

S'adapter à un monde où les lettres s'échangent de moins en moins, réduire le nombre de bureaux de poste, assurer une connexion Wi-Fi gratuite, offrir de nouveaux services en ligne : avec le plan stratégique de développement 2015-2020, le groupe Poste Italiane s'engage résolument dans l'ère du numérique. Une petite révolution dans un univers qui, malgré les progrès des nombreuses années, présente encore trop de dysfonctionnements
Dans un document récent présenté au Sénat, l'administrateur délégué du groupe Poste Italiane Francesco Caio est revenu sur les grandes lignes du plan stratégique 2015-2020 présenté à la fin de l'année dernière. Ce plan repose sur une constatation simple : étant donné la diminution drastique du volume de lettres échangées, si le groupe ne procédait à aucun changement radical au cours des prochaines années, il serait fortement déficitaire. Développement des télécommunications oblige, le temps de l'attente fébrile du passage du facteur est bien révolu et les exigences des clients ne sont d'ailleurs plus les mêmes. Dans une interview accordée il y a peu au quotidien La Stampa, Francesco Caio a souligné le décalage entre les attentes des clients et une structure qui reste archaïque et qui a du mal à s'adapter aux temps nouveaux : "La demande de certains services traditionnels est en baisse, tandis que le système des coûts et des procédures, lié à des services universels ancrés dans des besoins qui n'existent plus aujourd'hui, reste rigide." Le temps du grand changement est donc venu.

Ce changement passe par la fermeture de 455 bureaux de poste répartis sur l'ensemble du territoire italien. Dans d'autres cas, c'est une réduction des horaires qui est prévue. Il n'en fallait pas moins pour soulever la colère de certaines collectivités territoriales, en particulier dans le Piémont, région pilote pour la mise en place en 2015 du nouveau dispositif, qui craignent la disparition d'un service de proximité dans les centres les plus isolés. Sans oublier l'inquiétude de tous les retraités habitués à payer leurs factures ou à retirer leur retraite en liquide, au prix de queues interminables à la fin du mois ou à la date des échéances de paiement? Une délégation de maires piémontais a ainsi rencontré hier à Turin un représentant de la Région pour trouver une solution aux fermetures annoncées par Poste Italiane. De son côté, le groupe répond que ces fermetures ne devraient pas affecter la qualité du service grâce à un maillage très serré du territoire où plus de 13.000 bureaux de poste resteront ouverts au public.
Vers la disparition des facteurs ?
Logistique et services postaux (en particulier le port très rémunérateur des paquets) paiements et transactions par le biais du développement de la plate-forme des paiements en ligne, épargne et assurance, tels sont les trois axes sur lesquels mise le groupe Poste Italiane. Pour mettre en place les services postaux du XXIe s., le groupe a annoncé qu'il recruterait 8.000 personnes, en privilégiant les jeunes. Par ailleurs, le Wi-Fi gratuit fera son apparition dans 900 bureaux de poste d'ici la fin de l'année 2015 (là encore, le Piémont est chef de file du projet), pour s'étendre progressivement à toute la Péninsule à la fin de l'année 2017. Côté courrier, les prix devraient augmenter considérablement (ils devraient passer de 60 centimes à 3 ? pour l'envoi d'une simple lettre) et la distribution ne sera plus quotidienne : le facteur passera un jour sur deux.
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) vendredi 13 mars 2013
Photos Poste Italiane






