

L'association Amnesty International s'est montrée très critique envers le Japon à l'occasion du lancement de son bilan annuel de la situation des droits de l'homme dans le monde
"Le Japon a continué de s'écarter des normes internationales relatives aux droits humains", constate, lapidaire, le rapport d'Amnesty International. Ce dernier critique notamment le système du "Daiyo Kangoku", qui permet à la police de garder en détention des suspects 23 jours d'affilés, favorisant l'utilisation de la torture et le recours à d'autres mauvais traitements pour "extorquer" des aveux lors d'interrogatoires. "Aucune mesure n'ont été prises pour abolir ou réformer le système et le rendre conforme aux normes internationales", déplore Amnesty International.
Justice, discriminations et peine de mort
Concernant la peine de mort, le Japon a également fait l'objet de critiques, les exécutions ayant continué. La libération de Iwao Hakamada, 78 ans, fait toutefois partie des "cinq histoires de réussites" retenues par Amnesty International en 2014. Ce dernier avait été reconnu coupable de meurtre en 1968 sur la base de faux témoignages, et était devenu le détenu ayant passé le plus de temps dans le couloir de la mort dans le monde. Après avoir remis en question plusieurs éléments de preuve, un tribunal a annulé en mars sa condamnation et ordonné un nouveau procès. Du côté des discriminations à l'encontre des étrangers, l'association de défense des droits de l'homme regrette également le manque d'actions du Japon. "Le gouvernement n'a pas pris les mesures suffisantes pour résoudre le problème de la discrimination contre les étrangers et les enfants d'étrangers vivant au Japon, comme les personnes d'origine coréenne". En décembre, la Cour suprême a néanmoins interdit à l'organisation nationaliste japonaise Zaitokukai de tenir des discours racistes à l'encontre des Coréens. Amnesty International regrette par ailleurs que le gouvernement nippon n'ait "rien fait pour mettre un terme aux manoeuvres visant à nier le système d'esclavage sexuel entretenu par l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, ou même pour s'en démarquer". Séoul et d'autres pays asiatiques, dont notamment la Chine, accusent le Japon, qui a occupé la péninsule coréenne de 1910 à 1945, de ne pas s'être suffisamment repenti sur les "femmes de réconfort", le nom donné par Tokyo à ces esclaves sexuelles. D'après la plupart des historiens, jusqu'à 200.000 femmes ont servi dans les bordels de l'armée impériale à l'époque, notamment des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes, des Philippines et des Taïwanaises.
(http://www.lepetitjournal.com/tokyo) jeudi 26 février 2015











