

C'est un tableau sombre que dresse l'assureur crédit Coface de l'Algérie confrontée, il est vrai, à une situation économique difficile depuis la chute des prix du pétrole.
L'Algérie est désormais très surveillée par l'assureur crédit Coface. Elle fait partie d'une nouvelle liste de pays à haut risque économique, dressée par l'agence française. Après la Russie, le Brésil et la Turquie ces six derniers mois, la Coface place sous surveillance négative une nouvelle série de pays émergents, parmi lesquels l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Gabon et la Tanzanie. «Beaucoup de pays subissent de plein fouet la baisse des prix du pétrole», explique la Coface dans un document publié sur son site, précisant qu'il abaisse en conséquence sa prévision de croissance pour l'ensemble des économies émergentes à 4% en 2015 contre 4,2% précédemment.
Dans la partie consacrée à l'Algérie, dont la note A4 n'est pas encore abaissée, la Coface note notamment un ralentissement de la croissance en raison de la faiblesse du prix des hydrocarbures. «La croissance algérienne devrait connaitre un net ralentissement en 2015. La baisse des cours des hydrocarbures au second semestre 2014 affecte directement l'économie du pays dont le secteur de l'énergie représente plus de 36 % du PIB et assure 97 % des exportations. Après avoir renouer avec une croissance positive en 2014, l'activité du secteur des hydrocarbures devrait se contracter en 2015», précise-t-on dans le même document.
Selon la même source, les exportations en pétrole et en gaz ont fortement diminué. «Elles enregistrent une baisse de 23,7 % au quatrième trimestre 2014. Malgré une légère remontée des prix du pétrole depuis février 2015, la contraction des exportations devrait se poursuivre l'année en 2015. L'économie hors hydrocarbure devrait également subir le contre coups lié à la baisse des cours à cause d'un ralentissement des investissements publics», ajoute la Coface, précisant que la consommation des ménages devrait néanmoins rester soutenue en partie grâce à la réforme du crédit à la consommation pour les produits algériens et demeurera l'un des principaux leviers de croissance.
En revanche, la situation budgétaire du pays reste difficile. Le déficit public devrait, selon la même source, s'aggraver en 2015 sous l'effet conjugué d'un maintien des dépenses budgétaires sur le premier semestre 2015 et d'une contraction des recettes estimée à 10 % en 2015. Relevant que la dette publique algérienne reste faible et soutenable, la Coface estime, toutefois, que les comptes extérieurs devraient également souffrir de la baisse des recettes d'exportations doublement pénalisées par la baisse du prix des hydrocarbures et par la diminution des quantités exportées.
Amar Chaabane (www.lepeptitjournal.com/alger) samedi 20 juin 2015





