Le virus des faux médicaments

Par Anaïs Bernadine | Publié le 20/01/2020 à 05:00 | Mis à jour le 20/01/2020 à 05:00
Photo : Vendeuse de faux médicaments
Faux médicaments

La vente des faux médicaments en Côte d’Ivoire est un véritable danger pour ses concitoyens depuis plusieurs années.

 

En Côte d’Ivoire, il est possible de se fournir des médicaments sans ordonnance. Mais c’est à ses risques et périls. Ces médicaments sont potentiellement dangereux. Le pays connaît ce fléau depuis des années, et il est très difficile pour les autorités d’arrêter ce trafic.

Ces faux remèdes sont en vente dans les rues, sur le marché de Roxy, à Abidjan, le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest. Véritable temple de la contre bande pharmaceutique. On y trouve tout type de traitements : antibiotiques, antipaludiques, traitement contre le diabète ou l’hypertension, etc. Ils provoquent tout l’inverse des effets recherchés. Ils proviennent pour la plupart, d’Inde ou de Chine, et sont fabriqués dans des usines non-officielles. Les douaniers corrompus, ou par manque de moyens, ne vérifient pas toutes les marchandises comme ils le devraient. C’est donc un boulevard pour les contrebandiers. Une fois arrivées à Abidjan, les marchandises sont écoulées dans la ville et les sous-régions du pays.

 

Dans d’autres cas, certains pharmaciens fournissent leurs invendus aux vendeuses de rue. Il y a même certaines pharmacies, mal intentionnées, qui commercent avec des grossistes pour revendre dans la rue. « C’est là que ça devient dangereux ! Les médicaments sont mal conservés et ils continuent de les vendre dans la rue même si la péremption est dépassée » s’indigne un pharmacien de la cité des arts, avant de rajouter : « On peut voir sur les boites si les laboratoires sont agréés. Mais dans la rue, ils vendent par plaquette. Parfois, juste à l’unité ».

 

Des centaines de milliers de décès par an sur le continent sont à déplorer. En cause, les manques de moyens des Ivoiriens pour aller consulter un médecin et acheter leur prescription en pharmacie. Alors, la plupart préfèrent passer directement par les « pharmacies par terre » pour faire des économies. « Ils connaissent les risques, mais c’est moins cher. En pharmacie, les efferalgans sont à 2000f, là-bas tu peux en avoir pour 200f » explique une pharmacienne de Zone 4. À la cité des arts, le pharmacien est du même avis : « C’est un phénomène que je ne comprends pas. Les gens préfèrent acheter dans la rue, car le médicament est vendu 1000f en pharmacie. Il sera peut-être à 800f dans la rue. Les gens préfèrent faire des économies plutôt que de bien se soigner ».

 

Ces comprimés, périmés ou contre-faits, deviennent nocifs pour la santé, peuvent provoquer une résistance aux anti-microbiens, et sont potentiellement mortels. Il est donc important de ne surtout pas en acheter dans la rue, même si le laboratoire inscrit sur la boîte est agréé.

 

Récemment, près de 4 tonnes de faux médicaments ont été saisis par les autorités.

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Anaïs Bernadine

Jeune journaliste curieuse et avide d’aventure ! Un mélange intéressant, parfois surprenant.
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