Édition internationale

ENERGIE – Le Japon contraint de chercher du pétrole ailleurs qu’en Iran

Écrit par Lepetitjournal Tokyo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Le Japon va devoir chercher de nouvelles sources d'approvisionnement en pétrole, l'Union européenne et les Etats-Unis ayant récemment décidé d'accroitre la pression sur l'Iran. Très consommateur en énergie, l'archipel nippon va devoir compenser par des importations dans d'autres pays du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Ouest

Alors que les centrales thermiques tournent à plein régime, le Japon va devoir se rabattre sur d'autres pays du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Ouest pour répondre à ses besoins en pétrole (photo DR)

Les sanctions internationales visant les exportations de pétrole d'Iran vont pousser le Japon à rechercher de nouvelles sources d'approvisionnement pour assouvir ses énormes besoins en énergie, estiment les experts. Quasiment dépourvu de combustibles fossiles, le Japon dépend du pétrole du Moyen-Orient, et notamment de l'Iran qui lui a procuré près de 9% de sa consommation au cours des onze premiers mois de 2011.

Des relations actives entre Tokyo et Téhéran
Contrairement à ses alliés, Tokyo a conservé des relations de travail avec Téhéran, mais l'Union européenne et les Etats-Unis ont décidé récemment d'accroître la pression sur l'Iran pour contraindre le pays à renoncer à ce qu'ils soupçonnent être un programme d'armes nucléaires sous le couvert d'un projet civil. Le Japon doit en conséquence chercher ailleurs pour s'approvisionner, comme en Arabie Saoudite, qui est déjà son plus gros fournisseur.
Un responsable de JX Nippon Oil & Energy, la plus grande entreprise de raffinage du Japon, a déclaré qu'il faudra compenser "par des importations d'autres pays du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Ouest" une éventuelle interdiction des achats de brut iranien. "Nous discutons de diverses options avec l'Arabie Saoudite et d'autres producteurs en cas de problème avec les livraisons d'Iran", a indiqué ce responsable. Le ministre japonais de l'Industrie, Yukio Edano, a déclaré pour sa part que la troisième puissance économique du monde était prête à "faire des efforts pour minimiser l'impact (d'un tel embargo) sur le pays et sur l'économie mondiale". Son collègue des Affaires étrangères, Koichiro Gemba, est parti jeudi pour une tournée de huit jours en Turquie, en Arabie Saoudite, au Qatar et dans les Emirats Arabes Unis, où il aura des entretiens sur la question iranienne.

Des centrales thermiques à plein régime
La pression de Washington et de l'UE pour imposer un boycott du pétrole d'Iran survient au moment où le Japon doit faire marcher à plein régime ses centrales thermiques pour compenser l'arrêt de la quasi totalité de ses 54 réacteurs nucléaires en raison des suites de la catastrophe de Fukushima en mars. Le président américain Barack Obama a promulgué une loi qui renforce les sanctions contre le secteur financier de l'Iran, afin de l'inciter à abandonner son programme nucléaire controversé. Les nouvelles mesures prévoient d'autoriser M. Obama à geler les avoirs de toute institution financière étrangère qui commercerait avec la Banque centrale iranienne dans le secteur du pétrole.
Selon l'agence de presse Kyodo, la Banque centrale iranienne a des comptes dans de grandes banques nippones pour les règlements des achats de pétrole. Le Japon est le troisième plus grand acheteur de brut iranien après la Chine et l'Inde. Si des sanctions américaines sont appliquées, le gouvernement japonais devrait être forcé de geler ces comptes, ce qui signifie que les importations de brut d'Iran "seront complètement stoppées", a souligné Kyodo, citant un responsable du ministère des Finances.

Renforcer les importations depuis l'Arabie Saoudite
L'Arabie Saoudite, qui fournit 30,8% des importations de pétrole du Japon, est considérée comme le seul pays producteur à pouvoir compenser un arrêt des livraisons de brut iranien. Le PDG de JX Nippon Oil & Energy, Yasushi Kimura, estime que l'Arabie Saoudite peut effectivement produire plus, mais "si le temps presse, nous pourrions discuter du recours aux réserves de l'Etat", a-t-il précisé dans un récent entretien accordé au SankeiBiz. Le chef de la diplomatie japonaise, Koichiro Gemba, a par ailleurs rencontré dimanche des responsables saoudiens dans le cadre d'une tournée dans la région visant à tenter de diversifier les sources d'approvisionnement en pétrole de son pays, selon des sources officielles. Le Japon a des réserves de 50,2 millions de tonnes de brut et de produits pétroliers, suffisantes pour approvisionner le pays pendant 116 jours.
(http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html avec AFP) lundi 9 janvier 2012

logofbtokyo
Publié le 8 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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