Édition internationale

HASHIMOTO - Les femmes de réconfort, une "nécessité" selon le maire d’Osaka

Écrit par Lepetitjournal Tokyo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 mai 2013

 

Le controversé mais néanmoins populaire maire d'Osaka, Toru Hashimoto, a déclaré lundi que les "femmes de réconfort" enrôlées de force dans les bordels de l'armée nippone durant la Seconde Guerre mondiale étaient une "nécessité" au bien-être des soldats

Interrogé sur ce sujet lors d'une conférence de presse, le maire d'Osaka et codirigeant du Parti de la Restauration du Japon, Toru Hashimoto, a affirmé que les "femmes de réconfort" fournissaient du "repos et de la relaxation aux braves soldats sur les lignes de front". Il a également soutenu que ce système était important pour maintenir la discipline au sein de l'armée et que d'autres pays ont utilisé des méthodes similaires en temps de guerre. "Quand les soldats risquent leur vie sous la mitraille et que vous voulez leur procurer du repos quelque part, c'est clair que vous avez besoin d'un système de femmes de réconfort", a-t-il ajouté. Adepte de la provocation et du franc-parler, Toru Hashimoto ne s'est pas arrêté là. Le maire d'Osaka a poursuivi son dérapage en déclarant mardi que les soldats américains en poste à Okinawa devraient utiliser plus de prostituées pour "libérer leur énergie sexuelle". La réaction Washington ne s'est pas fait attendre. Mardi, le Pentagone a qualifié de "stupide" les remarques d'Hashimoto. Le gouvernement japonais a préféré prendre ses distances et n'a pas voulu commenter les paroles du maire d'Osaka, rappelant toutefois que ces déclarations sont celles d'un politicien de l'opposition. Du côté de la Corée du sud, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères a expliqué être "profondément déçue qu'une personnalité officielle défende de tels crimes inhumains". "Choqués et furieux" a quant à elle réagi la Chine via la voix de la porte-parole de chancellerie, Hong Lei. "De la façon dont il abordera son passé dépendra l'avenir pour le Japon", a-t-elle ajouté.

Les femmes de réconfort
Suite au massacre de Nankin en 1937 et du tollé international qui s'ensuivit, le quartier-général impérial entreprit de mettre en ?uvre une façon de limiter les tensions causées par les viols commis par les militaires de l'armée impériale dans les territoires conquis. Ils ont donc installé des camps dans lesquels environ 200.000 femmes, principalement d'origine coréenne, chinoise et philippine, auraient été enrôlées de force. En 1993, le secrétaire général du cabinet de l'époque, Yohei Kono, reconnaît dans une déclaration devenue célèbre l'implication du gouvernement dans le scandale des "femmes de réconfort" et dans la mise en place d' "installations de réconfort" pendant les guerres impériales du Japon dans la première moitié du XXe siècle. Suite aux propos de Toru Hashimoto le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, a simplement rappelé la position officielle selon laquelle le Japon reconnaît les souffrances infligées aux peuples de la région durant la Seconde Guerre mondiale.  Malgré les 70 années qui séparent le Japon d'aujourd'hui de celui des années 1930 et 1940, cette question reste une source récurrente de tensions entre l'archipel et ses voisins coréens et chinois.
Damien Corneloup (http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html) mercredi 15 mai 2013

Toru Hashimoto, populaire dérapeur
A seulement 43 ans, Toru Hashimoto semble déjà avoir vécu plusieurs vies. D'abord avocat, puis vedette de la télévision, gouverneur de la préfecture d'Osaka et enfin maire de la ville éponyme, le jeune politicien jouit d'une certaine popularité au Japon. Fondateur et codirigeant du Parti de la Restauration du Japon, Toru Hashimoto est devenu une figure à la fois populaire et controversée sur l'archipel, en particulier du fait de son franc-parler et de ses positions nettes sur des sujets tabous pour beaucoup. Il est, par exemple, l'un des rares hommes politiques à affirmer haut et fort que le Japon devrait se doter de l'arme nucléaire. Fervent partisan de la décentralisation du pays, il espère que son parti deviendra la troisième force politique du pays. Novateur, Hashimoto est le politicien nippon le plus présent sur les réseaux sociaux et a même ouvert sa propre école de politique pour former ses futurs candidats, à Osaka. Celui qui apparaît comme un jeune prodige n'échappe néanmoins pas aux scandales à répétition. Des fonctionnaires avaient porté plainte après avoir été obligés de répondre à un questionnaire sur leurs opinions politiques privées. Aussi, lorsque l?Asahi Shimbun a révélé que le père de Toru Hashimoto aurait été un yakuza, celui-ci s'est empressé d'attaquer le journal en justice. La figure controversée qu'est devenue Toru Hashimoto attire des critiques et des comparaisons parfois violentes. Ainsi, l'ex-leader du Parti Libéral-Démocrate (PLD), Sadakazu Tanigaki, avait déclaré en mars 2012 : « Dire, comme Hashimoto le fait, que les partis politiques sont inutiles est ce qui a conduit le Japon au militarisme dans les années 1930. Hitler et Mussolini sont aussi apparus dans ce genre d'atmosphère. » Suite aux déclarations de Toru Hashimoto sur l'utilité des élections pour faible table rase en politique, le magnat de la presse Tsuneo Watanabe avait également comparé le jeune politicien à Adolf Hitler.
(http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html) mercredi 15 mai 2013
logofbtokyo
Publié le 14 mai 2013, mis à jour le 15 mai 2013
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