Conclus entre le Centre hellénique d’innovation de la défense, des centres de recherche et des entreprises privées, ces accords s’inscrivent dans la stratégie d’Athènes visant à bâtir une filière nationale de technologies militaires et à renforcer l’autonomie stratégique du pays.


Modernisation de la défense : les drones au cœur des nouveaux contrats
Les contrats récemment signés par le ministère grec de la Défense portent sur le développement de systèmes militaires sans pilote et visent à renforcer à la fois les capacités opérationnelles de l’armée et l’industrie nationale. Le premier contrat, conclu avec le Centre de recherche, développement technologique et innovation du ministère, concerne la production de drones dits « kamikazes », c'est-à-dire conçus pour frapper des cibles avec précision avant d’être détruits. Trois autres contrats ont été signés avec des entreprises privées grecques pour le développement de drones de combat sans pilote capables d’effectuer des missions de surveillance, de reconnaissance et de frappe autonome. Plus qu’un simple achat d’armes, ces contrats s’inscrivent dans un programme stratégique visant à créer une filière nationale de drones militaires.
Les drones, nouvel axe de la stratégie militaire grecque
Les drones ont démontré leur capacité à mener des frappes et à rivaliser avec des systèmes d’armes plus coûteux, d’où une utilisation quasi systématique dans nos conflits contemporains, celui Moyen-Orient y compris. De ce fait, depuis quelques années, Athènes cherche à développer une filière nationale de drones. Le pays a notamment converti des installations militaires, comme l’usine de télécommunications de l’armée à Acharnes, en site de production capable de fabriquer plus de 1 000 drones par an, et prévoit également la construction d’une nouvelle usine à Xanthi pour renforcer ces capacités industrielles.
La montée en puissance de la filière grecque des drones repose sur un écosystème industriel mêlant grands groupes de défense et entreprises technologiques émergentes. L’entreprise publique Hellenic Aerospace Industry joue un rôle central avec plusieurs programmes de drones et de systèmes anti-drones, tandis que le groupe Intracom Defense développe notamment des munitions rôdeuses comme le drone kamikaze Attalus. D’autres acteurs plus spécialisés participent également à cette dynamique, comme Altus LSA ou la start-up Velos Rotors, active dans les drones hélicoptères polyvalents. Ensemble, ces entreprises constituent le socle d’une industrie nationale que les nouveaux contrats militaires doivent soutenir, avec l’objectif de renforcer l’autonomie technologique de la Grèce et de développer à terme une capacité d’exportation dans un marché mondial en forte croissance. Elle explore par exemple une coopération avec l’Inde dans les domaines de l’intelligence artificielle, des drones et des technologies de défense, afin de renforcer les capacités de recherche et de production du pays.
En soutenant son industrie locale et en multipliant les partenariats technologiques, la Grèce espère ainsi se positionner dans un marché mondial des drones en pleine expansion, tout en modernisant ses capacités militaires dans un contexte régional marqué par de fortes tensions.
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