Édition internationale

FIAT-OPEL – Marchionne accélère la cadence

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 juin 2009
Quelques jours seulement après avoir reçu le feu vert pour Chrysler, Sergio Marchionne a ouvert un nouveau front de négociations : sur le tapis, cette fois-ci, le dossier Fiat-Opel. Dans un contexte économique difficile, cette stratégie d'attaque représente un véritable défi pour l'Europe et pourrait également avoir des répercussions importantes sur les équilibres du capitalisme italien

Les organisations syndicales italiennes ont décidé d'appeler à une manifestation nationale samedi 16 mai (Photo Fiom)

(Turin) - En marge d'une manifestation officielle à Turin, Sergio Marchionne a tenu ce week-end à souligner la dimension européenne du dossier Opel : ''Si nous parvenons à conclure un accord avec les partenaires sociaux, ce sera une très grande victoire pour l'Europe'', a-t-il précisé. A l'heure actuelle, c'est bien l'emploi qui est au c?ur du problème : cette question épineuse pourrait même déterminer les grands axes de la réorganisation du secteur automobile en Europe. Depuis quelques jours, la presse allemande laisse filtrer rumeurs et indiscrétions selon lesquelles Fiat pourrait fermer un certain nombre d'usines, en Allemagne comme en Italie. Indiscrétions immédiatement démenties par le Lingotto, bien que Sergio Marchionne n'ait jamais caché la nécessité de réduire les effectifs. Les syndicats italiens, dont les inquiétudes se focalisent surtout sur Pomigliano et Termini Imerese, dans le sud du pays, se disent prêts à livrer bataille, et tous les sites européens d'Opel sont en état d'alerte.

Des synergies entre Fiat et Opel sont déjà en place aussi bien dans les motorisations diesel que dans l'utilisation de la même plateforme pour la Grande Punto et la Corsa (photo Grande Punto)

Fiat-Opel : accord impossible ou ''mariage au paradis'' ?
En Allemagne, le débat sur le dossier Fiat-Opel s'inscrit dans un cadre plus vaste et complexe : en pleine campagne électorale, d'autres enjeux sont à prendre en compte. A cela s'ajoutent l'image peu flatteuse dont souffre le constructeur italien ?malgré les excellents résultats qu'il vient d'obtenir sur le marché allemand-, et les mauvais souvenirs d'une collaboration passée (2000-2005)? Sergio Marchionne, de son côté, fait pression pour dissiper les doutes et vaincre les résistances avant le 31 mai : comme dans le cas de Chrysler, cette course contre la montre lui permettrait de conclure l'accord avant la date butoir fixée par le gouvernement américain pour General Motors (GM Europe est propriétaire d'Opel mais aussi des constructeurs Saab et Vauxhall, sur lesquels Sergio Marchionne a également jeté son dévolu). Cette opération hautement stratégique, que le manager italo-canadien n'a pas hésité à qualifier de ''mariage orchestré au paradis'', offre d'importants atouts : réaliser des économies à large échelle à travers des synergies communes, et arriver à mieux compléter le segment de marché des voitures de grosse taille dans un plus bref délai qu'avec Chrysler.

Couverture du magazine Panorama où l'acronyme Fiat (transformé pour l'occasion en Fabbrica Italiana Americana Tedesca*) trône sur une assiette de spaghetti (photo Lpj)


De nouveaux équilibres en Europe et en Italie
Dans un contexte socio-économique particulièrement tendu, la naissance d'un nouveau groupe destiné à devenir un des tout premiers constructeurs mondiaux n'est pas seulement un banc d'essai pour l'Europe, actuellement déchirée entre protectionnisme et libéralisme. Si le projet de Sergio Marchionne devait se concrétiser, les équilibres du capitalisme turinois et italien en seraient modifiés. Les héritiers du fondateur de Fiat ont ainsi envisagé la possibilité de renoncer à leur position majoritaire au sein du groupe en ce qui concerne le secteur automobile : ''Nous sommes prêts à devenir des associés plus petits dans une dimension plus importante'' a déclaré John Elkann, petit-fils de l'Avvocato et actuellement vice-président du groupe, en qualité de porte-parole de la famille. Pour Turin aussi, il s'agit d'un changement de perspective important. Il ne faut pas oublier que le nom de Fiat est un acronyme : ''Fabbrica Italiana Automobili Torino**''. Confrontée à tous ces bouleversements, la ville de Turin ?le T de la dernière lettre- observe et s'interroge sur son avenir?
Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com - Turin) mardi 12 mai 2009

* Usine italienne américaine allemande
** Usine italienne automobiles Turin



Publié le 12 mai 2009, mis à jour le 21 juin 2009
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