Mardi 14 juillet 2020

FETE DE LA MUSIQUE - "Quelque chose qui manquait un peu à Zurich"

Par Lepetitjournal Zurich | Publié le 15/06/2016 à 09:45 | Mis à jour le 16/06/2016 à 11:05

La seconde édition de la Fête de la musique aura lieu samedi 18 à la Rote Fabrik. Organisé par un collectif de bénévoles issus d'associations francophones, l'évènement vise le public zurichois dans sa diversité, avec une programmation variée où chacun devrait pouvoir trouver son bonheur. Rencontre avec Gabrielle Rouvinez, présidente de la Fête de la Musique de Zurich, et le comité de l'association.

Lepetitjournal.com Zurich : Pouvez-vous vous présenter ?

Gabrielle Rouvinez : Je m'appelle Gabrielle Rouvinez, je suis Suisse romande, valaisanne, et ça fait 20 ans que j'habite à Zurich. Je suis très impliquée depuis un bon nombre d'années dans les associations francophones zurichoises. Je ne les ai pas toutes faites, mais j'en ai faites pas mal ! Je me suis particulièrement occupée de tout ce qui concernait les enfants, au sein de Zurich Accueil et au sein de Flam où je donne des cours. C'est comme ça qu'est né Tapis Volant. Et c'est grâce à Tapis Volant qu'a été créée la FMZH, la Fête de la Musique de Zurich.

Le comité d'organisation de la FMZH (Jean-Baptiste Chatain)

LPJZ : D'où est venue l'idée d'organiser cet évènement ?

G.R. : C'est une idée de l'association Tapis Volant. Nous n'organisons que quatre représentations annuelles, avec un creux entre mars et septembre, et le public nous demande souvent une cinquième représentation. Nous voulions donc organiser quelque chose au mois de juin, et pourquoi pas un concert pour enfants, pour changer des spectacles de marionnettes ou du théâtre. Concert et mois de juin ça a tout de suite fait "tilt" : le 21, la fête de la musique ! Nous nous sommes rapidement rendus compte que seuls ce n'était pas possible. C'est pourquoi nous avons proposé à toutes les associations francophones de se rencontrer une fois, pour présenter notre projet. Et il en est sorti la première Fête de la Musique à la Rote Fabrik en 2015. Ce n'était pas à proprement parler la première Fête de la Musique à Zurich, puisqu'Aux Arts etc. en avait déjà organisées il y a quelques années. Mais c'était la première de cette envergure.

LPJZ : La Fête de la Musique de Zurich c'est donc un effort commun des associations francophones ?

G.R. : A la base il s'agit effectivement d'une collaboration entre plusieurs d'entre-elles. Quatre en l'occurrence : Aux Arts etc., la Compagnie du Décalé, une compagnie de théâtre amateur, Tapis Volant, qui organise des représentations de théâtre pour enfants, et l'UFEZ, l'Union des Français de l'Etranger de Zurich. Puis nous avons créé une nouvelle association, pour pouvoir trouver des fonds.

LPJZ : Comment décririez-vous cet évènement ?

G.R. : Pour l'instant c'est une petite fête de la musique, comparée aux autres grandes villes européennes, Paris, Genève, Berlin, Lyon ou d'autres? Nous essayons de nous conformer le plus possible à la Chartre (N.D.L.R. : Charte européenne de la Fête de la musique). Mais pour le moment elle n'a lieu que sur un seul site, la Rote Fabrik. Elle est entièrement gratuite comme la Charte le veut. Cependant certains artistes sont défrayés ou rémunérés. Nous espérons pouvoir la faire connaitre au public, aux institutions et aux autorités zurichoises. Pour qu'éventuellement elles s'impliquent dans l'organisation, ou en tout cas le subventionnement de cette fête.

LPJZ : Pourquoi avoir choisi la Rote Fabrik ?

G.R. : Au tout départ, il y avait deux sites sur lesquels nous nous sommes arrêtés : la Rote Fabrik et Sihlcity. Mais tournons la tête de 90° degrés (N.D.L.R : entretien réalisé à la Rote Fabrik) et nous avons la réponse ! Le cadre de la Rote Fabrik est beaucoup plus scénique. Et puis il y a différentes possibilités de scènes, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Geert Dedapper (directeur de la programmation) : Nous avons aussi compté sur la flexibilité de la Rote Fabrik en tant qu'espace ouvert. Ça n'a pas toujours été évident ici non plus : c'est parfois compliqué d'obtenir certaines autorisations. Mais nous avons pensé qu'ici ce serait faisable et réaliste parce qu'il y a tout le temps beaucoup de gens et de passage.

LPJZ : Comment s'est passée la première édition ? Comment a-t-elle été reçue à Zurich ?

G.R.: Nous n'avons pas eu de retours de la part des autorités de la ville. Mais l'écho du public a été très positif. Et l'échos de la presse également, avec un article élogieux sorti juste après la fête dans le Tages Anzeiger. Au niveau de la fréquentation, c'est difficile de juger la part du public qui était là pour la Fête de la Musique.  Parce que la Rote Fabrik est un lieu très fréquenté, surtout l'été. Et comme c'était un merveilleux week-end avec beaucoup de gens de passage.... Mais le public a vraiment apprécié. Les concerts en extérieur ont eu beaucoup de succès, les concerts en intérieur un peu moins. Peut-être en raison du fait qu'ils étaient payants, qu'il faisait beau et chaud ou que les concerts extérieurs étaient vraiment trop bons !

LPJZ : Quelle type de public était au rendez-vous?

G.R. : Les Zurichois en général. Le public était très cosmopolite et allait au-delà du public traditionnel de la Rote Fabrik. Il y avait des gens très différents, parce que les groupes étaient également très variés. Etonnamment la fête n'a pas attiré autant de francophones qu'on aurait pu l'imaginer. Est-ce dû au lieu, la Rote Fabrik, qui a une connotation un peu alternative ? Je ne sais pas. Mais c'est vrai qu'on a été surpris par le peu de francophones présents : on entendait peu parler français. Mais ce n'était pas non plus notre but de faire une fête franco-francophone. Au contraire, nous voulons vraiment l'élargir au public de Zurich, dans toute sa diversité.

LPJZ : A quoi peut-on s'attendre avec la programmation cette année ?

G.D. : Comme l'année passée j'ai essayé de faire une programmation très diverse. Parce que je pense que c'est quelque chose qui manquait un peu à Zurich : un festival où des scènes se mélangent. Donc j'ai engagé des groupes folk, des groupes rock, des groupes celtes, irlandais ou de chanson française. Il y a un aussi un groupe de didgeridoo qui se mélange à l'électro. Donc un peu de tout. Nous essayons de faire venir des groupes alémaniques et des romands, pour mélanger un peu ces deux scènes. Il y a des groupes de France, un groupe de Belgique, un d'Italie, un groupe bilingue qui vient du Canada et qui chante en français et en anglais. Nous commencerons par des groupes plus intimistes, pour le soir avoir des groupes plus dansants. Comme ça pendant la journée les familles sont les bienvenues. Et pour ceux qui veulent faire la fête, le soir il y aura l'occasion de danser.

G.R. : La seule chose qui manque à la programmation et que nous n'avons pas encore réussi à intégrer cette année c'est la musique classique. Mais chaque année il y aura des nouveautés !

LPJZ : Y aura-t-il des groupes zurichois ?

G.D. : Zephyr Combo, dont je fais partie, doit être le plus zurichois des groupes, bien que je vienne de Belgique ! Il y a plusieurs groupes dont certains membres viennent de Zurich ou vivent encore ici. Mais des groupes typiquement zurichois ? Un peu moins cette année. Ah si ! Les C?urs Francophones, une association zurichoise. Et puis il y a Zussamba, bien sûr, un groupe de percussions basé à Zurich.

LPJZ : Quelles sont vos ambitions pour les prochaines éditions ?

G.R. : Nous allons attendre que cette édition se passe, mais il est certain que nous avons des perspectives d'avenir, et même des rêves pourrait-on dire ! Nous aimerions pouvoir installer des scènes sur plusieurs sites, et impliquer des institutions comme l'Opéra ou la Tonhalle. Nous élargir à d'autres salles de concerts, des bars, des piano-bars et mélanger public et privé. Nous ne savons pas encore si nous pourrons encore organiser la fête ici l'année prochaine, pour des raisons d'autorisations policières. Donc il va falloir étudier la question. Est-ce que nous la ferons entièrement en espace public, auquel cas il faudra obtenir l'accord de la ville, ce qui n'est pas forcément évident ? Ou plutôt dans un espace privé, payant et cher ? On verra, mais nous allons trouver une solution !

LPJZ : Comment se déroulent les préparatifs ?

G.R. : Aujourd'hui c'est notre dernière réunion, sauf en cas d'extrême urgence ! L'année passée nous étions cinq, là nous sommes dix. Donc la masse de travail et de stress est mieux répartie. Et avec l'expérience nous sommes beaucoup plus sereins qu'à la même époque l'année passée. Et puis comme tous les concerts sont gratuits, nous n'avons pas cette pression de la météo par rapport à la venue d'un public payant. Mais bien sûr nous espérons qu'il fasse beau, ce serait bien plus agréable.

Le site web de la Fête de la Musique de Zurich : lien

Propos recueillis par Jean-Baptiste CHATAIN (www.lepetitjournal.com/zurich) mercredi 15 juin 2016.
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