la Turquie a exprimé son intérêt à rejoindre le pacte défensif entre l’Arabie Saoudite et le Pakistan, ce qui suscite l’inquiétude du côté d’Athènes.
L'un des litiges les plus notables concerne le monastère Sainte-Catherine sur le mont Sinaï : il est apparu en mai dernier après des décisions modifiant le statut du monastère , qui ont empêché le nouvel archevêque Siméon de s’y installer. Parvenir à un compromis n’a pas été facile, et l’autorisation donnée à Siméon n’a été obtenue qu’après plusieurs négociations entre le ministre grec des Affaires étrangères, Georges Gerapetritis, et de son homologue égyptien, Badr Abdelatty.
Des accrochages diplomatiques de plus en plus nombreux
Le manque de notification préalable ne s'est pas limité à l'Égypte. Après la publication par la Grèce de son cadre de planification spatiale maritime le 16 avril 2025, Athènes a par la suite précisé que les limites extérieures des zones maritimes grecques avaient été déclarées avec la mention explicite « en attente de délimitation ». La note diplomatique de l'Égypte en juillet 2025, qui rappelait l'accord partiel de délimitation de la zone économique exclusive signé par la Grèce et l'Égypte en août 2020, a été présentée comme une conséquence d'une coordination insuffisante.
Athènes a également exprimé son inquiétude face à la position de plus en plus amicale du Caire envers Ankara depuis 2024, lorsque le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont commencé à augmenter le fréquences de leurs visites. Monsieur Gerapetritis a parlé deux fois avec Monsieur Abdelatty le mois dernier, officiellement à propos des « enjeux régionaux ». Les conflits régionaux à Gaza, au Liban et dans la région Iran-Golfe Persique ont poussé les gouvernements concernés à réévaluer leurs options diplomatiques.




















