Le cinéma français à l’honneur au 23ème Festival Européen de Séville
Pendant neuf jours, Séville va vivre au rythme du cinéma européen. Du 6 au 14 novembre, le Festival de cinéma européen revient pour sa 23e édition avec 190 films programmés dans plusieurs lieux emblématiques de la ville. Cette année, la France sera notamment à l'honneur dès l'ouverture avec Viva Carmen, un film d'animation du réalisateur Sébastien Laudenbach. Entre productions internationales, créations andalouses et rencontres cinématographiques, le festival entend faire de la capitale andalouse un lieu de rencontre pour le septième art.


La France représentée avec « Viva Carmen », une ouverture symbolique
La présence française constitue l’un des fils conducteurs de cette édition. Le choix de Viva Carmen, réalisé par Sébastien Laudenbach, pour ouvrir le festival n’est pas anodin. Ce film d’animation de 90 minutes revisite l’opéra de Georges Bizet, en transposant son histoire dans le Séville de 1845.
Le récit suit Salvador, un jeune apprenti aiguiseur de couteaux qui rencontre Carmen, une jeune femme gitane à l’esprit indépendant. Lorsqu’un présage annonce un destin tragique à la jeune femme, il décide de réunir une bande d’enfants des rues pour tenter de la protéger. Le film propose ainsi une nouvelle lecture d’un personnage profondément associé à l’imaginaire de la capitale andalouse. Présenté en version originale française avec des sous-titres espagnols, il permet également au public local de découvrir une création française dans sa langue d’origine.
D’autres réalisateurs français figurent dans la programmation. C’est notamment le cas d’Arthur Harari avec La Desconocida mais également de Rudi Rosenberg avec Palabras de Amor, une comédie dramatique . Enfin, All About Corinne, coproduction franco-belge réalisée par Marc Fitouss, figure dans la sélection de la European Film Academy.
Thierry Frémaux distingué pour sa carrière
Autre personnalité française mise à l’honneur cette année : Thierry Frémaux, directeur du Festival de Cannes et de l’Institut Lumière de Lyon, recevra le Giraldillo de Honor. Une distinction qui récompense son engagement en faveur du cinéma européen, ainsi que son travail de préservation et de valorisation du patrimoine cinématographique.
À la tête du Festival de Cannes depuis 2007, après avoir été nommé délégué artistique en 2000, il est devenu l’une des personnalités les plus influentes du cinéma international. Son parcours à l’Institut Lumière, consacré notamment à la restauration et à la diffusion des films des frères Lumière, témoigne également de son attachement à l’histoire du septième art.
Des projections présentées dans plusieurs lieux de Séville
Pour permettre au plus grand nombre de découvrir cette programmation, le festival maintient une politique tarifaire accessible. Une place individuelle coûte 3,50 euros, tandis que les événements spéciaux sont proposés à 6 euros. Plusieurs formules d’abonnement sont également disponibles, avec des tarifs compris entre 18 et 28 euros selon les options choisies.

Les projections se répartissent dans différents espaces culturels et cinématographiques de Séville, notamment le Cartuja Center CITE, le mk2 CineSur Nervión Plaza, le Teatro Alameda, l’Espacio Turina, le CICUS ou encore le CaixaForum. Une diversité de lieux qui permet de toucher différents publics et de faire vivre le festival au-delà des salles traditionnellement consacrées au cinéma.
Les spectateurs peuvent retrouver les films dans leurs versions originales, avec des sous-titres. Un point particulièrement intéressant pour les francophones souhaitant découvrir des productions françaises sans doublage, mais aussi pour les Sévillans désireux de se familiariser avec d’autres langues et cultures européennes.
Trois affiches qui montrent la grandeur du cinéma européen
L’affiche a su transposer de grands titres du cinéma dans la tradition sévillane des affiches des Fêtes de printemps.

La première, présentée en juin, s’était tournée vers la Nouvelle Vague pour rendre hommage à À bout de souffle (1960), de Jean-Luc Godard. L’artiste Ágreda a toutefois réinterprété la célèbre scène où Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg se promènent sur les Champs-Élysées tandis qu’elle vend le New York Herald Tribune. Ici, le couple troque Paris contre la passerelle des Setas, avec la Giralda qui se profile en arrière-plan, et conserve la pose presque intacte : lui, les mains dans les poches ; elle, avec son petit sac blanc et le journal sous le bras.
Mais tous deux se sont mis sur leur trente-et-un pour l’occasion. Belmondo, qui dans le film se glisse dans la peau d’Humphrey Bogart, troque son chapeau contre un chapeau de Cordoue, tandis que Seberg remplace le t-shirt du journal par un haut rayé qu’elle portait déjà dans une autre scène, et se pare d’un œillet rouge dans les cheveux.

Seulement, sur l’affiche, l’actrice n’apparaît plus, et sa place est occupée par la Giralda, qui hérite de sa robe rouge à fleurs transformée en costume de flamenco, volants compris.
Pour la dernière œuvre, Ágreda s’est inspiré de « Metropolis », le chef-d’œuvre de Fritz Lang qui fêtera ses cent ans le 10 janvier prochain (il est sorti à Berlin en 1927), et l’a croisé avec l’affiche que Juan Dapena Parrilla a peinte en 1930 pour annoncer la Semaine Sainte et la Feria d’une Séville. Dapena avait représenté deux danseuses de flamenco, l’une en orange et l’autre en rose, dansant en miroir, les bras levés, avec la Giralda entre elles.

Águeda remplace les danseuses par les deux visages de María, le personnage auquel Brigitte Helm a donné vie lors de ses débuts au cinéma. À gauche, dans des tons cuivrés, danse le robot métallique. À droite, la fausse María, le robot qui rend fous les riches de la ville avec sa danse au club Yoshiwara. Entre elles se profilent la Giralda, la cathédrale et les Setas, et au-dessus, des branches qui rappellent celles de l’affiche originale, le tout dans un style Art déco.
Solidarité avec la tragédie ferroviaire de Urda
En signe de respect et de solidarité envers les victimes de l'accident ferroviaire survenu à Urda (Tolède), leurs proches et toutes les personnes touchées, le Festival de Séville annonce la suspension de la cérémonie d'ouverture de sa 23e édition, prévue ce vendredi 6 novembre au Cartuja Center CITE.
Le reste de la programmation du Festival, qui se déroulera du 6 au 14 novembre, se déroulera comme prévu, tant pour les projections cinématographiques que pour les activités parallèles et les rencontres professionnelles.
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Publication de SAMI LAHMAM
Informations pratiques6nov.14nov.
Du 6 nov. à 16:59
Jusqu'au 14 nov. à 23:00
Adresse
Calle Torneo 18
Sevilla
41002 Sevilla






