Édition internationale

FOOTBALL – Derby : Forza Toro ? Forza Juve ?

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 mars 2009

Samedi 7 mars, lors de la 27e journée du championnat national de football, les deux équipes de Turin s'affronteront au stade Olympique lors du match Torino ? Juventus. Pour les supporters des deux équipes, le derby sait toujours déclencher les passions?

(photo Lpj)

Les rivalités entre quartiers à l'intérieur d'un même centre urbain sont chose connue en Italie : qu'il s'agisse du palio de Sienne ou de celui d'Asti, du Gioco del Ponte à Pise, mais aussi des origines du carnaval d'Ivrea, nul n'ignore ce trait caractéristique qui reflète les tensions urbaines nées pendant le Moyen Age. Aujourd'hui, ces antiques rivalités se jouent de manière plus moderne à travers un phénomène propre au monde du football : le derby, c'est-à-dire l'affrontement entre deux équipes d'une même ville.

Le phénomène était courant au temps du football des origines, car il n'était pas rare que plusieurs sociétés y coexistent. Avec l'avènement du fascisme, on assiste à une simplification selon la devise "une ville, une société sportive". Les seules exceptions furent Gênes, Milan et Turin, car les équipes et leurs supporters y étaient déjà fortement ancrés, et la ville de Rome, pour des raisons de prestige. A l'heure actuelle, les derbys citadins sont les suivants : Inter-Milan (derby della Madonnina, du nom de la statue de la Vierge située en haut du Duomo de Milan), Lazio-Roma (derby capitolino : le Capitole est le nom d'une des sept collines de Rome;c'est aussi l'Hôtel de Ville de la capitale) et Genoa-Sampdoria (derby della lanterna, nom du phare médiéval du port de Gênes). Samedi 7 mars, c'est le tour du derby della Mole (la Mole Antonelliana est la construction symbole de Turin qui abrite aujourd'hui le musée du Cinéma) : Torino-Juventus.

Derrière les enjeux sportifs

(photo Lpj)

A priori, d'un point de vue purement sportif, les forces en présence sont inégales. Sur les 20 équipes qui jouent en première division, la Juve est en deuxième position alors que le Toro est à la quinzième place. Mais ne nous y trompons pas : dans cet affrontement entre les deux équipes, les enjeux vont bien au-delà du sport. De tout temps en effet, le derby a été pour le Torino, société qui a toujours eu moins de moyens que la Juventus, une occasion pour affronter (et parfois battre) l'adversaire de toujours. Une analyse "sociologique"permet également de tracer une frontière bien nette entre les deux équipes : en raison de son appartenance depuis les années 1920 à la famille Agnelli, la Juventus (également surnommée la Vecchia Signora) a été vue pendant longtemps comme "l'équipe de la bourgeoisie", à laquelle se sont ralliés les innombrables ouvriers Fiat originaires du sud de l'Italie. Face à elle, le Torino revendique avec fierté un esprit populaire turinois et piémontais "pure souche". La Juventus est un géant : elle a toujours joué en 1ère division, sauf en 2006-2007 quand elle a été déclassée pour des motifs disciplinaires liés au scandale de Calciopoli. C'est le seul club au monde à avoir gagné au moins une fois toutes les compétitions existant au niveau mondial. C'est également l'équipe préférée des Italiens, devant l'Inter et le Milan FC. Mais le derby turinois, ce David contre Goliath, a souvent réservé des surprises : car si les caractéristiques dont se vante le Torino sont la passion, l'esprit de sacrifice et une volonté tenace, le fameux orgueil granata (nom de la couleur de l'équipe) pourrait réserver des surprises, comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises dans le passé : en 1983 par exemple quand le Torino, mené 2 à 0, marque 3 buts en moins de 4 minutes?
Christine CORREALE (www.lepetitjournal.com) vendredi 6 mars 2009.

Publié le 6 mars 2009, mis à jour le 9 mars 2009
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