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"Avec le temps" - le regard d'artistes français

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 13/06/2019 à 10:12 | Mis à jour le 13/06/2019 à 11:20
Avec le temps

Un projet autour du thème du temps qui passe, marque les gens et leur environnement : c’est le défi que se sont lancé 5 artistes français installés à Varsovie. « Avec le temps » est une exposition présentée par Loïc Gatteau, Olivier Couliou, François Devos, Gabrielle Grenier et Jeantaffin2. 5 parcours, 5 formes d’art très différentes et qui pourtant dialoguent parfaitement sur le thème du temps qui s’est imposé naturellement pour cette collaboration. Le cadre qu’ils ont choisi est la galerie d’art Przy Plaży au bord de la Vistule.

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Gabrielle et Loïc pour parler de leur travail et de l’exposition.

 

Lepetitjournal .com/Varsovie : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter rapidement ? 

Gabrielle : Je m’appelle Gabrielle, je suis artiste photographe, ce qui veut dire que je ne fais pas de photos traditionnelles mais seulement des séries artistiques. Je fais des allers-retours réguliers entre Paris et Varsovie mais c’est ici que je passe le plus de temps. J’ai rencontré Loïc par un ami commun et nous avons décidé de collaborer pour cette exposition collective.  

 

Loïc : Moi je suis avant tout vidéaste. Je travaille souvent pour des institutions françaises à Varsovie ou pour des privés. En ce moment je développe la photo sur des projets professionnels et aussi personnels. A côté de ça, je dirige des ateliers artistiques. Je suis en Pologne depuis 12 ans, j’ai déjà organisé des événements ici, une exposition avec des amis français, mais aussi un ciné débat, j’ai même présenté un petit film que j’avais réalisé.  

 

Qui est à l’initiative de ce projet ?

Loïc : C’est mon initiative, j’en ai eu l’idée il y a environ 1 an. J’ai découvert la galerie par une amie qui exposait là-bas, je pense que ça m’a donné envie de réaliser cette exposition. J’ai monté ce projet en collaboration avec d’autres artistes parce que l’idée d’une exposition collective me plaît. J’ai proposé l’idée à différents contacts qui ont été très séduits par le projet.

 

Comment t’est venue l’idée ?

Loïc : J’ai travaillé 9 ans au Lycée français de Varsovie, je voyais donc mes élèves évoluer au fil du temps. J’étais frappé par les changements physiques des élèves de terminales quand je regardais leurs photos prises 3 ans plus tôt. En plus de cela, la fin du lycée c’est un peu le passage à la vie adulte, alors quand j’ai arrêté de travailler là-bas, j’ai voulu clore cette période avec cette série en noir et blanc. On a donc fait ce dernier projet avec 9 volontaires avant qu’ils partent voler de leurs propres ailes (rires). La série s’appelle « Matura » qui est le nom donné au baccalauréat ici.    

 

C’est un peu étonnant une exposition photos (donc figées) sur le temps qui passe non ?

Gabrielle : Au contraire je trouve que ça permet vraiment de raconter une histoire. Une photo unique est figée c’est sûr, mais une série non. Il faut bien penser qu’un film est une série d’images figées ! Mon travail est aussi porté sur la thématique du temps. La série que je propose s’appelle « Hétérotopie » qui signifie « Un autre lieu ». Ce sont des photomontages sur fond de lieux tels que des zones industrielles ou des centres commerciaux. J’y rajoute des éléments pour apporter une poésie et une dimension chargée de plus d’émotion dans ces espaces communs que l’on connait tous. Ces montages ont un rapport au temps parce que les éléments superposés ne font pas partie de la même dimension, du même lieu. 

 

Photo série Hétérotopie Varsovie Pologne

 

Loïc : Au départ j’ai regroupé les artistes sans vraiment avoir de thème principal. Mais il s’avère que toutes les séries qu’ils m’ont proposées correspondaient au sujet, c’était vraiment parfait, le thème s’est imposé de lui-même. Un peintre fait également partie de l’équipe, le concept de sa peinture s’intègre très bien dans le sujet puisqu’il réalise son œuvre, ensuite il place sa toile dehors et laisse le temps et les éléments modifier sa peinture. Ça donne un très beau résultat.

 

Gabrielle : C’est vrai que c’est très beau, c’est une expo très pimpante, pétillante, c’est très coloré. Nous avons aussi Philipe qui fait des poèmes impressionnistes, illustrés par les photos de son frère. François (Devos) fait de la couleur aussi, sa série est plus portée sur la Pologne. Il a photographié des paysages notamment des pièces d’architecture très colorées un peu « kitsh » de l’ère post-communiste. 

 

Pourquoi avoir choisi d’organiser cette exposition avec des artistes français ?

Loïc : Ce sont des artistes qui vivent ici depuis un certain nombre d’années. J’ai toujours eu envie de faire parler cette partie de la communauté française. Ce sont des Français qui ne font pas forcément partie de la sphère du business. Ils se sont installés en Pologne et y suivent le mode de vie polonais, en essayant de s’intégrer à la population d’ici.

 

Qu’est-ce qui vous a amené(s) en Pologne ?

Gabrielle : L’amour, comme toujours ! Mon copain est polonais, alors au départ je suis venue pour lui.

 

Loïc : Moi je suis d’origine polonaise, j’ai entendu parler de ce pays toute ma jeunesse sans jamais m’y rendre. Je n’ai pas été élevé dans la culture polonaise : ma mère a quitté la Pologne quand elle était petite et n’est jamais revenue... Mais j’étais curieux alors j’ai commencé à faire des séjours de plus en plus longs ici, et puis le pays est devenu de plus en plus ouvert donc j’ai fini par rester.

 

Gabrielle : Ce que j’apprécie ici c’est qu’il y a de la place pour de nouvelles choses. Prenons Paris par exemple : la ville est figée, toute l’architecture est conservée, presque chaque bâtiment est un monument donc on ne peut plus rien toucher. Je pense que parfois la destruction peut apporter une nouvelle énergie. Ici, ce rapport à l’architecture est moins présent donc il y a de la place pour tout le monde, les vieilles constructions, les plus récentes... 

 

Pourquoi avoir choisi la galerie Przy Plaży ?

    Loïc : C’est un coin sympa, proche de la vieille ville, en mouvement : il y a toujours du monde qui passe, plusieurs cafés… C’est un lieu agréable. Nous n’avons pas fait de pub, nous n’avions pas les moyens, mais avec les réseaux et le bouche à oreille, l’information circule bien. Et puis l’Institut français et la Chambre de commerce ont partagé l’événement. Nous mettrons également de belles affiches autour du lieu.

 

Gabrielle : J’espère qu’il n’y aura pas que des Français, mais que les Polonais viendront aussi découvrir notre travail.

 

Et du point de vue de la technique, avez-vous eu recours à différentes méthodes ?

Gabrielle : Deux personnes utilisent des appareils argentiques : c’est pratique en Pologne et ce n’est pas très cher, il existe de bons laboratoires. Souvent, on imprime en numérique mais on travaille en argentique.

 

Avez-vous obtenu du soutien de la part de sponsors ?
Loïc
 : Mazars est une société d’audit qui sponsorise mes événements depuis longtemps. Je reçois leur soutien à chaque fois, ils sont vraiment sensibles à l’art et fidèles. Je voulais vraiment les remercier. Je me débrouille et trouve quelques sponsors grâce au réseau que je me suis constitué progressivement depuis que je suis ici. L’Institut français et la Chambre de commerce me font aussi un peu de promotion. En 2012, j’ai organisé un ciné-débat au Kino Murano, pour lequel j’avais fait venir une actrice et réalisatrice française. Mazars m’avait suivi, ainsi que l’Institut français et la Chambre de commerce. De la même façon, ils ont soutenu la première de mon film, sorti 2 ans plus tard, ainsi que l’exposition que j’avais présentée il y a 2 ans.

 

Avez-vous déjà des idées pour la suite ? Des projets que vous aimeriez réaliser après cette exposition?
Gabrielle
 : A l’occasion de la Biennale de Bourges qui s’appelle Bourges contemporain, je vais exposer la même série de photos que celle que je présente dans Avec le temps. Je reviendrai ici, j’ai déjà plein d’idées, mais rien de concret pour le moment.

 

Loïc : Pour le moment je me concentre sur l’exposition. Montrer ses photos, c’est important dans le cadre de notre travail artistique. C’est bien de publier son travail sur Facebook et Instagram, mais voir ses photos exposées sous cadre, c’est autre chose, c’est très satisfaisant. Je n’avais jamais vraiment exposé mes photos jusqu’ici, c’est une nouvelle étape, et cela me plaît bien.

 

 

Du 14 juin au 13 juillet

Exposants : Loïc Gatteau, Olivier Couliou, François Devos, Gabrielle Grenier, Jeantaffin2

Vernissage vendredi à 20h, l’exposition est ouverte à tout le monde gratuitement jusqu’au 13 juillet, tous les jours.

Galeria przy Plazy

Bulwar gen. Pattona 1

Warszawa

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