Édition internationale

EXPO ENFANTS - Dinosaures dans la brume

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 29 octobre 2013

L'aventure peut se trouver au coin de la rue et c'est en famille qu'elle peut se tenter au Parco Michelotti jusqu'au 10 novembre. Sur les traces de notre passé réel face à des reproductions grandeur nature et en dehors de la fantasy envahissante de l'univers virtuel de nos bambins, voilà une  exposition qui a de quoi réveiller notre fibre de paléontologue endormi 

Si vous vous promenez sur les rives du Pô, à hauteur du parco Michelotti, vous risquez d'être surpris par des cris caverneux quelque peu inhabituels, ceux d'un autre temps ignorés aussi par la mémoire de nos plus lointains ancêtres.

En effet, derrière les enceintes du parc, ancien Zoo de la ville, les enclos accueillent depuis août dernier de nouvelles créatures. Dès le seuil de l'entrée, l'?il est immanquablement attiré par les ?uvres éclectiques qui ornent les murs de l'endroit avant d'être happé par le long  mouvement d'une silhouette géante. C'est le brachiosaure qui se fait le premier hôte pour accueillir le visiteur projeté d'emblée 70 millions d'années en arrière. 

Si cela suffit pour effrayer les plus petits quelques instants bien que certains, pour se donner du courage, se répètent "il ne va pas me manger", cela suffira aussi pour faire croire aux ados qu'ils sont capables de braver tous les dangers et pour intriguer les adultes, curieux de découvrir les mécanismes d'une machinerie aussi soucieuse de réalisme.

Le regard perçant et les dents acérées associés à un mouvement de respiration régulier peuvent en effet laisser l'imagination au pouvoir pour redonner vie à ces géants disparus. Des mastodontes terrestres aux créatures volantes, dotés de becs crochus ou de mâchoires redoutables, d'ergots, de cornes, de collerettes ou de queues en forme de massue, la famille des dinosaures décline ici un large échantillonnage d'attributs dissuasifs. 

Quelques effets de surprise ménagés tout au long du parcours suffisent à laisser aussi le promeneur sur ses gardes. Si au détour d'une allée, l'éclosion d'un ?uf de petit dinosaure attendrit surtout les plus jeunes, la remontée à travers le temps sur les pas du t-rex, tricératops et autres spinosaurus jusqu'à leur disparition vient-elle mettre en perspective l'apparition du genre humain dans l'histoire de l'univers (comme le souligne le schéma relatif à la spirale du temps). Finalement, la puissance et la démesure de ces premiers habitants semblent hanter encore une forme d'imaginaire collectif renvoyant les héros virtuels de notre époque à de pâles succédanés. 

(photos S.J. lepetitjournal Turin)

Si le spectacle des dinosaures manquait de convaincre totalement, celui dessiné sur les murs de ce lieu iconoclaste et celui offert par la nature sous le règne de l'automne devraient remporter l'adhésion finale du flâneur.

Les couleurs comme affiliées au pointillisme réveillent ici le décor de la ville endormie sous sa couverture de brume dans le lit du Pô, tantôt avec de subtiles nuances tantôt avec d'éclatants contrastes. Du rouge vigne à celui de l'érable, du jaune gingko à celui du tilleul jusqu'aux couleurs mélangées du platane, elles se déclinent en une palette chatoyante sous les fines gouttelettes de ces journées automnales indimenticabili. La nature, avec ou sans vestiges, sait encore garder bien des mystères dont celui de la beauté.

Sophie Julliot (www.lepetitjournal.com/Turin) mardi 29 octobre 2013

 

Publié le 28 octobre 2013, mis à jour le 29 octobre 2013
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