

Le groupe Pininfarina vient de signer avec les banques un accord qui garantit sa survie malgré son lourd endettement : la voie est donc ouverte à une nouvelle stratégie industrielle visant au développement des voitures électriques en partenariat avec Bolloré
Les difficultés que traverse le groupe Pininfarina depuis quelques années tiennent certainement en haleine les amateurs de belles voitures, qui s'interrogent sur le destin réservé au célèbre carrossier; au niveau local, toutefois, parmi tous les acteurs d'un secteur considéré vital pour l'économie de la région et menacé à l'heure actuelle par la récession annoncée, l'inquiétude est bien plus évidente. C'est donc avec un grand soulagement que le 31 décembre dernier ?juste à temps pour éviter la faillite- a été accueillie la nouvelle de l'accord signé entre Pininfarina et les banques créancières, qui permettra d'éponger une partie de la dette du groupe (évaluée à 600 millions d'euros) tout en la re-échelonnant. Il faut dire que ce remède ne sera pas indolore pour la famille Pininfarina, qui a indéniablement fait preuve de courage et de pragmatisme lors de ses efforts pour sauver le groupe : Pincar, la holding détenue par la famille du fondateur, devra céder 50,6% de sa participation avant le mois de mars 2009 (jusqu'à cette date, la composition du C.A. présidé par Paolo Pininfarina devrait rester inchangée).
Pininfarina a contribué à écrire les plus belles pages de l'histoire automobile, notamment en dessinant des Ferrari inoubliables comme la Testarossa (photo P.F.)
Une citadine écolo en partenariat avec Bolloré
En raison de la réduction progressive des commandes des constructeurs automobiles, qui passent de moins en moins de contrats pour la fabrication de leurs véhicules à l'extérieur, il est évident que l'avenir du groupe doit reposer sur une stratégie industrielle différente. Au-delà des productions en cours pour Alfa Romeo (Brera et Spider) et Ford (Focus Coupé Cabriolet), c'est sur la citadine à moteur électrique B0 (B zéro) développée en partenariat avec le groupe de l'industriel breton Vincent Bolloré que se jouera son avenir. Il s'agit d'un monospace (quatre places) dont le moteur est alimenté par une batterie LMP (Lithium Métal Polymère) mise au point par la recherche Bolloré, couplée avec un dispositif appelé SUPERCAP permettant de récupérer et de stocker l'énergie pendant la phase de freinage. Des cellules photovoltaïques sur le toit et l'utilisation de matériaux recyclables ou 
Le projet de la B0 est dédié à la mémoire d'Andrea Pininfarina, qui a suivi avec passion et compétence toutes les phases de sa conception avant de perdre la vie lors d'un accident de la route le 7 août dernier (photo Pininfarina)
Luisa GERINI. (www.lepetitjournal.com - Turin) vendredi 9 janvier 2009
La B0 en chiffres :
250 km ? son autonomie : la batterie LMP permet de stocker cinq fois plus d'énergie qu'une batterie traditionnelle à poids équivalent;
130 km/h ? sa vitesse de pointe limitée électroniquement;
6"3 ? son accélération de 0 à 60 km/h
200.000 km ? la durée de vie d'une batterie LMP
Pour en savoir plus :
B0 : www.pininfarina.com et www.bollore.com
Les termes de l'accord entre le groupe et les banques : avec notre partenaire lesechos.fr http://www.lesechos.fr/info/auto/300320053-auto---pininfarina-evite-la-faillite--la-famille-reste-aux-commandes.htm






