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Marche pour le climat : les lycéens athéniens dans la bataille

Par Fanny VAURY | Publié le 16/03/2019 à 08:30 | Mis à jour le 16/03/2019 à 08:30
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On n'est jamais trop petit pour faire la différence. Prenant au mot Greta Thunberg*, des lycéens athéniens ont organisé à la force du poignet et des réseaux sociaux leur Marche pour le Climat.

La journée est un peu grise, ce vendredi 15 mars, sur la place de Syntagma que bat une légère bruine. C'est sans compter sur la nuée de mains qui s'élèvent dans le ciel, brandissant des pancartes coloriées. À côté de dessins et de montages photo, on y lit, la plupart du temps en anglais : « Le climat change, pourquoi pas nous ? », « Soutenez la planète », « Si la Terre était un enfant, que feriez-vous ? » ou  « Quand je serai grand, je veux être astronaute, médecin, vivant ». Quelle n'est pas notre surprise lorsque nous découvrons que cette marche partagée dans plus de 123 pays est ici organisée par de très jeunes lycéens – beaucoup sont en seconde – dont la conscience écologique est déjà affûtée...

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Rosette et Néphélie, du Lycée Franco-Hellénique, nous en expliquent la genèse : «  On a vu que [la marche] se passait partout dans le monde, et une fille qui s'appelle Eirini, l'a mis sur sa story. Elle a demandé qui voulait l'aider à l'organiser en Grèce. On a pensé que c'était une super idée, d'autant plus qu'il y a beaucoup de gens dans notre école. On a constitué une équipe d'organisation, on a créé un compte Insta, un compte Facebook et un Twitter. Tout s'est fait à partir des réseaux sociaux ; on a contacté des organisations comme Greenpeace et Plasticfreegreece pour nous aider ».

De fil en aiguille, en se répartissant les tâches comme des professionnels de la communication, les jeunes gens font passer le mot. S'ils ne sont pas encore des milliers, comme on aurait pu l'imaginer, à Syntagma, quelques sympathisants commencent néanmoins à se regrouper timidement autour des lycéens. Ces derniers se laissent mitrailler de photos tandis qu'ils encerclent la fontaine de la place en scandant des « Tous ensemble pour l'environnement !».

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Peut-être la Grèce est-elle un cas un peu à part. Pour Néphélie, « le pays met l'accent sur d'autres problèmes qui concernent plutôt le quotidien des personnes. Donc l'environnement n'est pas au cœur des débats politiques ». Ce n'est pas cet homme, assis au pied d'un réverbère à l'angle de la place, et qui tend, lui, un carton sur lequel on lit « Un peu d'aide, s'il vous plaît » en considérant, hébété, les panneaux peints des jeunes manifestants, qui vous dira le contraire. Dans ce pays, après tant d'années de crise qui ont rendu la vie plus âpre, l'écologie semble évidemment un sujet de second plan. Rosette veut malgré tout voir plus loin : « On voulait montrer qu'en Grèce aussi, on s'intéresse à ça, ça ne concerne pas seulement les autres pays (…). Il faut voir le soutien qu'on a reçu de tous les élèves d'autres établissements grecs, qui n'ont pas tous eu la chance d'être sensibilisés, comme nous, dans leur école, à cette cause environnementale... »

Il est midi et demie. Le cortège s'ébranle et emprunte Ermou. Dans cette rue qui incarne par certains aspects les excès de la consommation, une autre Néphélie nous confie ses inquiétudes :

Beaucoup de consommation inutile et de surproduction. Le plastique, par exemple : les couverts, les pailles, tout ça pourrait être réduit. Dans notre école, on a arrêté d'utiliser des gobelets.

Son amie Daphné  surenchérit : « Franchement, ce ne serait pas difficile de fabriquer des pailles en métal, en carton ou en bambou ».  Anthony, élève dans le même lycée, est lui aussi soucieux : « Tout ce plastique, qui détruit la biodiversité, est consommé par les tortues, qui s'étouffent ». Mais de toute façon, pour Rosette, le constat est sans appel : « Si les gens ne s'intéressent pas à la survie des animaux, qu'ils s'intéressent au moins à la leur ».

Ces lycéens, à les écouter, ne semblent pas vouloir donner de leçons. Souvent, ils invoquent des comportements qui tiennent de la responsabilité individuelle. Ils voudraient plus de poubelles, des plages propres, un recyclage mis en pratique... Bien sûr, ils souhaiteraient aussi profiter de meilleurs transports en commun. Ils sont rejoints en cela par Pénélope. Celle qui tient un grand drapeau orange, à l'arrière du cortège, n'est plus au lycée : elle représente à Athènes le parti politique des Verts, l'une des trois organisations extérieures qui se sont jointes aux lycéens. Pour elle aussi, les problèmes majeurs à l'échelle de la ville sont ceux du recyclage et des transports en commun, insuffisants pour desservir centre et périphérie.

À Monastiraki, la manifestation fait une halte. Les passants sont étonnés, des étrangers demandent à se faire traduire les slogans que les lycéens martèlent toujours avec ardeur. Plus loin, les militaires curieusement déployés en assez grand nombre sur l'avenue d'Athinas, observent le cortège : vraisemblablement, ils pourront rentrer tôt chez eux ; l'heure n'est pas aux heurts et le citoyen est bien tendre.

La Marche pour le Climat des lycéens, ce vendredi 15 mars 2019, n'aura peut-être pas fait déplacer des foules. Elle aura toutefois permis aux observateurs de découvrir une jeunesse combative, ingénieuse, qui n'utilise pas ses stories uniquement comme un miroir. Ou alors, comme un miroir tendu, qui sait réfléchir...

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* Discours de la jeune activiste suédoise de 15 ans, Greta Thunberg :

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Fanny VAURY

Fanny VAURY a vécu à Paris, Metz et Lyon avant de voyager en Amérique du sud. Webdesigner, dès son retour, elle partage son temps entre l’écriture et son métier. En 2018, elle s’installe à Athènes, ville qu’elle aime depuis toujours.
1 Commentaire (s)Réagir
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BOLT123 sam 16/03/2019 - 08:46

Voilà un discours puissant et sans concession qu'il faut tenir autour de nous!

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