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TURIN/SOCIETE - Faut-il inciter les "bamboccioni" à sortir du nid ?

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

"Maman, tu es la plus belle du monde" chantait Henri Salvador. Deux sondages, l'un en France, l'autre en Italie, semblent souligner l'actualité de ce célèbre refrain?

"Mammoni"ou "bamboccioni"?
A peine arrivés en Italie, vous ne distinguez pas encore précisément ces deux populations de la péninsule. Les "mammoni", désignation plutôt affectueuse, sont des enfants, "petits" ou "grands", terriblement attachés à leur mère. En revanche, les "bamboccioni ", ou "gros poupons", ont plus de trente ans et vivent toujours chez leurs parents. Vous en déduisez alors immédiatement que les "bamboccioni" sont très certainement des "mammoni ", alors que l'inverse n'est pas forcément vrai. Vos progrès culturels et linguistiques étant fulgurants, vous proposez de traduire plus élégamment "bamboccioni" par "Tanguy" en référence au film réalisé par Etienne Chatiliez en 2001 dans lequel André Dussollier et Sabine Azéma cherchent désespérément à chasser du nid leur fils Tanguy, surdiplômé de 28 ans.

Polémique : faut-il légiférer contre les "Tanguy" ?
Le terme très contesté de "bamboccioni" a été utilisé en 2007 par Tommaso Padoa-Schioppa alors ministre de l'Economie du gouvernement Prodi. A l'époque, il souhaitait "jeter les gros poupons dehors" avec un système de déductions fiscales sur les loyers à condition que les jeunes n'habitent plus chez leurs parents.
La polémique a récemment rebondi lorsque Renato Brunetta, ministre de l'Administration publique et de l'Innovation, a évoqué "la nécessité d'une loi qui obligerait les enfants à quitter le toit familial à 18 ans". Ces déclarations, non soutenues par le gouvernement, ont été faites à l'occasion du commentaire d'une décision de justice rendue contre un artisan par le Tribunal de Bergame en janvier 2010. Le père a en effet été condamné en première instance pour avoir cessé de subvenir aux besoins de sa fille de 32 ans toujours étudiante en philosophie.

Sept Italiens sur dix restent chez leurs parents jusqu'à 40 ans
Selon deux sondages réalisés par l'Istat (l'Insee italien) en 2003 et 2007, 72,8% des Italiens vivent chez leurs parents jusqu'à 40 ans. Les hommes du Sud sont les plus touchés par ce phénomène. Si le mariage reste la première cause de départ, il est difficile d'évaluer les facteurs qui retardent le "grand saut". Bien que certains trouvent confortable de se laisser materner, les difficultés d'accès au logement et à un emploi stable sont réelles et aggravées par la crise économique.

La "réponse du berger à la bergère"
Les "mammoni" français ne sont cependant pas en reste. Un sondage Ipsos réalisé en décembre 2009 pour la Fondation Wyeth a interrogé les adolescents sur la question des "différences". A cette occasion, 36% des jeunes ont  cité leur mère comme symbole de la femme actuelle ; "Come mamma, nessuna mai" titre alors le quotidien La Stampa...
Delphine Bourland (www.lepetitjournal.com ? Turin) mercredi 17 février 2010

Pour en savoir plus
Articles de la Stampa :  Fuori di casa a 18 anni per legge et Come mamma nessuna mai 
Articles du Corriere della Sera 
: Sette figli su 10 restano a casa anche fino a quarant' anni et  : Mandiamo i bamboccioni fuori di casa
Etude Ipsos pour la fondation Wyeth
Article du Monde : Les adolescents aspirent à "rentrer dans le moule"

Publié le 16 février 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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