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COP24 - protection de l’environnement en Pologne.

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 04/12/2018 à 00:00 | Mis à jour le 04/12/2018 à 00:00
environnement

26 000 invités du monde entier participent à la COP24 qui vient de commencer à Katowice. Les médias relèvent l’absence de nombreux dirigeants mondiaux, notamment Donald Trump, Emmanuel Macron, Vladimir Poutine, Angela Merkel et Petro Porochenko. Les présidents de France, d’Allemagne, du Maroc et du Pérou ont appelé avant la COP24 à des actions plus fermes en faveur de la protection du climat en soulignant que les émissions de CO2 ont augmenté en 2017 après trois ans de stabilisation. 

 

Dans un commentaire, Gazeta Wyborcza s’interroge si la Pologne se montre à Katowice comme un pays favorable à l’environnement ou au charbon et énumère, non sans sarcasme, les faux pas qui ont porté un coup à son image d’organisateur du sommet climatique : la COP24 est organisée dans le bassin houiller de Haute-Silésie ; alors que les intervenants à Katowice parleront du besoin de développer l’énergie verte, la Pologne continue à soutenir le secteur minier et « pour assurer la place du charbon dans le mix énergétique », elle veut éliminer les sources d’énergie renouvelable les moins chères telles que les éoliennes terrestres. De plus, elle a choisi pour partenaires du sommet des sociétés du charbon, ce qui a scandalisé la presse étrangère. 

 

Jerzy Buzek, ex-Premier ministre polonais, souligne que le projet de politique énergétique élaboré par le ministère de l’Energie prévoit la réduction de la part du charbon à 35% en 2040, ce qui nécessitera un effort considérable pour sauvegarder l’économie de la Silésie, grande région minière de Pologne. M. Buzek a été l’initiateur de la création dans le cadre du budget européen d’un fonds de transition énergétique qui a été approuvé par le Parlement européen. Il énumère les principaux domaines dans cette région de la Pologne exigeant une réforme en profondeur qu’il évalue à 20 milliards de zlotys et qui pourrait être financée par ce fonds : modernisation du secteur de l’énergie, développement des réseaux de distribution de chaleur dans les grandes villes, lutte contre la pollution atmosphérique, revitalisation des villes traditionnellement liées aux mines de charbon, revitalisation aussi des friches industrielles.

 

Dans une interview pour Gazeta Wyborcza, la directrice exécutive de Greenpeace International, Jennifer Morgan, déplore la mauvaise condition écologique de la Pologne et relève que selon l’Organisation Mondiale de la Santé , 36 sur 50 villes les plus pollués dans l’Union européenne sont polonaises. Selon elle, le fait que l’économie polonaise repose sur le charbon joue un rôle dissuasif pour les investissements étrangers, et a un impact défavorable sur la croissance de son PIB. Elle dénonce la propagande du gouvernement polonais, pour lequel il est impossible de développer un modèle économique favorable à l’environnement sans augmenter considérablement le prix de l’électricité. Selon elle, la Pologne doit saisir l’occasion de transformer son économie maintenant par les énergies vertes. La révolution énergétique ne doit pas faire de victimes : les mineurs devraient avoir droit à la reconversion professionnelle, à des assurances de santé et des retraites dignes.

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