Édition internationale

EURO REGIONS – Un moteur pour l’Europe ?

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Alors que la construction européenne affronte une crise profonde et que le débat sur son avenir fait rage, les euro régions ont-elles encore un rôle à jouer au sein de l'Union ? Rencontre avec Matteo Arrotta, fondateur du site Med-Alp entièrement consacré à l'information concernant le territoire de l'euro-région Alpes-Méditerranée

PLEINS FEUX SUR LES EURO REGIONS

Quelques liens utiles :

Le site officiel de l'euro région Alpes Méditerranée : pour connaître ses objectifs et son fonctionnement, ainsi que les cinq thématiques de ses groupes de travail.

MedAlp : le portail web entièrement consacré à l'Euro région Alpes-Méditerranée. Med-Alp est également une association dont les membres résident dans les cinq régions de l'euro région.

Le P.R.E.S. Euro-Méditerranéen : 6 universités, membres fondateurs du PRES euro-méditerranéen (Université Nice Sophia-Antipolis, Université Pierre et Marie Curie -Paris 6, Université du Sud - Toulon Var, Université de Corse, Université de Turin, Université de Gênes), pour un total de 180000 étudiants et 12500 chercheurs et enseignants chercheurs.

Espaces transfrontaliers : un site sur la coopération transfrontalière animé par la Mission Opérationnelle Transfrontalière (MOT).


Le GECT : rendez-vous sur le site Europa, qui présente une synthèse de la législation de l'UE pour connaître les règlements du Parlement européen et du Conseil relatifs à un groupement européen de coopération territoriale.

Lepetitjournal.com - L'Union européenne traverse actuellement une crise financière sans précédent qui pourrait compromettre définitivement son avenir. Dans ce contexte, est-il encore possible de promouvoir le modèle de coopération transfrontalière des euro régions ?
Matteo Arrotta -
A l'origine des difficultés de l'Union européenne il y a son incapacité à réaliser une vraie intégration entre les Etats membres. Ce n'est pas un problème lié uniquement à l'économie ou à la fiscalité, ni à une discussion sur les directives concernant le chocolat ou la taille des courgettes. Il s'agit aussi et surtout d'une question d'identité, puisque l'identité commune est une étape incontournable de tout processus d'unification. Les euro régions ont le mérite de construire l'intégration en partant du bas, à travers des actions de coopération concrètes entre associations ou organismes transfrontaliers. De cette façon, les habitants des territoires se sentent directement concernés, les synergies entre différents Etats membres de l'Union se créent au niveau local ou régional.

La diffusion du sentiment anti-européen ainsi que les réticences à abandonner partiellement la souveraineté d'un Etat au profit de l'Europe montrent à quel point cette identité commune est loin d'exister. C'est la fin du "rêve européen" ?
Les temps de l'Europe sont longs, on a perdu beaucoup de temps, cela ne fait aucun doute. Toutefois, même les plus pessimistes n'imaginaient pas une telle accélération, nous sommes aujourd'hui au bord du gouffre. Mais, malgré tout, peut-on vraiment vouloir revenir en arrière et envisager la fin de l'Union européenne en sachant que ce seront comme toujours les pays les plus faibles et les couches les plus défavorisées de la société qui paieront ? Je propose plutôt de changer de perspective : contre toute attente, cette crise nous incite à travailler tous ensemble pour trouver des réponses concrètes. Les euro régions ne sont peut-être pas LA solution, mais l'idée qui les soutient peut devenir le moteur de l'Europe : il faut collaborer au niveau des fondements du château, pour éviter qu'il ne s'écroule.

Pouvez-vous nous donner des exemples ?
L'Europe n'est pas seulement une vision idéaliste, elle représente aussi une grande opportunité sur le plan économique. Et dans ce sens, les euro régions peuvent jouer un rôle très important. Je pense notamment à la possibilité de constituer un GECT, un "Groupement européen de coopération territoriale". Nés pour promouvoir la coopération transfrontalière puisque ses membres doivent être situés sur le territoire d'au moins deux Etats de l'Union, non seulement les GECTs confèrent à l'euro région une existence juridique, mais ils sont aussi un moyen pour accéder à des fonds de cofinancement spécifiques. Ceci est particulièrement important pour des régions comme le Piémont qui, suite à l'élargissement de l'Union européenne, ne bénéficient pas des fonds pour le développement destinés principalement aux territoires les plus défavorisés.

Vous suivez de près l'action de l'euro région Alpes Méditerranée. Le projet avance ? Un GECT a déjà été constitué ?
Pas encore, malheureusement. Une forte impulsion a été donnée au moment de la constitution de l'Euro région qui, rappelons-le, regroupe cinq régions transfrontalières (Piémont, Vallée d'Aoste et Ligurie côté italien, PACA et Rhône-Alpes côté français) et qui a même décidé d'installer des bureaux communs à Bruxelles. Mais, malgré cela, aujourd'hui le projet stagne. C'est un problème de ressources humaines et financières, mais aussi de volonté politique. Aujourd'hui, ce sont les Chambres de Commerce, très actives dans ce domaine, qui se chargent de soutenir les initiatives transfrontalières ; et six universités françaises et italiennes ont créé un  P.R.E.S. euro-méditerranéen (Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur). Pourtant, les actions de coopération au niveau de l'euro région pourraient être plus incisives. Pourquoi ne pas présenter la liaison ferroviaire Lyon-Turin comme une belle opportunité pour permettre aux idées, à la culture et à l'innovation de circuler dans l'euro région ? Et pourquoi ne pas envisager l'avenir de Turin comme celui d'une ville projetée au-delà des Alpes, au c?ur de l'Europe ? Sur les choix qui sont faits aujourd'hui repose le développement futur de toute la région.

Luisa Gerini (www.lepetitjournal.com/Turin) lundi 5 décembre 2011

Publié le 5 décembre 2011, mis à jour le 5 janvier 2018
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