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J. Canadell président, la CCI de Barcelone aux mains des séparatistes

Par Arthur Diaz | Publié le 23/05/2019 à 17:46 | Mis à jour le 23/05/2019 à 17:53
cambra comerç barcelona

Après avoir remporté la majorité absolue à la Chambre de commerce de Barcelone le 8 mai dernier, les indépendantistes y placent Joan Canadell à la Présidence. 

 

Le 8 mai dernier, plus de 400.000 électeurs, travailleurs indépendants ou représentants d’entreprises exerçant des activités commerciales dans la province de Barcelone, étaient appelés à voter. Seuls 4,55% d’entre eux se sont rendus aux urnes. Un chiffre bas mais qui double la participation par rapport aux dernières élections, et qui s’explique par l’introduction du vote électronique. 

La Cambra Oficial de Comerç Indústria i Navegació de Barcelona défend les intérêts généraux des entreprises et permet la promotion du commerce et de l’industrie dans la province de Barcelone. Son rôle justifie l’intérêt des indépendantistes de s’emparer de cette Chambre. 
 
Cette corporation possède une structure et un fonctionnement démocratique. Elle se compose de trois organes de gouvernance : la séance plénière (el Pleno), le comité de direction (el Comité Ejecutivo) et le président. 

 

 

 
El Pleno : Il est composé de 60 membres (personnes physiques ou morales qui exercent une activité). 40 sont élus par un suffrage libre, égalitaire, direct et secret entre tous les électeurs de la Chambre. 6 personnes sont proposées par les organisations commerciales les plus représentatives de la région. Ensuite, 14 proviennent des plus grandes entreprises présentes dans la région, ces dernières ont leur siège en donnant une contribution annuelle (min. 75 000€). Ces entreprises siégeront dans l’opposition : leur place au sein de la séance plénière fait débat.    
 
El comité ejecutivo : c’est l’organe permanent de gestion, d’administration et de proposition de la Chambre. Il est composé de 12 membres, dont le président de la Chambre. 

Le Président : c’est la personne chargée de la représentation de la Chambre, elle préside le comité exécutif et tous les organes collégiaux et est responsable de l’exécution de leurs accords. 

 

 

 

Les indépendantistes majoritaires

Le 8 mai 2019, les électeurs ont élu 31 membres du Pleno provenant de la candidature proposée par l’Assemblée Nationale Catalane (ANC), Eines de Pais, elle-même séparatiste. Ainsi, sur les 40 premiers sièges attribués issus de ces élections, 31 soutiennent l’indépendance de la Catalogne. 
 
Fondée en 2015, l’Assemblée Nationale Catalane est l’organisation qui vise l’indépendance politique de la Catalogne sous la forme d’un État de droit, démocratique et social.  
 
La présidente de l’ANC, Elisenda Paluzie, s’est félicitée de ces résultats, elle qui veut mettre une Chambre au service de la "République". De ce fait, la candidature de la formation Eines de País a porté Joan Canadell à la Présidence de la Cambra de Comerç. Mònica Roca a quant à elle été élue vice-présidente. Il avait été annoncé que la présidence serait partagée en deux périodes de deux ans afin d’assurer la parité. Mònica Roca récupérera donc la présidence dans deux ans. Cette nouvelle élection met fin à la présidence de Miquel Valls, en poste depuis juin 2002.

 

 


Joan Canadell est à l’image d’une candidature sécessionniste. Confondateur de Petrolis Independents (une entreprise de station-service) et du Cercle Català de Negocis, Canadell s’est marqué comme un idéologue, porteur d’un projet. Il a été au premier plan de la promotion de la libération de la parole indépendantiste au sein du monde des affaires catalan. Un monde longtemps marqué par le fédéralisme, notamment par la peur de l’indépendantisme économique, endigué par les grandes entreprises espagnoles. Pour autant, il avait lui-même affirmé que "l’entrepreneuriat catalan est plus indépendantiste que la majorité des Catalans" dans une entrevue accordée à ElNacional.cat.

"Canadell, un indépendantiste pur et dur à la tête de la Chambre de Barcelone" titre La Vanguardia, qui ne manque pas de rappeler "qu’un tiers du budget de la Chambre de commerce de Barcelone dépend des transferts de fonds européens de la Chambre de commerce d’Espagne et des apports des grandes entreprises catalanes". Le journal catalan el Periodico n’hésite pas quant à lui à qualifier Canadell de "fervent défenseur d’un programme des plus extrêmes de la candidature".


Ce qui va changer  

Plusieurs thèmes ont été mis sur la table par les indépendantistes. Tout d’abord, les financements : les membres élus s’opposent vivement à la dépendance qu’a la Chambre vis-à-vis des 14 membres qui payent pour avoir leur siège au sein de la Chambre. Ils dénoncent une dépendance aux multinationales, qui n’ont pas été élues par un procédé démocratique. Cette mesure est soutenue par Àngels Chacón, ministre de l'Entreprise et du Savoir de la Catalogne, ainsi que par le gouvernement de la Généralitat, qui veulent mettre en place une nouvelle "loi des Chambres". 

Il sera question d’un "soutien à la République et à la souveraineté fiscal de la Catalogne". Paluzie n’hésite pas à s’attaquer aux grandes entreprises qui font partie de l’Ibex 35 (équivalent du CAC 40, en Espagne) qui ont un poids politique. Les indépendantistes considèrent ces entreprises comme un frein aux aspirations du secteur des affaires catalan. 

Les recherches menées par le cabinet d’études de la Chambre de commerce se centreront sur la feuille de route indépendantiste, telle que la promotion d’études sur la viabilité économique d’une Catalogne indépendante. Il s’agira également d’analyser la situation de l’automne 2017, en vue de dénoncer le rôle des grandes entreprises (IBEX 35) qui auraient favorisé la "peur économique" de l’indépendance. 

De manière générale, ces élections portent un coup aux élites économiques souvent jugées "trop" fédéralistes par les indépendantistes. Ces derniers ont donc saisi l’occasion pour politiser le secteur financier et commercial.

arthur diaz

Arthur Diaz

Jeune journaliste partagé entre la France, le Canada et l’Espagne. Arthur est passionné par la politique. Motivé et polyvalent, il a déjà travaillé pour la télévision québécoise.
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