

La Pologne, 7e économie de l'Union européenne, peut compter sur son attractivité auprès des investisseurs. Si la croissance polonaise s'annonce plus faible pour 2013, le pays dispose encore de ressources.
Après 20 années de croissance, la Pologne semble rattrapée par le ralentissement de l'économie mondiale. Avec 1,5% de croissance attendue en 2013, tout n'est pas rose à Varsovie, même si la Pologne dispose toujours de solides bases pour attirer les investisseurs et tirer l'économie du pays vers le haut. L'économie du pays est d'ailleurs loin de reposer uniquement sur des bases purement polonaises.
Une législation en quête d'efficacité
Dix-neuf. C'est le nombre de places gagnées par la Pologne dans le classement "doing business" 2013 par rapport à l'an dernier, plaçant le pays au 55e rang des nations où il fait bon faire affaires. Une situation rendue possible par une législation de plus en plus simplifiée, et par la facilité apparente qu'ont les investisseurs à obtenir des prêts sur place, véritable point fort de la Pologne selon "doing business". Toutefois la législation polonaise n'est pas toujours facilitatrice. Ainsi en 2011, le pays a-t-il été sévèrement critiqué par la commission européenne pour avoir limité l'accès à son économie aux fonds d'investissements étrangers. Une situation qui rappelle le rôle joué depuis 8 ans par l'Union européenne en Pologne. Depuis 2004, l'intégration européenne semble en effet avoir été un moteur de l'attractivité polonaise.
Hors l'Europe, point de salut ?
Si la Pologne peut se prévaloir de certains atouts nationaux comme sa législation, son coût du travail ou son marché dynamique, elle compte également sur l'Union européenne pour attirer les investisseurs. L'alignement de la Pologne sur les normes européennes, son intégration au marché unique, et le soutien de l'Union aux investissements polonais, notamment en matière d'infrastructures, ont permis au pays de devenir plus attractif depuis 8 ans. Les investissements étrangers ont ainsi doublé entre la période 1994-2003 et la période 2004-2011. L'amélioration des infrastructures polonaises, grâce aux fonds européens dont le pays est le premier bénéficiaire, a largement contribué au développement de ces investissements, en ouvrant la Pologne vers les autres Etats européens. Reste à savoir si la crise actuelle ne modifiera pas la situation économique polonaise. La Pologne cherche à s'ouvrir à de nouveaux domaines économiques, pour contrecarrer la crise européenne et rester économiquement attractive.
Une économie d'avenir ?
Engagée depuis 20 ans sur le chemin de la libéralisation et de l'ouverture économique, la Pologne semble en avoir tiré tous les bénéfices. Terre d'accueil pour l'investissement, le pays ne souhaite pas changer de cap et continue de s'ouvrir aux économies étrangères, et notamment aux grands groupes. En témoigne ainsi le soutien du pays à l'exploitation des gaz de schiste par des compagnies occidentales telles que Total, qui a réaffirmé en fin d'année 2012 son intention de poursuivre l'exploration de ces hydrocarbures dans le pays. Une situation qui enchante la Pologne, désireuse de trouver de nouveaux moyens de tirer son économie vers le haut dans un monde en crise. Marché libre et chasse aux hydrocarbures : la Pologne songerait-elle au "rêve américain" ?
Charles Hubert (www.lepetitjournal.com/varsovie) mardi 8 janvier 2013















