Le gouvernement thaïlandais veut racheter les concessions ferroviaires de BTS et BEM pour plafonner les tarifs à 60 bahts par jour. Les négociations s'ouvrent en mai.


Traverser Bangkok d'un bout à l'autre en transports en commun peut coûter plus de 100 bahts, selon le parcours et les correspondances. Chaque réseau a sa propre carte, son propre tarif. Le gouvernement compte y remédier en rachetant les droits d'exploitation des deux principaux opérateurs privés, BTS et BEM, pour imposer un plafond tarifaire de 60 bahts par jour dès le 1er janvier 2027. Les négociations doivent s'ouvrir au mois de mai.
Le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn, a présenté cette échéance comme un « cadeau du Nouvel An » aux usagers du rail. La carte sans contact EMV, standard bancaire international, permettrait d'accéder à l'ensemble des lignes ferroviaires et à terme aux bus et aux bateaux-taxis. Le tarif serait fixé à 40 bahts pour les 40 premières minutes de trajet, avec un supplément de 20 bahts au-delà, plafonné à 60 bahts par jour. Les trajets courts, à partir de trois stations, resteraient facturés au tarif réel, selon une source ministérielle citée par le Bangkok Post.
Un rachat sans budget public
Pour contrôler les tarifs, l'État doit d'abord récupérer la main sur les recettes. Aujourd'hui, quatre lignes fonctionnent sous un modèle dit PPP Net Cost : BTS et BEM investissent, exploitent et encaissent eux-mêmes les recettes tarifaires. L'État ne peut pas imposer un tarif que l'opérateur privé ne rentabilise pas.
La solution envisagée ne passe pas par un rachat financier classique. L'État ne débourserait rien d'emblée. Il proposerait à BTS et BEM de changer la nature de leurs contrats : au lieu d'encaisser les billets et d'assumer le risque commercial, les deux groupes deviendraient prestataires rémunérés par l'État pour faire tourner les lignes. C'est l'État qui percevrait les recettes et donc qui fixerait les tarifs. Les opérateurs seraient remboursés de leurs investissements d'infrastructure au fil du temps, sur les recettes futures.
Surapong Laoha-Unya, directeur général de Bangkok Mass Transit System (BTSC), filiale d'exploitation du groupe BTS, a déclaré que le secteur privé était prêt à négocier et qu'un accord était possible avant juin 2026. Il a rappelé que les contrats de concession existants prévoient déjà de telles discussions. Une source ministérielle, toujours citée par le Bangkok Post, évalue la valeur des contrats à 140 milliards de bahts.
Si l'agenda tient, le tarif commun entrera en vigueur le 1er janvier 2027, puis augmentera de 5 bahts par an, à mesure que la subvention publique s'allègera, selon la même source ministérielle.
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