

L'association de conservation de la faune et de la flore marines Sea Shepherd a annoncé hier avoir rattrapé l'un des harponneurs japonais, dans sa campagne de harcèlement contre la flotte chargée de chasser les baleines dans l'Antarctique. Une petite victoire alors que son principal navire d'interception, le Brigitte Bardot, a vu sa coque fracturée la semaine dernière
Le Bob Barker a rattrapé hier un harponneur japonais qui n'a pas encore attrapé de baleine, une "victoire" pour Sea Shepherd qui a dû se séparer de son navire d'interception après un accident (Photo Carolina A. Castro / Sea Shepherd)
Les écologistes de l'association américaine Sea Shepherd, qui pourchassent les baleiniers japonais, ont annoncé avoir remporté une petite victoire hier dans l'Antarctique, avec la découverte d'un des bateaux harpons partis à la chasse de ces mammifères géants.
Forcer la flotte à rester en mouvement
La Sea Shepherd Conservation Society a déclaré que son navire Bob Barker avait ratrappé le harponneur Yushin Maru 3 environ 200 miles nautiques au nord de la base Dumont d'Urville, située sur l'île des Pétrels. "Le Bob Barker est en mer depuis quatre semaines et c'est le premier baleinier que nous rencontrons", a déclaré le Capitaine en second, Vincent Burke. Ce dernier a précisé que son bateau était à la recherche du Nisshin Maru, seul navire-usine au monde de traitement de baleine, lorsqu'il a rencontré le harponneur. Selon Burke, le navire japonais avait encore son harpon couvert. Il n'a donc pas dû encore tuer l'un des mammifères, et devait être proche du reste de la flotte. "C'est une sorte de victoire car nous savons que nous sommes au bon endroit", a-t-il déclaré, en ajoutant que les autres baleiniers avaient probablement été forcés à rester en mouvement, les empêchant par la même occasion de chasser. Le Nisshin Maru, constitue "la pièce maîtresse de la flotte de pêche japonaise sur place (qui) comporte en outre trois bateaux harpons, un bateau spotter qui repère les baleines, un navire de ravitaillement en carburant, avec en plus un bâtiment garde-côte et un navire militaire", avait expliqué la semaine dernière la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali.
Un navire forcé de rentrer au port
La mission que s'est donnée Sea Shepherd avait bien démarré cette année, avec l'utilisation pour la première fois de drones de détection offerts par une entreprise de sécurité, qui lui avaient permis de dénicher la flotte japonaise dès le 25 décembre. Toutefois, un coup dur a été porté à leurs opérations de harcèlement jeudi dernier lorsque la coque du navire d'interception rapide Brigitte Bardot s'est fracturée après avoir été heurtée par "une vague inhabituelle" de six mètres, en poursuivant le Nisshin Maru, à quelque 2.400 km au sud-ouest de l'Australie. Le Steve Irwin, navire amiral de l'association, s'était alors dérouté pour lui porter secours, et devrait arriver aujourd'hui avec le trimaran portant le nom de la militante française au port australien de Fremantle, pour réparation.
Le Japon organise chaque année des campagnes de chasse à la baleine au nom de la "recherche scientifique" sur les cétacés, exploitant une tolérance de la Commission baleinière internationale (CBI) pour ce type de pêche. Les pays protecteurs des baleines et les défenseurs de l'environnement dénoncent cette pratique comme une chasse commerciale déguisée. Depuis quelques années, les baleiniers japonais qui pêchent dans les eaux glacées de l'Antarctique ont notamment été perturbés par des commandos de Sea Shepherd.
(http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html avec AFP) jeudi 5 janvier 2012











