Édition internationale

Sciences Po renforce ses ambitions internationales depuis New York

Dans une salle du Consulat général de France à New York, le directeur de Sciences Po, Luis Vassy, et le directeur des affaires internationales, Jeremy Perelman, ont présenté une institution en pleine accélération à l’international. Face à une hausse marquée des candidatures américaines et à l’intensification des partenariats avec Columbia University, Sciences Po entend profiter du moment pour consolider son influence aux États-Unis.

Columbia et Sciences PoColumbia et Sciences Po
Columbia et Sciences Po, un partenariat transatlantique
Écrit par Lola Neto
Publié le 25 mai 2026, mis à jour le 27 mai 2026

 

 

Le double diplôme avec Columbia change d’échelle

Au cœur de la stratégie internationale de Sciences Po, le partenariat avec Columbia University continue de s’étendre. Créé en 2010, le double Bachelor entre les deux établissements a longtemps servi de modèle pour d’autres coopérations académiques. Mais aujourd’hui, il change clairement de dimension. « La promo qui est rentrée l’an dernier est à 95. Et l’an prochain, on sera quelque part entre 135 et 140 », explique Luis Vassy. Au-delà des volumes, un autre indicateur illustre la dynamique du programme, le taux de confirmation des étudiants admis, qui dépasse désormais les 80 %. « C’est du jamais vu. Quasiment tous ceux qui sont admis viennent », insiste-t-il. Dans les échanges avec Columbia, les responsables de Sciences Po mettent aussi en avant le niveau académique des étudiants issus du programme, régulièrement cités parmi les meilleurs profils de la promotion.

 

« Je pense qu’il n’y a pas d’autres institutions françaises qui aient comme première nationalité étrangère les États-Unis »

 

 

 

Les États-Unis deviennent un vivier majeur de candidatures

La tendance ne se limite pas au seul double diplôme. Sciences Po observe une hausse plus large de son attractivité internationale, avec une progression de 33 % des candidatures dans le monde. Mais le chiffre le plus marquant concerne les États-Unis, +52 % de candidatures américaines.

Une évolution qui place désormais les étudiants américains comme première nationalité étrangère sur les campus de Sciences Po, devant l’Allemagne, l’Italie et la Chine. « Je pense qu’il n’y a pas d’autres institutions françaises qui aient comme première nationalité étrangère les États-Unis », observe Luis Vassy. Pour la direction, cette dynamique s’explique aussi par les incertitudes qui touchent certaines universités américaines, notamment sur leur financement. Dans ce paysage, Sciences Po apparaît de plus en plus comme une alternative académique pour une partie des étudiants américains.

 

« Se positionner sur le climat en ce moment avec les États-Unis, ce n’est pas rien »

 

 

 

Le climat, nouveau terrain stratégique pour Sciences Po avec Columbia

Autre sujet clé de la rencontre, la création d’un nouveau partenariat avec la Columbia Climate School. Un accord de principe a été évoqué pour lancer un double diplôme de niveau master, sous la forme d’un programme combinant sciences sociales à Sciences Po et sciences dures à Columbia. Ce projet intervient alors même que la nouvelle école du climat de Sciences Po n’a pas encore accueilli ses premiers étudiants. « Nous signons le double diplôme avec Columbia avant même qu’il y ait un premier élève qui ait mis un pied dans l’école de climat », souligne Luis Vassy.

Au-delà de la dimension académique, le projet est aussi assumé comme un positionnement stratégique. « Se positionner sur le climat en ce moment avec les États-Unis, ce n’est pas rien », ajoute-t-il. Selon les responsables de Sciences Po, les premières candidatures pour cette formation viennent déjà de plusieurs régions du monde, notamment du Brésil, de Chine, d’Indonésie et des États-Unis.

 

« Ce n’est pas désagréable de passer à rue des Saints-Pères quelques années à enseigner »

 

 

 

Les universités américaines continuent d’attirer les chercheurs

Autre phénomène mis en avant, l’arrivée croissante d’enseignants-chercheurs américains à Sciences Po. Ces derniers mois, l’institution affirme avoir recruté des profils issus de grandes universités comme Princeton, Harvard, Columbia ou Chicago. Un mouvement d’autant plus notable que les écarts de rémunération restent importants entre la France et les États-Unis. « On paye vraiment beaucoup moins que les États-Unis », reconnaît Luis Vassy. Pour expliquer ces mobilités, la direction évoque plusieurs facteurs, le  ralentissement de certains recrutements aux États-Unis, la trajectoires de carrière, mais aussi attrait pour l’environnement académique parisien. « Ce n’est pas désagréable de passer à rue des Saints-Pères quelques années à enseigner », glisse-t-il.

Jeremy Perelman insiste également sur l’intérêt croissant pour les programmes de mobilité comme la US Paris Visiting Fellowship, qui accueille des chercheurs américains pour un semestre à Paris.

 

 

 

Une stratégie de financement plus autonome

Au-delà des questions académiques, la direction de Sciences Po assume une trajectoire de réduction de la dépendance aux financements publics. Pour la première fois, la part de subvention publique représenterait moins de 30 % du budget de l’institution. L’école met en avant sa capacité à financer elle-même une partie importante de sa politique sociale, notamment les bourses et exonérations de frais de scolarité. Dans un contexte de tensions sur les financements universitaires aux États-Unis, Sciences Po affirme vouloir sécuriser son modèle économique sur le long terme.

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