S’inscrivant dans la mouvance européenne, la Grèce devrait prendre des restrictions concernant l’utilisation des réseaux sociaux chez les jeunes d’ici quelques semaines.


Une restriction justifiée par le premier ministre
Un projet de loi sera présenté d’ici avril visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Le premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, en proposant cela, souhaite non seulement lutter contre l’influence de la désinformation, mais aussi prévenir contre toute addiction aux réseaux sociaux. S’équipant d’arguments moraux, notamment en évoquant les problèmes de santé mental chez les jeunes générations, ou les armer le mieux possible pour leur futur, Mitsotakis s’attire les foudres des entreprises américaines. Mais face aux risques liés à une modération insuffisante des plateformes, qui expose les adolescents à des contenus violents, l’interdiction des réseaux sociaux s’érige bel et bien comme un enjeu de santé publique.
La décision intervient au milieu d’un débat international plus large sur l’impact des médias sociaux sur les enfants. D’autres États membre de l’Union européenne, comme la France et le Portugal, ont déjà appliqué cette interdiction, tandis que l’Espagne envisage de prendre des mesures.
Quelle place ont les réseaux sociaux chez les jeunes ?
Il est indéniable, les réseaux sociaux ont une place de plus en plus pondérant dans notre vie, et d’autant plus dans celle des nouvelles générations, qui naissent et grandissent avec. De ce fait, apparaissant comme une nouvelle source d’information, ces réseaux sociaux remplacement les médias traditionnels comme la télévision, la radio, et les journaux papier. Selon une enquête menée par Eurobaromètre en juin 2025, 56% utilisent les plateformes numériques pour s’informer de l’actualité.
Néanmoins, face à une plus grande méfiance des médias traditionnelles, jugés « biaisés » par certains, les réseaux sociaux se sont démarqués par une information plus directe, plus brute, ce qui a conquis de nombreux utilisateurs. Ils se sont bâtis comme une source sans intermédiaire, mais avec son lot de désinformation. Pour cette raison, ce projet de loi est critiqué, notamment chez les jeunes, et ce dans les pays où la loi a été ou sera adoptée. Certains insistent alors sur l’importance de l’éducation au numérique et sur l’apprentissage progressif de l’autorégulation plutôt qu'une interdiction.
Ainsi, l’interdiction des réseaux sociaux fait débat. La question sera donc d’observer comment cette loi sera appliquée, avec quoi elle sera accompagnée et si elle règlera les problèmes de santé publique auxquelles ils sont liés.


























