Édition internationale

Grèce : Athènes entre prudence diplomatique et contestation populaire

La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis ne suscite pas seulement des réactions internationales, mais aussi un débat profond en Grèce. Manifestations de rue, critiques de l’opposition et position prudente du gouvernement illustrent ces fractures.

Un regroupement de personnes devant un bâtimentUn regroupement de personnes devant un bâtiment
Écrit par Rémi Barjolle
Publié le 5 janvier 2026

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues du centre d’Athènes, samedi soir, pour protester contre l’attaque menée par les États-Unis au Venezuela qui a conduit à la capture de son président, Nicolas Maduro. La manifestation avait été organisée par le Socialist Workers Party et plusieurs collectifs sociaux.

L'intervention américaine dénoncée comme une agression impérialiste

Les manifestants se sont rassemblés en fin d’après-midi, brandissant des banderoles appelant à la solidarité avec le peuple vénézuélien et dénonçant l’intervention militaire américaine comme une agression impérialiste. Beaucoup portaient aussi des drapeaux rouges et des symboles de mouvements de gauche.

Le cortège s’est dirigé vers l’ambassade des États-Unis à Athènes, où une partie des manifestants a brûlé un drapeau américain en signe de protestation. Des slogans ont retenti, critiquant la politique étrangère des États-Unis et accusant Washington de violer le droit international.

Cette action remet en cause les normes du droit international

Un participant de 36 ans, Haris, a déclaré au média « NEWS 5 » que beaucoup étaient présents pour s’opposer à cette opération militaire. Pour lui, cette action remet en cause les normes du droit international et menace la paix mondiale.

Après avoir stationné devant l’ambassade, la foule a continué à marcher à travers les rues avoisinantes, certains portant les drapeaux du Parti communiste grec. L’atmosphère est restée vive mais la dispersion s’est déroulée sans heurts majeurs en fin de soirée.

La réaction du gouvernement à provoqué de fortes tensions internes

Sur le plan politique, la réaction du gouvernement grec a provoqué de fortes tensions internes. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a qualifié le régime de Nicolás Maduro de « brutal et autoritaire », sans pour autant condamner clairement l’intervention militaire américaine.

La Grèce affirme suivre la situation de près, en coordination avec l’Union européenne et ses partenaires internationaux. Les autorités disent également vouloir garantir la sécurité des ressortissants grecs présents au Venezuela.

Cette position prudente a été vivement critiquée par l’opposition. Pour de nombreux responsables politiques, le silence du gouvernement sur la légalité de l’opération américaine revient à un alignement implicite avec Washington.

Une logique de puissance et de contrôle stratégique

Alexis Tsipras, ancien Premier ministre et figure de la gauche, a dénoncé une violation flagrante du droit international. Il accuse le gouvernement de ne pas défendre les principes du multilatéralisme et de la souveraineté des États.

Selon lui, cette intervention américaine s’inscrit avant tout dans une logique de puissance et de contrôle stratégique. Il estime qu’un tel précédent menace l’équilibre international et affaiblit les règles du droit international.

D’autres partis de gauche ont également critiqué la position officielle. Ils pointent une contradiction entre les valeurs défendues par la Grèce sur la scène internationale et son absence de condamnation claire de l’attaque.

Au-delà du Venezuela, cet épisode relance un débat plus large en Grèce. Il interroge la place du pays entre fidélité aux alliances occidentales et défense d’une diplomatie fondée sur le droit international.

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