

Candidat droite-centre droit aux législatives pour la 11ème circonscription, Francis Nizet répond aux questions du Petitjournal.com Tokyo et nous présente son parcours, sa vision du rôle des futurs députés des Français de l'étranger, et les thématiques qu'il souhaite défendre s'il est élu
Pouvez-vous nous présenter votre parcours?
J'ai 50 ans, papa d'un enfant et je suis né à la campagne, dans une petite ville de la Meuse où j'y ai vécu une grande partie de ma jeunesse. Ce point me semble très important, il a forgé mon caractère : je suis pragmatique, simple dans mes goûts et la campagne française que je retrouve quand je rentre en France, est ma source d'équilibre, de recentrage et d'inspiration. Je suis issu d'un milieu modeste. J'ai suivi des études d'ingénieur en électronique à Toulouse après deux années de classes préparatoires et j'ai commencé à travailler dans l'industrie chez Thomson. Quelques-uns de mes collègues, un peu plus âgés, me racontaient au bureau leurs années en poste en Afrique en me faisant rêver : ils m'ont donné l'envie de sauter le pas et de partir à l'étranger où je réside depuis maintenant 26 ans. La Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Cambodge, j'y ai occupé des postes d'assistants techniques à former des ingénieurs francophones dans ces pays et à établir des relations de coopération scientifique entre Etats. J'ai eu à fonder, avec un ami français, une société de services informatiques à Phnom Penh. Agrégé de l'Université en physique, j'ai rejoint ce pays passionnant qu'est la Chine pour y enseigner à Pékin, où je réside, cette matière ainsi que la chimie.
Je me suis toujours engagé au cours de toutes ces années dans la vie associative et militante, je suis un gaulliste, mais j'ai sauté le pas vers l'action publique en me faisant élire Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger depuis 2006 et je représente depuis 6 ans les 40 000 Français qui résident, vivent et travaillent en Chine, au Japon, à Hong Kong, en Corée, à Taiwan, à Macao et en Mongolie. J'essaie de défendre avec toutes mes forces, et avec l'aide de nombre d'amis et de relais, les intérêts et les droits de nos compatriotes. Travail de terrain quand je sillonne l'Asie du Nord à la rencontre de mes concitoyens au cours de permanence, de visites d'établissements scolaires ou de rencontres plus informelles. Cette mission est passionnante. J'informe et j'écoute beaucoup. Je vis avec mes compatriotes, je partage leur vie, je suis élu pour les épauler et les servir. J'aime être avec les autres et, en toute modestie, je suis très informé car on se confie facilement à moi. L'information est la clé de l'action publique. Comme je suis un têtu et un tenace, je ne lâche prise que quand l'objectif que je poursuivais a été atteint.
Pourquoi être candidat aux élections législatives? Selon vous, quel rôle pourra avoir l'élu?
J'ai décidé de présenter ma candidature à ces élections législatives, qui sont les premières du genre à l'étranger, car elles sont dans la continuité de mon cheminement dans l'action publique et la vie politique, au sens noble du terme, c'est-à-dire étymologiquement dans l'implication dans la vie de la "cité". Je suis Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger depuis six années. Je représente les quelque quarante mille Français d'Asie du Nord donc également les Français du Japon. J'ai acquis, je crois, une bonne connaissance de terrain de la vie et des attentes de mes compatriotes. Dans mon mandat, je participe aux commissions des bourses dans les consulats, aux conseils d'établissement dans les écoles françaises aux réunions de travail avec les ambassadeurs et les consuls. Mais également quatre fois par an je rentre à Paris pour rejoindre en assemblée mes cent cinquante-quatre collègues élus comme moi de par le monde et les douze sénateurs qui représentent les Français établis hors de France au Sénat pour travailler intensivement sur les dossiers touchant aux Français de l'étranger : la fiscalité, l'éducation évidemment, la protection sociale, les services consulaires, la sécurité, l'aide au retour, etc.: rien qui concerne leur quotidien n'est oublié. Nous auditionnons les administrations, les ministres et nous pouvons en commission les interpeller sur tous les aspects qui concernent de près ou de loin la vie des Français. Par le jeu des questions écrites et orales, dont j'use beaucoup, nous pouvons interpeller les pouvoirs publics sur de nombreux points pour faire avancer les dossiers. Le futur député des Français d'Asie-Océanie aura un immense territoire à couvrir, mais il aura aussi, par son statut et les moyens mis à sa disposition, comme trois assistants parlementaires, une capacité d'action et une force de proposition plus importante. En outre, il participera au vote du budget de l'Etat, le nerf de la guerre, et à ce titre il peut avoir meilleure prise sur les grandes orientations de notre pays en faveur de l'expatriation de nos concitoyens. En somme, j'aimerais, en étant élu député, pouvoir amplifier mon action entamée comme élu à l'AFE.
La question de l'exercice de ce mandat est difficile à résoudre car le député doit être sur le terrain avec ses électeurs et à Paris pour participer au débat national. Ce mandat comprend en effet deux volets : celui d'élu local, de terrain, et celui d'élu de la Nation car vous le savez, certainement, un député n'a pas de mandat impératif. Il représente dans l'hémicycle la Nation française. Quelle tache passionnante, mais fort prenante ! Etre à la fois à l'écoute et au service de la centaine de milliers de compatriotes qui résident dans cette immense zone en se rendant dans chacun de ces pays et en suivant l'ensemble des dossiers individuels ou collectifs qui les concernent, mais aussi participer aux grands débats de la Nation dans l'Hémicycle ! Il est bien évident que le député s'appuiera dans chaque pays sur des relais que sont les élus à l'Assemblée des Français de l'Etranger et tous ceux qui voudront participer à son action. En outre, la suppléante jouera le rôle de pivot central de l'action en circonscription en devenant, si elle le veut, une attachée parlementaire.
Quelles thématiques et dossiers voulez-vous défendre si vous êtes élu?
Les dossiers à améliorer sont identifiés et nos Sénateurs et nos élus à l'AFE travaillent intensivement dessus depuis cinquante ans, relayés maintenant par un Secrétaire d'Etat aux Français de l'Etranger. Les sujets sont traités en commissions spécialisées. La fiscalité, le support aux entreprises, en particulier les petites et les moyennes, l'enseignement évidemment, etc, les nouveaux députés travailleront avec les sénateurs et les élus à l'AFE puisqu'ils seront membres de droit de cette assemblée. Je crois qu'il faut que l'information soit plus facilement disponible. Je suis souvent étonné de constater que des dispositifs aussi importants que les programmes FLAM qui donnent la possibilité d'un enseignement extra-scolaire en français soient si mal connus. Il faut aussi faciliter l'accès des Français aux services consulaires en développant encore davantage les solutions d'e-administration sans pour autant supprimer des postes d'agents, mais ceux-ci auront ainsi plus de temps pour se consacrer à des tâches d'accueil et de suivi des dossiers. Il faut favoriser l'accompagnement à l'installation à l'étranger, mais aussi et surtout le retour en France pour que celui-ci soit le plus facile possible en termes de réadaptation administrative et scolaire.
Quel message souhaitez-vous faire passer aux Français du Japon ?
Je veux dire à mes compatriotes du Japon que j'essaie au mieux, depuis six ans, de les servir en tant qu'élu à l'AFE et que je pourrai les servir bien davantage encore si je deviens leur député. Ils peuvent compter sur ma disponibilité, ma fidélité, ma ténacité pour les défendre. Je les associerai quotidiennement à mon mandat en les informant et en les écoutant. Etudiants, parents d'élèves, retraités, entrepreneurs, binationaux, je travaillerai sur tous les fronts pour défendre leurs intérêts. Les élèves du lycée français sont est en train progressivement d'emménager dans leur nouvel établissement, il faudra accompagner ce nouveau lycée en faisant en sorte que l'Etat continue à le soutenir tel que cela a été fait jusque maintenant. Les familles franco-japonaises méritent toute l'attention qui leur est due et le dossier des parents privés de leurs enfants suite à un conflit familial est en partie résolu, mais l'application dans la pratique n'est pas tout à fait satisfaisante lorsqu'on écoute les parents concernés. J'apporterai tout mon soutien aussi au développement de l'Ecole Française du Kansai. La communauté française a connu la grave crise de Fukushima, elle a su rester digne et solidaire à cette occasion. Lors du retour de nombre de compatriotes en France, il est apparu encore plus évident qu'il fallait vraiment améliorer les dispositifs d'accueil au retour des Français de l'étranger qui se sont retrouvés seuls à se battre pour leur couverture sociale ou l'inscription de leurs enfants dans des lycées français. En Asie, le Japon est notre deuxième partenaire commercial et la première destination de nos investissements. L'Archipel est quant à lui le premier investisseur asiatique dans notre pays, il est nécessaire d'appuyer le projet d'accord de partenariat économique entre l'Union Européenne et le Japon, comme celui qui a été signé entre la Corée et l'UE et qui va dynamiser très sensiblement les échanges. Je saurai faire entendre la voix de la communauté française au Japon. Elle peut aussi compter sur ma reconnaissance pour la représenter dans l'hémicycle avec probité, rigueur morale et dignité. Je crois au pacte républicain. Je défendrai l'égalité des chances à l'école, une meilleure justice et une meilleure sécurité, première des libertés. Je m'opposerai au renoncement et au communautarisme. Les enjeux qui se jouent dans cette partie du monde sont cruciaux pour l'avenir, notre présence ici est essentielle, le Député qui sera élu aura la mission de favoriser par son support et ses actions l'accroissement inéluctable de la présence française au Japon. La mission est immense, mais je suis prêt à relever le défi, je suis prêt à les représenter à l'Assemblée Nationale s'ils me donnent leur confiance.
Propos recueillis par Quentin Weinsanto (http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html) mardi 15 mai 2012
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