Une étude commandée par la police de la ville de Zurich met en lumière les rapports entre la population et les forces de l'ordre ainsi que les craintes et les attentes des Zurichois en matière de sécurité.
Les Zurichois ont une bonne opinion de la police de la ville et se sentent en sécurité à Zurich pendant la journée, un peu moins pendant la nuit, notamment dans le quartier de la Langstrasse. Ce sont les principaux enseignements à tirer de l'étude commandée à l'institut de sondage Demoscope par le Département de la police de la ville de Zurich. Réalisée au cours de l'été 2016, l'enquête porte sur 2.282 habitants de la ville âgés de 15 ans et plus, Suisses ou étrangers détenteurs d'un permis C.
Police de la ville de Zurich (Crédits : Roland zh)
Haut niveau de sentiment de sécurité
Selon cette étude, 97% des personnes interrogées se sentent "plutôt confiantes" (25%) ou "très confiantes" (72%) lorsqu'elles se déplacent seules dans la ville. Pendant la nuit, cependant, 20% d'entre elles se considèrent en insécurité, évitent les sorties non accompagnées ainsi que certains lieux, et plus particulièrement la Langstrasse. Ce sont d'ailleurs les habitants du Kreis 4 qui ont le plus tendance (24%) à considérer leur quartier comme moins sécurisé que les autres. Suivent les résidents du Kreis 12 (16%), 11 (14%) et 5 (12%). "C'est un phénomène normal que vous rencontrez dans chaque ville", explique le chef du Département de la sécurité Richard Wolf, à 20 Minuten. "Le fait que tout le monde ne se sente pas à l'aise ou en sécurité partout n'est pas agréable, mais ça n'est pas surprenant", poursuit-il.
Si la Langstrasse semble s'attirer quelques inimitiés, le principal problème soulevé par les Zurichois concerne la sécurité routière. Viennent ensuite les craintes associées à certaines catégories de population : "dealers", "ivrognes", "jeunes" et "immigrés". Les évènements comme les manifestations, les rencontres sportives et les fêtes populaires arrivent en troisième position.
Forte confiance de la population envers la police
91% des personnes interrogées considèrent la protection assurée par la police comme "tout à fait" suffisante (36%) ou "plutôt" suffisante (56%). La principale récrimination concerne la fréquence des patrouilles à pied qui est jugée insuffisante par 29% d'entre elles. Une partie estime également que la police peut mieux faire pour encadrer les débordements à l'issue des matchs de foot et des manifestations. Une hausse des contrôles routiers, vis-à-vis des automobilistes comme des cyclistes, est également souhaitée.
Sur une échelle de 1 à 10, les sujets de l'enquête notent à 8,1 leur confiance dans la police. Un chiffre plus élevé chez les étrangers (8,3) que chez les Suisses (8,1). Parmi les sondés ayant été en contact direct avec les forces de l'ordre lors des cinq dernières années, soit près de la moitié de l'échantillon, 83% jugent "correcte" le comportement des agents. Ils ne sont que 5% à avoir un avis diamétralement opposé. Un tiers considèrent cependant que la police recours à des pratiques discriminatoires visant les personnes d'origine étrangère. "Nous abordons la question du profilage racial. Nous avons déjà lancé un projet pour cela", explique ainsi Daniel Blumer, commandant de la police de la ville de Zurich.
Il estime, en commentaire de l'enquête, que "la police de la ville est très bien vue de la population et, avec son comportement professionnel et correcte, façonne le mode de vie dans la ville de Zurich. C'est une grande responsabilité. Nous continuerons de faire de notre mieux pour maintenir ce haut niveau de confiance, et même le développer".
Jean-Baptiste CHATAIN (www.lepetitjournal.com/zurich) lundi 12 décembre 2016.
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