C'est dans son Cherchell natale que la grande écrivaine Assia Djebar a été enterrée aujourd'hui aux côtés de son père.
Décédée vendredi dernier dans un hôpital parisien, l'écrivaine, cinéaste et membre de l'académie française, Assia Djebar a été inhumée, aujourd'hui 13 février, au vieux cimetière de Cherchell. Grande dame et sommité littéraire, Fatma-Zohra Imalhayène, vrai nom de l'écrivaine, a eu droit à tous les hommages et à des funérailles à sa hauteur. En effet, c'est sous un ciel pluvieux qu'une foule constituée de proches, d'amis, de lecteurs, d'officiels et d'anonymes, l'a accompagné à sa dernière demeure pour se reposer aux côté de son père, décédé en 1995.
L'enterrement a eu lieu également en présence de sa fille, son petit-fils, sa sœur et d'autre membres de sa famille. Parmi les présents, il y avait aussi le ministre de la Communication Hamid Grine, le président du Conseil supérieur de la langue arabe Azzedine Mihoubi, le wali de Tipaza et l'ancien chef du gouvernement Ali Benflis.
Pensant que l'enterrement allait avoir lieu après la prière du vendredi, de nombreuses personnes sont arrivées en retard aux vieux cimetières de Cherchell. Mais ils ont tenu, quand même, à lui rendre un dernier hommage. Il faut dire que l'ancienne rédactrice en chef d'El Moudjahid n'est pas partie dans l'anonymat.
Rapatrié jeudi dernier, le corps de la défunte a été transféré vers le palais de la culture pour permettre à de nombreuses personnalités, responsables d'associations féministes et des officiels de voir l'écrivaine qui a longtemps vécu en France. Si pour les anciennes générations et les férus de la littérature Assia Djebar n'est pas «une étrangère», ce n'est pas le cas pour de larges franges de la société algérienne. Frappée d'ostracisme, comme beaucoup d'écrivains algériens d'expression française exclus des programmes scolaires, l'auteur du Blanc d'Algérie reste, en effet, méconnu même dans sa ville natale.
«Dans sa ville de naissance, les gens ne la connaissaient pas parce qu'elle a très peu vécu ici. Ils la découvrent», estime un des amis de la défunte. Outre que par ses œuvres et films, Assia Djebar, s'est illustrée aussi par ses engagements pour l'émancipation de la femme. Elle est même un symbole pour la femme algérienne en quête de liberté et de plus de droits. «Elle nous fait honneur de revenir chez elle. Et c'est grâce à elle que beaucoup de femmes ont pu assister à l'enterrement», estiment de nombreuses femmes ayant assisté l'enterrement.
Amar Chaabane (www.lepetitjournal.com/alger) vendredi 13 février 2015





