ANNEES LYCEE – Deux jeunes bachelières du Lycée Français René Goscinny nous racontent

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 06/07/2014 à 22:00 | Mis à jour le 07/07/2014 à 06:16

"Youpi, l'école est finie !" Alors que le Lycée Français de Varsovie clôt une nouvelle année scolaire avec un taux de réussite au bac de 100 % et plus de 79 % de mentions, LePetitJournal.com/Varsovie a demandé à deux bachelières, l'une Polonaise, l'autre Française, de lui livrer leurs impressions sur les années lycées à Varsovie. Regard croisé.

Anastasia est polonaise. Son père, après avoir été expulsé de Pologne pour sa participation à Solidarnosc s'installe en France où Anastasia voit le jour en 1995. Inscrite dès la classe de CP au Lycée Français de Varsovie (LFV) par ses parents elle y fait toute sa scolarité. Jeanne est arrivée à Varsovie il y a deux ans en suivant ses parents expatriés après quelques années Moscovites. Elles ont toutes deux passé leur baccalauréat avec succès cette année.

 



LePetitJournal.com/Varsovie : Quel est le meilleur souvenir que le Lycée Français de Varsovie vous a laissé ?
Anastasia : J'ai particulièrement apprécié l'atmosphère familiale du LFV où à tout moment il y avait la possibilité d'être aidé sur les questions scolaires ou plus personnelles. Cette école n'est pas très grande et tout le monde connaît tout le monde, ce qui crée une atmosphère détendue.
Jeanne : Je crois que la bonne ambiance est le meilleur souvenir que je garderai de ce lycée, surtout lors du bal traditionnel des Terminales (Studniowka) de cette année, où professeurs et élèves ont passé une soirée exceptionnelle en s'amusant ensemble. Et je pourrais aussi ajouter la diversité des élèves, le fait de partager beaucoup de moments avec des personnes de différentes nationalités, de différents points de vue qui m'ont permis de m'enrichir culturellement et intellectuellement.

Et le pire souvenir ?
Anastasia : Mon pire souvenir du LFV... J'habite vraiment loin de l'école donc le matin pour venir je mettais toujours 1h20 et j'étais systématiquement en retard. Avec ma s?ur, on a eu tellement de stress et d'heures de colle...
Jeanne : Difficile à déterminer...

Allez-vous garder des amitiés polonaises, françaises, ou autres de vos années passées au LFV?
Anastasia : Je pense que les connaissances que j'ai faites durant toutes ces années au LFV sont le plus grand trésor. Tout le monde n'a pas cette opportunité d'avoir des amis dans le monde entier. J'ai un groupe d'amis avec qui on se connait depuis plus de 10ans et qui dès septembre vont être à Montréal ou à Londres et j'espère ne pas perdre contact.
Jeanne : Bien sûr que j'ai des amitiés françaises et polonaises, même belges et je compte bien en garder certaines toute ma vie. J'ai vraiment rencontré des personnes exceptionnelles que je ne perdrais pour rien au monde.

Anastasia, qu'est-ce cette écoles vous a apporté?
Anastasia : Cette école m'a appris la langue française. Je pense qu'aucune "école de langue" ne m'aurait permis d'atteindre ce niveau de français.

Jeanne, est-ce que l'esprit y était différent d'un lycée en France et pourquoi ?
Jeanne : C'est vrai que c'est différent. Le programme scolaire est le même, mais les conditions plus favorables, je trouve. Les classes sont à effectifs réduits, ce qui permet d'avoir une très bonne relation élève-professeur et élève-élève. Cette année, en Terminale ES, nous n'étions que quinze élèves, par exemple. Les bâtiments sont aussi plus petits que ceux des lycées en France, ce qui facilite l'adaptation d'un nouvel élève qui ne se perdra pas dans les couloirs dès le premier jour. Personnellement, je préfère les conditions de travail proposées dans ce lycée que dans un lycée en France, bien que parfois, le fait que l'on soit si peu nombreux m'a un peu gêné car on connaît très rapidement tout le monde, et qu'il n'y a que peu de nouveautés.

Est-ce qu'on vous y a transmis des valeurs auxquelles vous tenez aujourd'hui?
Anastasia : La plus grande valeur que cette école m'a transmise est la tolérance.
En Pologne il y a, peut-être moins mais toujours, du racisme et ce pays est très religieux avec des gens qui ne sont pas toujours ouverts. Et puisque cette école est laïque et qu'il y a plusieurs nationalités présentes, c'est pour moi une chose normale que mon ami soit musulman et l'autre chrétien.
Jeanne : Tout d'abord, mes deux ans à Varsovie m'ont appris à respecter les différences, à être plus tolérante, avec un élève qui a des problèmes en langue française parce qu'il est polonophone, par exemple. Ensuite, probablement que cela a renforcé ma curiosité et m'a donné encore plus envie de m'intéresser aux autres cultures.

Est-ce que cela sera une force dans vos études supérieures d'être sortie de ce lycée ?
Anastasia : En m'impliquant au CVL (Conseil des délégués pour la vie lycéenne) j'ai organisé beaucoup d'événements dans notre établissement, j'ai aussi créé des pulls avec l'emblème du lycée, et participé à l'organisation de la Studniowka (un bal très prestigieux pour les bacheliers et le personnel de l'école). Toutes ces expériences m'ont amenée à découvrir mes qualités de communication, d'organisation et de gestion et à choisir de m'orienter dans la Communication pour mes études supérieures.
Jeanne : Je considère mon séjour dans ce lycée comme une grande chance pour mes études futures. En effet, cela m'a tout d'abord apporté une nouvelle langue, ce qui est toujours utile. De plus, je vais retourner en France avec un esprit encore plus ouvert à la diversité qu'il ne l'était déjà du fait de mes autres séjours à l'étranger. Et ces deux ans ont enrichi ma culture générale et permis de profiter d'un enseignement de grande valeur qui m'a aidé à bien réussir mon baccalauréat et à me constituer un dossier très favorable pour les écoles où j'ai postulé en France.

Quel conseil donneriez-vous aux futurs élèves du lycée français de Varsovie ?
Anastasia : Mon conseil est d'avoir toujours un bon contact avec tout le monde à l'école surtout avec les professeurs, même si vous ne les aimez pas ! Cela est une clef de la réussite. Et ne vous déprimez pas d'être à Varsovie, en Pologne, et pas en Australie, à Sydney. J'ai entendu vraiment beaucoup de choses très négatives à ce propos. Après une année ici, vous allez changer d'avis, croyez-moi !
Jeanne : Je pense que le principal en entrant dans ce lycée, c'est de garder un esprit ouvert et de tout de suite se plonger dans le travail, ne pas perdre de temps, car ce n'est que du temps gagné pour les années à examens. Bien sûr, il faut aussi savoir s'amuser, et le Lycée Français de Varsovie le permet bien. Pour finir, je pense qu'il ne faut pas hésiter à poser des questions au personnel enseignant, il est présent pour les élèves, ainsi qu'aux anciens élèves ou élèves de classes supérieures, surtout aux délégués, qui sont très souvent de très bon conseil.

Merci à Anastasia et Jeanne de leurs réponses spontanées et enthousiastes, LePetitJournal.com/Varsovie leur souhaite beaucoup de succès dans la suite de leurs études !

Propos recueillis par Pauline de Bodman (www.lepetitjournal.com/varsovie) - lundi 7 juillet 2014

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