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SACRA SAN MICHELE – Saint Michel, le Piémont et l'Europe

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 30 janvier 2014

Dominant la vallée de Suse, la Sacra San Michele ? Saint-Michel-de-la-Cluse ? est un haut lieu du tourisme piémontais. Sa verticalité abrupte surprend les visiteurs et lui confère aujourd'hui encore un aspect mystique qui fascine et attire. A l'occasion d'une conférence centrée sur l'archange Michel et son importance dans la construction d'un réseau de communication au Moyen Age, retour sur un lieu hautement symbolique.

Saint-Michel-de-la-Cluse (photo Wikimedia)

L'archange Michel semble aujourd'hui bien éloigné des préoccupations de l'homme moderne. Généralement représenté comme un combattant qui terrasse un dragon, symbole du diable et du mal, brandissant son épée, ce n'est pas un hasard si le culte de ce chevalier ailé invoqué comme le protecteur de l'Eglise a rencontré un immense succès au cours du Moyen Age. Ses qualités guerrières lui ont assuré le succès auprès des peuples barbares fraîchement convertis au christianisme, comme les Lombards qui se sont installés en Italie : des églises, comme celle de Saint-Michel à Lucques (Toscane) mais surtout le sanctuaire de l'archange dans les Pouilles, à Monte Sant'Angelo, sont liés à la mémoire de ce peuple qui a régné sur une grande partie de la Péninsule de 568 à 774.

 

 

Sanctuaire de Saint-Michel du Mont Gargano (photo Wikimedia)

Du mont Gargano à la Normandie, une géographie sacrée de l'Europe
En suivant la dévotion rendue à l'un des saints les plus vénérés du Moyen Age, une sorte de géographie sacrée de l'Europe se dessine. Au sud, dans les Pouilles, le sanctuaire de Saint-Michel du Mont Gargano est le plus ancien d'Europe : sa blanche façade cache une descente impressionnante dans les entrailles de la terre, vers un lieu souterrain marqué depuis toujours par l'empreinte du sacré (il semble que le sanctuaire ait été construit sur une grotte dans laquelle les Romains vénéraient déjà le dieu Mithra) ; au nord, l'îlot rocheux sur lequel s'élève le célèbre mont Saint-Michel, fondé au VIIIe siècle par des moines de retour d'un pèlerinage au sanctuaire des Pouilles. Au milieu, la Sacra San Michele (l'abbaye de Saint-Michel-de-la-Cluse), construite aux alentours de l'an Mil, perchée à environ 1.000 m d'altitude sur le mont Pirchiriano qu'elle domine de toute sa hauteur. De la Normandie au fin fond de l'Italie, les sanctuaires dédiés au prince des anges sont en effet caractérisés par leur verticalité.

Sur les routes de l'Europe : le "réseau" de l'archange Michel
Mardi 4 février à 21h00, dans le salon Faà di Bruno situé au sein de l'établissement du même nom (via Le Chiuse 40), une conférence sera consacrée au rôle de la dévotion à l'archange Michel dans la création d'un réseau culturel européen à l'époque médiévale. Saint Michel représentant celui qui repousse le mal par excellence, de nombreux ermitages, abbayes, couvents et monastères ont été construits à des endroits stratégiques subissant l'attaque de peuples barbares que l'on entendait repousser. Puis des pèlerins provenant de tous les horizons se sont mis en marche pour se rendre dans ces lieux sacrés, qui se transforment ainsi en de véritables carrefours culturels et linguistiques, tissant les liens de l'Europe le long d'itinéraires sacrés dont le Piémont garde encore aujourd'hui de splendides traces, à l'image de celle qui domine la vallée de Suse du haut de ses mille ans d'histoire.
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) jeudi 30 janvier 2014

Publié le 29 janvier 2014, mis à jour le 30 janvier 2014
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