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ÉCOLE FRANCAISE D'ATHENES - Portes ouvertes aux collégiens du Lycée Franco-Hellénique

Écrit par Lepetitjournal Athènes
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 27 mars 2014

Épigraphiste, topographe, restaurateur, archiviste et bibliothécaire, autant que les 5 ème latinistes du LFH ont pu découvrir en visitant l'EFA. Entourés de professionnels de l'Ecole, ils ont pu appréhendé les multiples facettes de l'archéologie

À une rue de l'Institut français, se trouve l'École française d'Athènes. Assez discrète derrière ses grands murs, on devinerait à peine qu'au c?ur d'un jardin et de somptueux bâtiments se cache le plus vieil institut d'archéologie de France à l'étranger (depuis 1846). C'est dans le « musée des moulages »transformé en salle de conférence provisoire, que Julien Fournier, directeur des études section antique et byzantine, présente l'École et ses travaux aux élèves. 

Un mois de fouilles, 10 mois en bibliothèque !
« L'École a été fondée pour promouvoir et développer l'étude des civilisations grecques par des scientifiques français » introduit Julien Fournier qui qualifie l'École « d'établissement pionnier. » Il retrace les premières fouilles de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, à Délos, Delphes, Argos, ou encore Thasos. L'École mène des fouilles sur le territoire grec, mais aussi à Chypre et en Albanie. Des étudiants chercheurs sont accueillis chaque printemps, chaque été sur les sites.  « Cela ressemble à des lieux de vacances car il y a la mer et le soleil mais, en réalité, on travaille » plaisante Julien Fournier. Chaque année, 200 à 300 personnes ?uvrent sur ces sites. « Les étudiants bénévoles creusent et font les relevés, les dessins, les mesures de ce qui est trouvé et lavent les tessons de céramique » détaille Julien Fournier. « On a également besoin de topographes pour dresser les plans, d'architectes pour proposer des restitutions en 3D de ce à quoi ressemblaient le bâtiments dans l'antiquité, ainsi que de restaurateurs qui permettent aux objets désenfouis de terre de ne pas se dégrader » poursuit avec passion, Julien Fournier. « Mais» conclut-il « la base du travail se passe en bibliothèque. Pour un mois de fouille, on passe dix mois à lire. »

Les ateliers dédiés aux enfants

La Bibliothèque
Autour d'une table de la superbe bibliothèque sur 3 étages de l'école, une quinzaine d'élèves contemplent un ouvrage du XVIe siècle. Katie Brzustowski-Vaïsse, la conservatrice de la bibliothèque, leur conte  les balbutiements de l'imprimerie. Puis, elle présente un ouvrage de Sébastien Cramoisy, un célèbre libraire-imprimeur parisien, conservé dans sa boîte sur mesure. Les élèves sont comme happés par ces vieilles pages que la bibliothécaire tourne soigneusement dans un silence de bibliothèque. Pendant le va et vient des groupes d'élèves dans les ateliers, Nolwenn Grémillet,  responsable communication de l'EFA et notre guide du jour, signale qu' « il y a également tout un fond électronique de disponible.»

 

Épigraphie


Sylvain Perrot est spécialiste de l'histoire et de l'archéologie de la musique. Au mur, un bloc de marbre présente des inscriptions illisibles, et pourtant précieuses. L'épigraphiste montre aux élèves la technique de l'estampage qui consiste à appliquer un papier spécifique sur la pierre avec de l'eau pulvérisée. À l'aide d'une brosse, il tape pour que les inscriptions
 apparaissent en relief
sur le papier. Après il laisse sécher et annonce que « chaque groupe viendra chercher son estampage. » Pour savoir déchiffrer les écritures, imprimées à l'envers sur le papier, il faut des années d'études et de recherches.

Restauration
Sur la table, autour de laquelle sont assis les élèves, une collection de pots de céramiques trône. « Tout objet et toute situation dans la vie laisse des traces. La restauration est là pour mettre cela en évidence » introduit Aristophanis Konstantatos, le restaurateur de l'École. Il continue en racontant une histoire aux élèves « Imaginez, que la terre se mette à trembler, tout va commencer à bouger autour de nous. On va sortir alors dehors. Le toit casse, le bâtiment est détruit et  une nouvelle École française sera reconstruite ailleurs. Dans 500 ans, les archéologues vont retrouver nos traces : ils verront de la céramique cassée, vos sacs d'école, vos montres, vos téléphones.  Ils vont découvrir la « couche de destruction ». Grâce à ma montre, par exemple, ils pourront dater l'époque. » Une fois les élèves mis en condition, il les invite à « devenir les petits restaurateurs de l'École. » La consigne est claire : « vous êtes

en fouille et vous devez reconstituer ces pots de céramique. » Aristophanis casse les pots à l'aide d'un marteau et distribue les débris en prenant soin d'enlever des morceaux. « Pourquoi vous enlevez des petits bouts ?» l'interpelle un élève. « Parce que, moi, en fouille je n'ai jamais trouvé tous les morceaux, il y a toujours des pièces manquantes » rétorque le restaurateur.

Topographie
« C'est compris les histoires d'échelle? » demande le topographe Lionel Fadin. C'est le moment pour les élèves de faire un peu de mathématiques. Dans le jardin, à côté du parterre central, il montre aux élèves comment déchiffrer des cartes IGN. En feuilletant les grandes cartes posées sur la table qu'entourent les élèves, Lionel leur montre les différences de perception d'un site selon l'échelle de la carte qui le représente. « Là on a du 25 millièmes et on passe à du 50 millièmes, du coup on ne voit plus les mêmes détails ». Place ensuite à la mise en situation avec la découverte de l'utilisation  du tachéomètre, mesurant sur le terrain, les angles et les distances.

Archives
« Les archives englobent différentes époques » précise Anne Rohfritsch, l'archiviste de l'École. La première archive date, en effet, de 1846 et la dernière de 2013. « Il existe également différents supports : papiers, photographies, cassette vhs, dvd » décrit-elle. « Les archives des archéologues nous racontent toutes une histoire et permettent de ne pas perdre la mémoire de ce qui a été réalisé sur les différents sites » définit Anne, tout en montrant aux élèves une image illustrant un archéologue en train de faire la sieste. Voici une archive qui donne « des informations sur la tenue des archéologues au XIXe siècle » analyse-t-elle. « Le métier d'archiviste se résume en 5 C » poursuit-elle : « conseiller, collecter, classer, conserver et communiquer. » Un élève lance, entre deux, « 

copier/coller ?» Ce qui fait bien rire tout le groupe et Anne également. 

Un rendez-vous annuel important
Pour Josiane Charantoni, professeur de lettres classiques au lycée franco-hellénique Eugène Delacroix, ce rendez-vous initié depuis dix ans est important pour les élèves. Après la visite, avec sa collègue Claudette Moroni, elles demandent aux élèves de préparer des exposés relatifs à cette visite. « Souvent ils ont une idée stéréotypée du métier d'archéologue avec sa petite pelle. Cette visite donne des idées à certains élèves pour choisir un métier plus tard. Par exemple, le topographe plait beaucoup aux garçons » dit, enthousiaste, la professeur. 

« On pense souvent à Indiana Jones » ironise Nolwenn Grémillet « mais les métiers de l'archéologie ne sont pas toujours faciles, notamment en raison des conditions climatiques  » poursuit-elle.  En somme les activités de l'EFA sont réservés aux aventuriers éclairés aux services d'une mémoire enfouie.
Klervi Drouglazet (www.lepetitjournal.com/athenes) Vendredi 28 mars 2014

lepetitjournal.com Athènes
Publié le 27 mars 2014, mis à jour le 27 mars 2014
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