

FLIC, quel drôle de nom? rien à voir avec une manière bien française et légèrement populaire de désigner les représentants de la maréchaussée, à Turin ce mot désigne une école de cirque fondée il y a tout juste dix ans dans les locaux de la Reale Società Ginnastica et qui s'apprête à célébrer cet anniversaire de manière particulièrement festive pendant trois jours.
Assister à un spectacle organisé par les élèves de l'école de cirque Flic, c'est un rare moment de bonheur offert par de véritables athlètes possédant une âme d'artiste. Car au fond tout est là. Maîtrise parfaite des corps, grande sensibilité artistique : au fond, est-il vraiment nécessaire de réfléchir à ce qui rend ces spectacles si particuliers ? Est-il utile d'expliquer et de décomposer ce qui fait le charme de ces instants magiques ? Ne vaut-il mieux pas se contenter de rêver et de vivre ces instants au royaume de l'éphémère et de la fragilité ? Rester au premier degré, c'est en quelque sorte retrouver des yeux d'enfant...
Le cirque est le vocabulaire de la fragilité (Raymond Peyramaure) - Photo Scuola di circo FLIC
L'école FLIC et la France
Pourtant la réflexion n'est jamais vaine : la rencontre proposée le 24 février dernier par l'Alliance française de Turin dans le cadre de l'année "Torino incontra la Francia" a permis de faire le point sur l'influence du nouveau cirque français à l'école de cirque de Turin et de cueillir l'essence même de ce nouveau cirque et ce qui le différencie profondément du cirque traditionnel. Une réflexion que l'on peut parfaitement résumer par cette phrase de Raymond Peyramaure : "le nouveau cirque a permis à chaque créateur de trouver une manière de s'exprimer. Avant le cirque jouait sur la notion de risque ; aujourd'hui, il utilise le vocabulaire de la fragilité." Au cours de cette table ronde (qui s'est tenue, sans table, dans le gymnase principal de la Reale Società Ginnastica, sous un pupitre suspendu préparé pour le spectacle du soir) Roberto Magro, Directeur de l'école de cirque FLIC, Gérard Fasoli, Directeur du Centre National des Arts du Cirque de Chalons en Champagne, Pascal Angelier, professeur à l'école de cirque Le Lido de Toulouse et Raymond Peyramaure, ancien directeur de l'école de cirque de Turin, ont raconté leurs expériences respectives, du temps où de nouvelles idées bouillonnaient en France et où l'Italie connaissait un véritable vide au niveau de la formation. FLIC n'existait pas encore, évidemment?
Hommage à FLIC
Quelles sont les spécificités de l'école FLIC ? Roberto Magro y voit un formidable creuset pour tous les jeunes artistes du monde entier (les élèves viennent effectivement de tous les horizons géographiques, on se croirait dans une véritable tour de Babel). Pour Pascal Angelier, "c'est une école au service de l'élève où un travail énorme est effectué afin qu'ils se sentent bien dans leur tête et bien dans leur corps. Les fondamentaux y sont bien posés, sans doute parce que l'on se trouve dans une école de gymnastique." Pour Richard Peyramaure enfin, c'est une école où le formateur est véritablement "pillé, dévalisé de son savoir, dépouillé. Ce n'est plus du travail, c'est de l'amusement. En plus, ici, on peut vraiment faire ce que l'on veut. C'est une école d'art, où l'on apprend certes la maîtrise mais surtout ce que l'on veut transmettre avec cette maîtrise." Ce week-end FLIC est à l'honneur, profitez-en !
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) vendredi 15 mars 2013
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