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RENCONTRE AVEC MIKAEL HAUTCHAMP - Directeur de l'Institut Français d'Athènes

Par Lepetitjournal Athènes | Publié le 05/06/2017 à 22:00 | Mis à jour le 06/06/2017 à 08:08

Mikaël Hautchamp est directeur de l'Institut Français d'Athènes. Depuis bientôt deux ans, cet amoureux de poésie est un des principaux rouages de la lune de miel franco-grecque. Le petitjournal.com/athènes est parti à sa rencontre. 

Mikaël Hautchamp, racontez-nous votre parcours, avant l'Institut Français d'Athènes.

Je suis d'origine bretonne. J'ai fait les classes préparatoires littéraires Hypocâgne et Khâgne, à Paris. J'ai ensuite étudié à l'Institut d'études politiques. Pour finir, j'ai fait l'École Nationale d'Administration. À ma sortie de l'ENA, j'ai travaillé au sein de l'Inspection Générale des affaires sociales, un corps d'inspection interministériel.

Puis, finalement, je me suis destiné au monde de la culture et aux établissements culturels. Pendant sept ans, j'ai été administrateur du château de Versailles. Une expérience fascinante, au sein d'un site classé au patrimoine mondial de l'Unesco. J'ai aussi été directeur adjoint de la Bibliothèque Nationale de France. C'est le plus gros établissement culturel du pays, en terme de moyens. Aujourd'hui, je suis directeur de l'Institut Français d'Athènes.

Comment devient-t-on directeur de l'Institut Français ?

Le monde de la culture est organisé par une administration. Beaucoup de fonctionnaires en ont la gestion, c'est un secteur d'exercice important de notre fonction.

L'institut Français est un établissement qui dépend du ministère des Affaires Étrangères. Nous exerçons sous l'ombrelle de l'ambassade de France. J'ai été recruté par une procédure classique pour les fonctionnaires, par le Quai d'Orsay. Sur le site internet du ministère, des appels à candidature sont publiés. On se présente avec notre dossier et on passe des entretiens. Avec mon expérience de gestion de gros établissements culturels, j'ai eu la chance d'être nommé ici. Ma femme est Premier conseiller de l'ambassadeur français. Nous avons été recrutés en même temps, c'était notre condition, car nous avons quatre enfants.

Il existe une solide relation franco-grecque. Et vous, quelle est votre relation avec ce pays ?

J'ai choisi l'Institut Français de Grèce car il est connu mondialement, par ceux qui s'intéressent aux réseaux culturels à l'étranger. C'est un des plus beaux. Le plus vieux au monde, il existe depuis 1907. Il profite d'un contexte d'amitié franco-grecque très ancienne, d'une proximité et de relations culturelles très fortes. Son identité, son histoire et son contexte relationnel m'ont poussé à choisir cet institut, parmi les possibilités.

La qualité de la relation humaine que nous pouvons partager avec les Grecs est exceptionnelle. Les gens son chaleureux, ouverts, cultivés. Ils parlent plusieurs langues. Cette capacité à entrer dans une relation de manière informelle me plaît énormément. Je fonctionne également de cette manière. Nous pouvons monter des projets et des partenariats de façon simple, les premiers contacts sont aisés. J'ai longtemps vécu à Versailles et à Paris. Ici, nous sommes loin de ce formalisme, de ces relations parfois tendues. Le climat humain est apaisé, on a l'impression de vivre en province.

« Le français doit rester la deuxième langue étudiée en Grèce »

Concrètement, quel rôle joue l'Institut Français ?

L'Institut français est un des leviers les plus importants de la coopération franco-grecque. Nous avons un spectre d'activités très large : la culture, l'éducation, l'universitaire, le sport, l'innovation. Nous sommes à disposition des Grecs, pour leur apporter des pratiques françaises dont ils pourraient avoir besoin. Mais aussi, dans l'autre sens, profiter de leurs bonnes pratiques.

Nous mettons en place tout un programme de manifestations dans différents secteurs : le cinéma, des conférences autour du débat d'idées et de l'éducation, des rencontres autour des livres, des concerts. L'Institut Français est une vitrine de la France en Grèce, pour montrer ce que le pays fait de mieux dans différents secteurs. Afin que les Grecs aient une image actuelle et contemporaine de la France, de sa richesse et de ses valeurs, loin des clichés anciens. Nous sommes un pays d'innovation. Nous faisons partie de ceux qui ont le plus de start-up au monde. Notre littérature s'exporte, notre musique également, notamment le rap. Tout ceci doit être connu en Grèce.

Parallèlement, nous essayons de soutenir de jeunes artistes grecs. La littérature grecque en France aussi, nos maisons d'édition publient des ?uvres grecques. On essaie de valoriser leur culture.

Nous promouvons le français, en tant que langue. Nous menons cette action, au titre de la francophonie. Le français doit rester la deuxième langue étudiée en Grèce. Plus de 300 000 élèves grecs l'étudient, ce qui représente 52% d'entre eux. On se bat pour que cela continue, pour faire en sorte qu'il y ait toujours plus d'élèves qui apprennent le français, avec une coopération éducative et culturelle. L'institut Français donne des cours. On fait passer des examens : 25 000 Grecs ont participé. Les Grecs partagent le goût pour les langues, et pour le français en particulier. Nous organisons le festival du Film Francophone, avec nos partenaires francophones : la Belgique, la Suisse, le Maghreb, le Liban, le Canada.

Justement, quels sont les évènements actuels ou à venir ?

Depuis le mois de mai, il y a une exposition de photos prises par Pierre Bourdieu, en Algérie. Il va y avoir l'ouverture du cinéma en plein air en juin, que les Grecs apprécient beaucoup. Les séances auront lieu dans la cour de l'École française d'Athènes, c'est un partenariat. Nous avons réalisé un test l'an dernier, en programmant une séance, "Le Mépris", de Jean-Luc Godard. Un succès phénoménal. Nous avons également monté un ciné-club, qui fonctionne bien. Nous projetons des films français, anciens ou récents, sous-titrés en grec. Bien sûr, il y a le festival du Film Francophone.

Pour la Fête de la musique, un très beau concert réunira en duo le chanteur français Cyril Mokaiesh et un des meilleurs pianistes de jazz, l'Italien Giovanni Mirabassi. Le spectacle aura lieu à l'auditorium, le 22 juin.

Il y a également un cycle "Jeunesse innovante", pour mettre en valeur des start-up grecques et françaises. Nous faisons participer de trois à cinq start-up grecques, et trois à cinq start-up françaises. Elles dialoguent sur un sujet. La dernière fois, c'était sur l'agriculture urbaine. Ces soirées sont financées par la fondation Niarchos. Nous essayons de mettre en avant ce qui se fait de mieux. De permettre la rencontre, la coopération et l'échange de bonne pratiques. Ces évènements se terminent dans la cour, avec un peu de musique, autour d'un verre. Le but est de créer un réseau franco-grec sur les questions d'innovation.

« La poésie, c'est ce qui m'intéresse le plus au monde »

Vous êtes poète, vos recueils ont été publiés. Parlez-nous de votre amour pour la poésie. Un poète à conseiller à nos lecteurs ?

J'écris depuis que je suis petit. La poésie, c'est ce qui m'intéresse le plus au monde. Depuis très longtemps, j'écris tous les jours. Quand je passe une journée sans écrire, il me manque quelque chose. J'en ai besoin. La poésie ne prend pas forcément beaucoup de temps, tout dépend de ce que j'ai envie d'écrire.

Je publie peu, mes livres se construisent lentement, dans la durée. Ce sont des livres qui contiennent en fait un seul texte, qui prend la forme de poèmes. Tout part d'une vision, d'une idée, d'une envie.

Il y a un poète merveilleux, que j'aime beaucoup. C'est Alain Andreucci, sa production est magnifique, notamment le livre "À seul".

Êtes-vous installé en Grèce pour longtemps ?

Je suis là pour 4 ans, jusqu'en 2019. C'est fixe, l'avantage d'être fonctionnaire. Mais on ne peut pas renouveler le contrat, même si j'aurais souhaité rester en Grèce bien plus longtemps.

Infos :

Adresse : Institut Français ? 31 rue Sina ? 106 80 Athènes

Tél : ( 0030) 210 33 98 600

Mail ifa@ifa.gr

Site www.ifa.gr

Horaires d'ouverture :

Du lundi au vendredi : de 9h à 20h ? Le samedi : de 9h à 14h

C.B.

(www.lepetitjournal.com/Athenes) mardi 6 juin 2017

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